
La relation est au cœur de mon existence et jusqu’à présent je pensais que ce n’était pas le cas de tout le monde, mais que tout dépendait des expériences que la personne était amenée à vivre dans cette vie. Puis je suis tombée sur la vidéo d’une femme sur Youtube qui m’a fait prendre conscience de quelque chose de très important (j’aurais bien mis le lien, mais la vidéo n’est pas en français). En réalité, je n’en ai pas immédiatement pris conscience, comme cela arrive très souvent. Dans un premier temps, j’ai juste pris connaissance de l’info qui m’a faite réfléchir. Quelle était donc cette information?
la relation comme un miroir

La personne disait dans sa vidéo que le but de toute relation interpersonnelle était de révéler à chacun des partenaires ce qu’il aurait besoin d’apprendre sur lui-même pour être davantage celui qu’il est vraiment.
Tout le reste n’est que secondaire et ne fait que servir ce but. Le but d’une relation n’est donc ni de se marier, ni d’avoir des enfants, ni de « vivre ensemble jusqu’à la mort nous sépare », ni même d’accomplir de grandes choses ensemble. Si cela arrive, c’est tant mieux, mais aucune de ces choses n’est une fin en soi et n’est surtout pas le véritable but d’une relation.
Dans ce sens, la relation (surtout amoureuse et de couple) s’avère indispensable à notre évolution en tant qu’être humain, et c’est même le meilleur moyen de nous connaître et de découvrir qui nous sommes en réalité, le meilleur moyen d’identifier et d’éliminer tout ce qui ne nous appartient pas (y compris nos fausses croyances, nos blessures et toutes les « casseroles » que l’on traîne depuis trop longtemps), pour à la fin (re)devenir véritablement nous-même, dans notre meilleure version.
En effet, si l’on met tellement l’accent sur les relations affectives et la relation de couple, c’est précisément parce que nous y évoluons à la vitesse « grand V ». Aucun autre domaine n’est aussi riche en termes d’expérience de soi, de connaissance de soi et de transformation de soi. Aucun.
Ce sont les relations les plus porteuses d’évolution car c’est précisément dans ce type de relations que nous nous « reflétons » le plus – nous confrontons des aspects de nous-même qui sont révélés grâce à l’autre, dans la dynamique de la relation. C’est aussi la raison pour laquelle nous rencontrons en général des tas de difficultés quand nous essayons de vivre et de construire une telle relation, du fait des enjeux importants qui y sont associés.
nous ne pouvons être que ce que nous sommes

J’ai donc trouvé ça très intéressant et en même temps cela m’a paru parfaitement logique en y réfléchissant. C’était presque un soulagement d’en conclure que sous cette perspective, il n’y a pas de relation ratée car au final, nous évoluons dans chacune de nos relations, que ce soit dans la joie ou dans la douleur. Nous ne pouvons rater aucune « marche » et ce que nous ne parvenons pas à apprendre dans cette relation, nous l’apprendrons dans la suivante. Tant que la leçon n’est pas intégrée, elle nous sera resservie « au prochain épisode », qu’on le veuille ou non.
Quelques jours plus tard, je suis tombée sur un petit livre de Neale Donald Walsch dont la dernière partie concernait les relations. C’était la partie qui m’intéressait le plus, j’ai donc commencé par la lire en premier. Et tout ce qu’il disait dans ce chapitre faisait un parfait écho à ce que j’avais entendu de la part de la dame sur YouTube. C’était une synchronicité intéressante qui n’a fait que confirmer que l’information arrivait à moi au bon moment.
