« Dans son enfance, le héros ne sait rien de sa véritable origine. Il se croit comme tout le monde, tout en se sentant différent et en ayant l’impression d’être promis à un destin particulier. L’un des thèmes principaux de la quête du héros est la découverte de sa véritable origine, à la fois mortelle et immortelle. Il émane de cette image mythique de naissance hybride un profond sentiment de dualité et la conviction que nous ne sommes pas sur terre simplement pour manger, nous reproduire et mourir. Chacun d’entre nous a un destin différent, chacun est un être exceptionnel, unique, qui doit apporter sa contribution personnelle au monde. La Lune correspond à notre corps, engendré par de simples mortels et programmé par notre héritage génétique. Mais le Soleil en nous sait qu’il doit entreprendre une quête le conduisant vers un avenir inconnu et vers le profond mystère qui réside au cœur de nous-mêmes.
Beaucoup d’enfants s’imaginent avoir été adoptés. Il leur semble impossible que ces deux créatures quelconques qui vivent à la maison soient leurs véritables parents. Ils ont certainement été engendrés par quelqu’un d’exceptionnel et de merveilleux, peut-être un prince ou une princesse, ou bien un chef d’Etat, mais leur naissance a été gardée secrète. Ce fantasme est si courant parmi les enfants que nous pouvons le tenir pour archétypique. Il est l’un des passages par lequel le mythe trouve son chemin dans notre vie, avant que la « réalité » ne piétine avec ses gros sabots le monde imaginal de l’enfance. Le même thème revient régulièrement dans les contes de fées : une belle-mère ou un beau-père a pris la place d’un parent manquant qui, s’il n’est pas forcément divin, reste toujours très mystérieux. Le beau-père ou la belle-mère est généralement odieux, et l’enfant a une destinée particulière qui lui demande de fuir cet environnement étouffant pour découvrir sa véritable origine.
Notre conscience solaire peut donc commencer à s’exprimer par ce tout premier fantasme d’un mystérieux parent inconnu, ou d’une « haute » destinée à laquelle nous serions promis. Cette partie solaire en nous ne se sent pas soumise aux mêmes cycles lunaires et mois du destin auxquels sont assujettis nos émotions et notre corps. Elle refuse obstinément une destinée banale. Nombre de gens la découvrent vers la quarantaine et ils déclarent alors : « J’ai le sentiment que ma vie doit avoir une autre finalité. Tout ce qui me motivait, l’argent, la sécurité affective et la réussite matérielle, ne me satisfait plus. » Ce réveil du principe solaire peut coïncider avec le début d’une période d’exploration intérieure, souvent précipitée par une crise générant dépression et insatisfaction. Combien d’entre vous ont expérimenté ce sentiment? Vous savez donc de quoi je parle. »
Extrait du livre Astrologie : les luminaires, de Liz Greene et Howard Sasportas