Cela a aidé la formidable et définitive prise de conscience qu’en réalité dans nos relations on ne peut pas être autre chose que nous-mêmes. Rien d’autre ne fonctionne. Pourtant, nous passons une grande partie de notre vie à essayer d’être autre chose que ce que nous sommes. Au mieux, nous nous réduisons à des bouts de nous-mêmes, gardant certaines facettes bien verrouillées et bien à l’écart, pour nous faire aimer et accepter, pour faire du « troc » aussi avec les personnes avec qui nous sommes. Nous leur demandons de ne pas être entièrement elles-mêmes et nous acceptons en échange de ne pas être pleinement nous-mêmes. Et quand elles nous montrent trop de facettes qui ne nous plaisent pas, nous leur posons des ultimatums pour qu’elles changent ou nous les quittons.
comprendre ce qui se joue au sein de nos relations

La plupart du temps, nous ne cherchons même pas à comprendre ce qui se joue pour nous quand la personne avec qui nous sommes est simplement qui elle est. Passé la « lune de miel », nous commençons à mieux voir avec qui nous sommes en relation et … nous avons du mal à l’accepter dans son entièreté. Les défauts de l’autre ne nous semblent plus aussi « mignons », nous constatons qu’ils sont bien réels et cela nous heurte. Mais au lieu de saisir l’opportunité de mieux nous connaître en essayant de comprendre pourquoi cela nous heurte à ce point et ce que nous pouvons en faire, nous commençons à combattre ces cotés insupportables, et plus nous les combattons, plus ils semblent grandir sous nos yeux. Au point où nous ne voyons plus que les défauts de notre partenaire. Et bien sûr, nous pensons que « la panne est dans son poste de télévision ». Nous sommes déçus.
Comme si l’autre était obligé de satisfaire nos critères, nos goûts, nos désirs, comme s’il ne devait jamais nous heurter, jamais nous contrarier, jamais nous laisser insatisfaits. Il avait l’obligation de correspondre à l’image que nous nous faisions de lui, à nos projections, à nos rêves et à nos illusions. Peut-être avons-nous cru cela au début, naïvement, comme des enfants: « L’autre est parfait et magnifique, c’est tout ce dont j’avais rêvé, ce que je cherchais depuis si longtemps. » Mais alors, que s’est-il passé? Ah, oui, l’autre n’était pas Dieu, il s’est avéré être un simple humain, comme nous. « Zut! Je lui en veux quand même d’avoir brisé mes illusions irréalistes, je ne sais pas si je pourrais le lui pardonner un jour. D’ailleurs, quelque chose en moi s’est cassé, mon cœur s’est fermé, je sens que la fin de cette histoire est proche. »
C’est un peu caricatural, mais beaucoup de personnes raisonnent (consciemment ou inconsciemment) de la sorte car elles ont d’emblée des attentes énormes envers leur partenaire et ce, dès le début de la relation. Et donc, elles sont inévitablement déçues quand la réalité les rattrape. Mais, comme le dit si bien Scott Peck dans Le chemin le moins fréquenté, c’est quand les deux partenaires se voient enfin tels qu’ils sont, soit des individus séparés, avec chacun ses désirs, ses goûts, son vécu propre et différent de l’autre, qu’ils vont « soit dissoudre les liens qui les unissaient, soit commencer le travail du véritable amour ».
Etre déçu par son partenaire peut être une formidable opportunité d’apprendre à l’aimer vraiment et, par la même occasion, d’apprendre à mieux se connaître.
Et nous avons probablement besoin d’être heurtés, insatisfaits, déçus… pour apprendre un peu plus sur nous et découvrir qui nous sommes en réalité, pour faire la paix avec nous-même et avec le monde qui nous entoure.
Le bouddhisme nous dit que le monde extérieur est « vide » par définition et qu’il ne fait que refléter ce qui existe à l’intérieur de nous, sous une forme ou une autre. Il est cependant effrayant pour bon nombre d’entre nous d’aller voir de trop près ce qu’il y a dans les tréfonds de notre âme. Tous les manques, toutes les blessures, toutes les imperfections (réelles ou imaginées). Cela peut être douloureux, cela peut menacer de nous submerger comme un tsunami et nous avons peur de ne pas pouvoir gérer tout ce qui émerge.
Alors, nous projetons (souvent inconsciemment) sur l’autre ce qui ne fonctionne pas en nous-même et nous finissons par « jeter le bébé avec l’eau du bain » quand l’autre nous paraît trop « mauvais » ou menaçant, sans qu’il nous vienne à l’esprit que c’est peut-être notre propre ombre que nous voyons en face. Elle nous fait si peur que nous essayons de la combattre en combattant l’autre avant de finir par le chasser de notre vie ou par le fuir. Une fois l’autre éjecté de notre champ de vision, nous pensons que le problème est réglé, nous retrouvons notre tranquillité d’esprit car les démons sont restés bien au chaud à l’intérieur de nous et ils se rendorment. Comme aurait dit Staline à une époque: « Pas de relation, pas de problème. »
Sauf que nous n’en restons pas moins des êtres sociaux, qui ont besoin d’appartenance, de créer des liens profonds avec leurs semblables, de communiquer et de communier, de donner et de recevoir de l’amour. Et la communion à laquelle nous aspirons tant ne peut pas se faire sans authenticité, sans véritable ouverture et acceptation – de nous-même d’abord et ensuite de l’autre.
est-ce aimer vraiment que de ne vouloir que les « bons côtes » de l’autre?

Quand on parle d’accepter l’autre entièrement, cela ne veut pas forcément dire que les défauts de l’autre doivent nous plaire (quoique). Nous pouvons être heurtés mais continuer à l’aimer même avec tout ce que chez lui n’est pas OK pour nous et éviter de nous « noyer » dans son ombre. L’autre n’est pas réduit à une seule facette de lui-même, c’est un être complexe, nous ne pouvons pas trier ses caractéristiques et l’aimer « à la carte ».
Et plus nous aurons intégré nos projections et pacifié nos conflits internes, plus nous aurons évolué vers la maturité nécessaire au véritable amour. Nous serons beaucoup moins exigeants envers l’autre et serons capables de le choisir et de l’aimer pour ce qu’il est.
Véronique Kohn, une psy et conférencière que j’apprécie beaucoup, disait dans une de ses conférences qu’il y a en réalité une grande violence dans le fait de ne vouloir relationner qu’avec les bons côtés de l’autre, de ne vouloir être avec l’autre que pour les bons moments. D’après elle, lorsqu’on veut être en relation mature et véritable, on doit être capable d’accepter l’ambivalence et de dire à l’autre: « Je t’aime, quelle que soit la forme que tu prends. »
Je t’aime même quand tu me déçois, même quand tu es en colère, même quand tu n’es pas sous ton meilleur jour. Car c’est toi que j’aime, un être imparfait (comme moi) qui est en train de se dépouiller de ce qui l’empêche d’être la meilleure version de lui-même. Sur ce chemin, chacun avance à son propre rythme et souvent c’est l’amour que nous portons à l’autre qui sert de catalyseur des transformations bénéfiques chez lui. Parce qu’il se sent aimé et accepté, il peut évoluer vers cette meilleure version de lui-même. Alors que, s’il se sent constamment menacé d’être abandonné au moindre faux pas, il ne pourra pas se détendre en notre présence et ne pourra jamais être pleinement lui-même. Il sera malheureux s’il décide de rester à nos côtés coûte que coûte, ou bien il se « réveillera » un beau jour et il finira par partir pour être libre d’être aimé pour ce qu’il est.
Le véritable amour ne demande pas à l’autre de se rétrécir, d’être « commode » et « confortable » pour satisfaire nos désirs et besoins, encore moins de disparaître quand il ne nous convient plus. Il ne demande pas que l’un des deux efface ses besoins, ses rêves et sa personnalité au profit des besoins, des rêves et de la personnalité de l’autre. (C’est pourtant ce qui arrive souvent dans les couples de longue durée qui se prétendent « harmonieux ».)
Quand nous aimons vraiment, nous encourageons l’expansion et l’évolution de notre partenaire (de notre enfant, de notre ami) sous toutes ses formes – de la plus agréable à la plus difficile. Nous voulons le bonheur de l’autre autant que le nôtre, nous voulons que l’autre existe pleinement en tant que lui-même et c’est précisément pour cela que nous l’aimons – du moins, lorsqu’il s’agit d’amour réel et véritable et non d’une projection de nos fantasmes. Nous aimons le fait qu’il existe – lui et pas quelqu’un d’autre – et non le fait qu’il n’est pas entier et pas pleinement vivant ni authentique à nos côtés. Sinon, ce n’est pas un être humain et vivant que nous aimons mais un robot, un toutou ou un objet, qui répond à l’utilité que nous lui attribuons dans notre vie et qui n’a pas son existence propre car sa fonction première est de servir nos demandes et besoins du moment et de préserver la fragilité de notre ego.
l’ego lunaire et l’ego solaire

Il est intéressant de noter que dans le Tarot l’ego est symbolisé par l’arcane de la Lune, et en effet, c’est à cet endroit que se cristallisent nos principales problématiques relationnelles. En astrologie la Lune gère le rapport à la mère et le vécu de la petite enfance. Notre tout premier lien intime a été créé avec notre mère, et toutes nos relations proches à l’âge adulte porteront cette empreinte, pour le meilleur ou pour le pire. La Lune nous relie au passé et à notre enfant intérieur blessé. Si nous voulons aimer d’un amour adulte, nous devons guérir l’enfant en nous. L’enfant lunaire fera ainsi place à l’enfant solaire, libre et joyeux, capable de donner et de recevoir du véritable amour.
Le véritable amour non seulement autorise l’autre à être pleinement lui-même – à cheminer vers l’expression de son enfant solaire -, mais encourage cette entièreté et cette expression de soi, même lorsque c’est inconfortable pour le partenaire. Nous ne pouvons cependant autoriser l’autre à être lui-même que si nous nous autorisons d’abord à être nous-même avec l’autre en toutes circonstances. Pour cela, il est nécessaire de rester fidèle à soi-même et de ne pas se trahir, et cela veut dire de toujours faire en sorte de se choisir, au risque de ne pas être choisi par l’autre, d’être traité d’égoïste, de ne plus être aimé et même d’être quitté. Et c’est tout un apprentissage qui demande du travail en présence de l’autre.
La relation est un formidable terrain d’apprentissage car elle nous apprend, de un, à mieux prendre conscience de qui nous sommes: si je n’ai pas de miroir, je ne me vois pas; de deux, à vivre au plus près de ce que nous sommes, en défendant notre individualité: il est facile de « défendre » ce que je suis quand je suis seul – je n’ai rien à défendre, donc je n’apprends rien; et de trois, à trouver cet équilibre subtil entre moi et l’autre, pour vivre nos partenariats en harmonie où les besoins de chacun sont satisfaits et où chacun est libre d’être lui-même tout en restant en lien avec l’autre.
Aucun humain n’est « programmé » pour vivre sur une île déserte, même si parfois on veut se persuader du contraire car on pense que de cette façon on va éviter de souffrir. En réalité, on souffre beaucoup plus de notre incapacité à se lier aux autres que de notre véritable lien aux autres – même quand ce dernier est imparfait (et il est toujours imparfait car sinon nous n’aurions pas besoin d’évolution).
le courage de se choisir

Pour revenir à Neale Donald Walsch et à son livre, il est venu à moi au bon moment et m’a amené le déclic dont j’avais besoin pour enfin intégrer la leçon que je peinais à apprendre. Cela m’a concilié avec la souffrance que j’éprouvais devant le choix qui s’imposait à moi, entre qui j’étais et la personne que j’aimais. Cela m’a donné le courage de prendre le risque de perdre définitivement cette personne car elle ne pouvait pas m’accepter dans mon entièreté et il était vital pour moi de vivre en fonction de ce que j’étais réellement et non en fonction de ce qu’elle voulait que je sois. Son amour étant devenu trop conditionnel, je m’étais rétrécie au maximum pour ne pas la perdre, car l’idée de la perdre m’était insupportable.
Jusqu’au jour où j’ai compris que me perdre en essayant de coller à ce qu’elle voulait de moi était beaucoup plus grave et que quelque chose « ne tournait pas rond dans cette histoire ». Elle disait m’aimer, mais ne cessait de poser des conditions et des ultimatums, et elle était prête à laisser tomber ou à s’éloigner dès que je manifestais un comportement qui lui déplaisait. Je ramais ainsi à contre-courant, en essayant sans cesse de la comprendre et de m’en rapprocher alors qu’elle ne faisait que trouver toujours plus de raisons pour mettre de la distance, du silence et du froid entre nous. Elle avait certainement ses (bonnes) raisons de se comporter ainsi mais cela lui appartenait. Parce que, en ce qui me concernait, j’avais constamment l’impression de devoir me nier pour garder le lien fragile que nous avions, d’être la seule pour qui cette relation était importante. J’étais en train de me perdre et cela me faisait souffrir car je n’étais ni heureuse ni épanouie là-dedans.
Mes limites étaient donc bien « extensibles » mais elles existaient malgré tout, et le jour est venu où je me suis dit: « Stop! J’existe et j’ai envie de libérer ces bouts de moi restés trop longtemps emprisonnés dans cette cage. J’ai envie de vivre et de m’épanouir dans toutes mes facettes et de donner tout mon amour à une personne qui ne m’obligera pas à le distiller de la sorte et qui n’aura pas non plus envie de distiller l’amour qu’elle me porte. »
Evidemment, j’aurais préféré le donner à cette fameuse personne qui me fuyait et que j’aimais profondément (que j’aime toujours) – si seulement elle avait le courage d’arrêter de me fuir et d’arrêter de se fuir, par la même occasion. J’aurais aimé qu’elle voie enfin tout ce qu’il y avait de bon en elle pour pouvoir voir tout ce qu’il y avait de bon en moi, faire la paix avec son ombre et avec ses démons pour que mon ombre et mes démons cessent de lui faire peur, et qu’on puisse évoluer ensemble. Sauf que la réalité était toute autre et j’ai fini par l’accepter. Chacun est libre de faire ses choix, indépendamment des choix de l’autre.
Comme Neale Donald Walsch le dit si bien dans son livre: « Si je pouvais choisir une personne qui soit ma bien-aimée, ce serait toi. […] Tu n’as pas à effectuer le même choix en ce moment, mais je veux que tu saches que tu es mon premier choix, mais que j’en ai aussi un deuxième, un troisième et un quatrième. »
Mon Moi supérieur a donc su enfin me « coacher » via ces synchronicités, en me donnant au passage un bon « coup de pied aux fesses« , ce qui a eu pour effet un réveil un peu difficile, mais réussi! Merci pour ça!
On sait qu’on a intégré une leçon quand on commence à la mettre en pratique et non uniquement quand on dit la comprendre mais que l’on n’agit toujours pas.
si quelqu’un vous aime vraiment, il vous voudra dans sa vie

En d’autres termes, si vous constatez que la personne que vous aimez ne vous met pas très haut dans la liste de ses priorités (peu importe la raison) et préfère vous perdre, eh bien, laissez-la vous perdre, n’insistez pas pour la retenir. Respectez son choix car il n’y a vraiment pas grand-chose à faire dans ce cas. Vous ne pouvez parcourir que votre bout du chemin et la laisser faire le sien, mais vous n’avez pas le pouvoir de la faire avancer si elle refuse de s’y engager ou si elle en a peur. C’est aussi « simple » que cela – même si cette décision peut être extrêmement difficile quand on aime l’autre. Mais parfois il est bon de regarder la réalité en face et d’arrêter de s’illusionner.
Car peu importe les circonstances, si quelqu’un vous aime vraiment, il vous voudra dans sa vie, « quelle que soit la forme que vous prenez » et ne se résoudra pas à vous perdre aussi facilement.
Si vous aviez une pierre précieuse chez vous, seriez-vous prêt à la jeter à tout moment par la fenêtre? Bien sûr que non! La personne qui vous aime vraiment sera consciente que vous êtes « sa pierre précieuse » car vous la faites évoluer à la vitesse « grand V », vous la faites grandir et elle en fait de même pour vous. Vous la défiez, vous la faite sortir de sa zone de confort, vous la mettez face à ses imperfections, à ses failles, à ses insuffisances. Elle en fait de même pour vous et parfois c’est extrêmement inconfortable. Mais tous les deux, vous êtes engagés dans le travail d’un amour véritable et petit à petit vous apprenez à vous ajuster, à vous apprivoiser, à monter les marches, à surmonter les obstacles, à savourer des moments pleins et heureux où chacun de vous devient un peu plus lui-même. Il est quelque part immature de croire qu’une bonne relation ne demande aucun investissement, aucun travail et aucun ajustement, mais qu’elle se produit simplement « par la force de notre amour ». Cela fait penser aux films Disney dont les histoires ne reflètent jamais la vie réelle mais nos fantasmes de petite fille ou de petit garçon auxquels on essaie souvent de conformer nos relations.
Plus grand est le trésor, plus redoutable est le dragon qui le garde. Saturne transforme le plomb en or – les astrologues comprendront – mais au prix d’un long travail, jamais gratuitement ni rapidement. La personne qui vous aime vraiment vous consacrera du temps et de l’énergie – un peu comme quand nous arrosons et bichonnons une fleur pour qu’elle s’épanouisse – en en faisant cela elle se consacrera du temps et de l’énergie, ainsi qu’à votre relation. Tout est connecté. La personne qui vous aime vous verra comme un cadeau – avec vos « bons » et vos « mauvais » côtés, avec vos maladresses et vos « fautes impardonnables » -, elle vous prendra à l’endroit où vous êtes et se réjouira de votre présence. Si elle vous veut vraiment dans sa vie, vous le saurez, vous le verrez. Surtout, vous n’aurez pas à vous battre pour ça, à « faire des pieds et des mains » pour vous y maintenir – cela se fera, tout simplement. L’un comme l’autre, vous aurez droit à l’erreur et à l’imperfection et vos erreurs vous feront avancer au lieu de vous figer dans le passé, car vous saurez que vous êtes perfectibles et que le but de votre relation est l’évolution.
Mikhail Labkovsky, un psychologue assez connu en Russie, aime répéter qu’une bonne relation dépend surtout de la maturité et de la stabilité psychologique et émotionnelle des partenaires – beaucoup plus que de la compatibilité amoureuse dont on parle tant dans les livres et les magazines.
Bien sûr, on a vu plus haut qu’aucune relation n’est véritablement « bonne » ou « mauvaise » et que, dans tous les cas, vous évoluerez dans chacune de vos relations. Le partenaire que vous avez en ce moment est toujours le bon. Et… si vous n’avez plus ce partenaire-là, c’est qu’il n’était plus le bon pour vous! Il sera cependant le « bon » pour quelqu’un d’autre, tout comme vous le serez pour une autre personne. Et c’est une des lois de l’Univers.
Une relation se fait à deux et elle ne peut avancer si seulement l’une des deux personnes est prête à y mettre le temps, l’énergie, la conscience et la cohérence nécessaires à son fonctionnement. Si quelqu’un n’est pas suffisamment motivé par l’amour qu’il vous porte et que cet amour ne suffit pas pour qu’il fasse de la place pour vous dans son cœur et dans sa vie, c’est que vous ne vibrez peut-être pas (ou plus) à la même fréquence. S’il est « avare » de temps, d’énergie, de gestes, de mots, d’actions envers vous, s’il ne voit que le pire en vous (ce qui pourrait très bien être sa propre ombre), s’il vous dit qu’il vous aime un jour et vous quitte le lendemain, s’il ne veut que vos « bons » côtés et vous pose des ultimatums pour les mauvais, s’il fait passer tout le reste avant vous, s’il a envie de vous fuir… eh bien, laissez-le s’éloigner!
Si vous essayez de retenir sans cesse cette personne, de un, vous vous épuiserez et serez malheureux, et de deux, la place ne se libérera jamais pour la personne qui aura véritablement envie d’être avec vous, d’avoir un réel partage avec vous, et le courage de vous aimer pour ce que vous êtes. Ce sera celle qui vibrera à la même fréquence que vous et à ses côtés vous vous rechargerez en énergie, au lieu de vous épuiser, au milieu de toutes ces cages, masques et barrières.
Vous êtes un aigle, pourquoi vous obstiner à essayer de vivre comme une poule, dans la cage définie par une personne qui n’arrive pas (ou plus) à voir la beauté et les trésors qu’il y a en vous! Wake up! Réveillez-vous et envolez-vous vers de plus vastes horizons! La vie vous le rendra bien car c’est un acte d’amour pour vous-même.
J’ai souvent pensé que cette personne que j’aimais et qui avait peur de m’aimer était mon plus grand « maître » jusqu’à présent dans cette vie car elle m’enseignait (souvent à son insu) ce qu’était l’amour véritable envers un partenaire. Malgré les rejets, malgré les difficultés, malgré les déceptions, je continuais à l’aimer envers et contre tout, à vouloir être à ses côtés, apprendre de mes erreurs et faire évoluer la relation.
Mais au final j’ai réalisé qu’avant tout elle m’enseignait l’amour véritable pour moi-même car j’ai fini par comprendre que ce n’était pas en me sacrifiant et en niant ce que j’étais que je pouvais mieux l’aimer. Mais, au contraire, en me situant fermement à l’intérieur de mes propres limites et en aimant et respectant d’abord la personne que j’étais. D’ailleurs je pense que cela est valable pour toute relation humaine où l’on veut donner du véritable amour à quelqu’un. Nous ne pouvons simplement pas aimer qui que ce soit et lui donner quelque chose de valable à partir de nos manques, à partir d’un état où nous sommes malheureux et insatisfaits. (Cela rejoint l’idée du sacrifice que je développerai dans un prochain article.) Si nous faisons cela en pensant aimer l’autre, nous ne faisons en réalité que remplir un vide en nous en utilisant l’autre, même si souvent nous n’en sommes pas conscients.
Le meilleur cadeau que nous puissions donc faire à une autre personne est d’être nous-même heureux et épanoui, pour pouvoir ensuite partager ce bonheur avec l’autre et « être une source, au lieu d’être une citerne » (pour paraphraser le maître spirituel Peter Deunov).
aimer c’est accepter À 100% ce que nous sommes et ce que l’autre est

Comme Neale, pendant très longtemps je me croyais pleine de défauts (ce qui est vrai et ce qui est le cas de tout le monde) et qu’à cause de cela les personnes qui entreraient dans ma vie ne pourraient pas m’aimer pour ce que j’étais, ni me supporter au quotidien. Maintenant je sais que ma valeur ne dépend pas du nombre et de la « taille » de mes défauts, encore moins de ce qu’en pense la personne que j’aime, et que même si je l’aime profondément, je ne me renierai plus jamais pour être aimée et acceptée par elle, ni par qui que ce soit d’autre. Sans parler que ce qui est insupportable pour une personne peut être parfaitement supportable pour une autre. À ce propos, une personne de mon passé amoureux m’avait dit un jour avec beaucoup d’humour et d’affection que j’étais « attachiante » – une façon plutôt sympa d’exprimer qu’elle m’aimait et m’acceptait même avec mes défauts « chiants ».
« Qui m’aime me suive! » – on connaît tous cette phrase. Pour ma part, je dirais désormais : « Qui m’aime, m’accepte à 100% en faisant une vraie place dans sa vie pour ces 100% de moi, ou me perd définitivement – et ce ne sera (plus) jamais négociable. »
Je remercie Neale Donald Walsch notamment pour ces passages:
(…) D’abord, nous voyons le secret que j’ai annoncé tout à l’heure: à savoir que je ne peux voir en vous que ce que je peux voir en moi. Une fois ce secret compris, ma fonction première dans la relation consiste à regarder profondément en vous, à voir en vous la vision la plus grandiose que je puisse jamais imaginer; et même, en effet, à vous aider à créer cela, au cas où vous choisirez d’éviter de le créer. Dès lors, l’une des choses que les partenaires font l’un avec (et pour) l’autre est non pas de chercher à tirer quelque chose de l’autre, mais de chercher à donner à l’autre, et de donner à cet autre dont vous êtes le partenaire, le pouvoir d’exprimer et d’éprouver qui il est vraiment, et dont vous voyez l’importance vitale. C’est là, en fait, la raison d’être de toutes les relations, leur raison même d’exister.
Soudain, notre but dans une relation est entièrement transformé et transmuté. Nous ne nous demandons plus ce que nous pouvons obtenir de la relation, mais ce que nous pouvons donner. Que pouvons-nous renforcer? Créer? Que pouvons-nous amener à se réaliser, rendre réel – être réal-isé. Vous savez, on « aromatise » les aliments. De même, on peut « réaliser » les gens. Il sufit de leur donner l’ingrédient nécessaire et ils deviennent réal-isés. En fin de compte, c’est là le stade ultime de la réalisation de soi.
(…) En définitive, la prise de conscience de soi ne s’atteint pas dans la solitude, mais lorsque nous prenons conscience du Soi à travers les yeux d’un autre. C’est pourquoi tous les maîtres véritables ne font que redonner les gens à eux-mêmes.
(…) -Alors, même quand votre amoureuse vous quitte, c’est sans douleur?
–Non, il n’y a pas de douleur quand elle me quitte, parce que j’ai découvert la beauté et la merveille de qui je suis. Je crois qu’à l’époque où celle-ci me quittait, ma validation et mon idée de qui j’étais prenaient la porte avec elle. J’ai maintenant appris et je suppose que ça paraîtra un peu grossier, d’une certaine façon, mais c’est la vérité: quand elle partira, il y en aura cinquante derrière elle prêtes à entrer. Parce que je suis magnifique.
(…)Quelqu’un a déjà dit: « Si nous nous voyions tel que Dieu nous voit, nous aurions un grand sourire. »
(les extraits des citations ci-dessus sont tirés du livre Pratiques de Vie, de Neale Donald Walsch)

« Tu mérites un amour décoiffant, qui te pousse à te lever
rapidement le matin, et qui éloigne tous ces démons qui ne te
laissent pas dormir.
Tu mérites un amour qui te fasse te sentir en sécurité, capable
de décrocher la lune lorsqu’il marche à tes côtés, qui pense que
tes bras sont parfaits pour sa peau.
Tu mérites un amour qui veuille danser avec toi, qui trouve le
paradis chaque fois qu’il regarde dans tes yeux, qui ne s’ennuie
jamais de lire tes expressions.
Tu mérites un amour qui t’écoute quand tu chantes, qui te
soutient lorsque tu es ridicule, qui respecte ta liberté, qui
t’accompagne dans ton vol, qui n’a pas peur de tomber.
Tu mérites un amour qui balayerait les mensonges et
t’apporterait le rêve, le café et la poésie. »
« Tellement absurde et éphémère est notre passage dans ce monde, que la seule chose qui me rassure c’est la conscience d’avoir été authentique… D’être la personne la plus ressemblante à moi-même que j’aurais pu imaginer.»
(Frida Kahlo)

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