
J’ai découvert récemment un jeune homme bulgare sur YouTube qui, dans une série de vidéos, traite des sujets extrêmement intéressants. Dans plusieurs de ces vidéos, il discute avec un monsieur très évolué, qui a étudié et compris bon nombre des mystères de l’Univers. Le monsieur en question -qui s’appelle Ivomir – est physicien quantique, auteur, chercheur, conférencier et artiste. Une sorte de Jodorowsky bulgare, en somme – même si Jodorowsky n’est pas physicien et que le monsieur bulgare n’est pas aussi excentrique 🙂 Il est plutôt concentré sur le côté scientifique des phénomènes (couplé à leur compréhension spirituelle) et essaie d’expliquer de façon simple des choses assez complexes – même si parfois cela reste encore incompréhensible, même dans sa version simplifiée. Disons que certaines parties de l’information nécessitent un peu de temps pour être intégrées.
J’ai particulièrement aimé une vidéo qui traite du sujet de « l’état de bonheur et l’état de victime ». J’ai décidé de traduire les propos échangés dans cette conversation passionnante qui pourrait être perçue comme hautement philosophique, ou bien comme une évidence, ou bien elle restera sans doute encore incomprise par certains, au moins en partie. Moi-même j’ai dû l’écouter plus d’une fois afin d’en saisir le sens complet. Au final, je trouve cela extrêmement parlant. Je vous laisse en juger par vous-même!
« LA VÉRITÉ MECONNUE SUR LE CHOIX ENTRE L’ÉTAT DE BONHEUR ET L’ÉTAT DE VICTIME
-Pourquoi continuons-nous à entretenir l’état de victime, même lorsque nous sentons que ce n’est pas bon pour nous ?
-L’état de victime est très particulier. Il serait plus facile d’expliquer l’état de « bonheur » et de remplacer ensuite ce dernier par le mot « victime ».
-Remplacer « bonheur » par « victime » ? Comment est-ce possible ?
– Ecoute, chaque fois il est question d’un état. Rappelle-toi, dans un épisode précédent on avait donné l’exemple du stylo qui, en fonction de la signification qu’on lui donne, peut être une arme ou bien un instrument pour écrire. Si l’on utilise le stylo pour crever l’œil de quelqu’un, il devient un moyen de tuer quelqu’un – il devient un outil de meurtre. Cependant, si l’on utilise ce même stylo pour écrire, le stylo devient un outil d’aide à l’écriture.
Donc, l’état ou l’objet – l’élément de tout ce qui est -, reste le même. C’est nous qui lui donnons une signification particulière en l’utilisant.
Dans cet ordre d’idées, si l’on veut étudier ce qu’est le bonheur, on verra que c’est un état que nous choisissons et commençons à explorer dans un environnement normal. Peu importe ce qui nous arrivera dans cet environnement – vu que nous avons déjà choisi l’état de bonheur, nous allons lui donner la signification de… bonheur. Peu importe ce qui arrive dans notre environnement, nous acceptons que ce qui nous arrive est le bonheur car nous avons choisi d’éprouver cet état de bonheur.
– Mais alors, comment choisir cet état de bonheur si autour de nous rien ne nous signale le choix que nous avons fait? Cela paraît très simple en paroles de me dire : « Je choisis d’être heureux », cependant le premier mois, ou les six premiers mois, je ne vais pas forcément en ressentir les effets.
-Nous avons commenté précédemment les états en disant qu’ils contiennent toujours deux polarités. Ils nécessitent donc une dualité. Si nous voyons l’état de « bonheur », cela voudra dire que nous nous sommes focalisés dans cette polarité – celle du bonheur. Et comment appellerons-nous la polarité inverse de ce même état ? L’état est le même, mais si l’on appelle sa polarité inverse l’état de « victime », nous réaliserons qu’il s’agit du même état choisi par nous où, dans certaines situations …
-Nous préférons être une victime…
-En réalité, nous y mettons le focus – nous ne préférons pas. Nous ignorons si nous le préférons. Je me permets de te corriger ici, en disant que personne ne préfère d’être une victime, mais qu’il a choisi cet état. Je répète : personne ne préfère être une victime, mais il a choisi cet état.
Pourquoi choisissons-nous cet état ? Nous choisissons cet état dans la perspective de chercher le bonheur et, puisque nous estimons que nous n’avons pas atteint le bonheur, nous en concluons que nous sommes dans un état de victime.
-Est-ce que cela veut dire que dans la pratique, soit nous sommes victime soit nous sommes heureux ?
-C’est comme cela que paraissent les deux polarités dans notre tête. Alors qu’il s’agit en réalité du même état. Et l’un se fond dans l’autre.
Si l’on observe l’état de victime de plus près, nous verrons qu’il est très confortable, qu’il a beaucoup d’avantages. Si nous nous sentons victimes et nous présentons comme des victimes, c’est très pratique d’un point de vue du travail qu’il est nécessaire d’accomplir. Si nous sommes victimes, allons-nous faire le travail ? Nous nous ferons passer pour des victimes et serons dans la passivité – après tout nous sommes de simples victimes. En choisissant l’état de victime, nous déresponsabilisons-nous de cet état ? Bien sûr – c’est toujours la faute des autres et jamais la nôtre. De cette manière, nous n’assumons aucune responsabilité.
-Est-ce la raison pour laquelle nous nous sentons souvent malheureux ou, du moins, nous avons l’impression que le bonheur ne cesse de nous échapper ?
-En réalité, nous nous sommes simplement trompé de focus.
-Est-ce vraiment aussi simple? Je décide d’être heureux et à partir d’aujourd’hui je suis heureux.
-Et à partir de ce moment, je suis heureux et je suis en train de suivre cet état. Vais-je mettre des conditions à cet état ?
-Si je pose des conditions à cet état de bonheur juste après l’avoir choisi, sera-t-il toujours un état de bonheur ?
-Eh bien, non. Car il sera désormais « un bonheur-avec-des-conditions ». Or, quand nous avons un bonheur avec une condition, cela veut dire que nous n’avons pas choisi le bonheur, mais la condition.
-Dans ce cas, comment appellera-t-on un état de bonheur avec une condition ?
-Un état de victime.
-Donc, dans tous ces états – du genre « je ne peux pas changer, je me sens victime du monde, je suis victime de tous ceux qui m’entourent » – cela veut dire que nous avons été heureux durant tout ce temps, mais nous mettions des conditions au bonheur, au lieu d’être heureux simplement à cause du bonheur lui-même?
-Des conditions, des prétentions, des dépendances, des états émotionnels, des significations que l’on donne aux situations, des peurs. Tout cela, ce sont des conditions à notre bonheur. Et quand nous posons ces conditions à notre bonheur, nous nous positionnons précisément en victime: « Si telle condition est remplie, je serai heureux ».
-Mais est-il possible de ne poser strictement aucune condition à notre bonheur et d’être totalement heureux ? Est-il possible durant toute cette expérience de n’avoir absolument aucune condition ?
-Quand tu as réalisé que tu crées le monde autour de toi en choisissant l’état de bonheur, qu’est-ce que cela signifie ? Tu crées tout ton environnement à ton image, en faisant le choix de l’état de bonheur – tu crées toute la réalité parallèle. Donc, toute la réalité parallèle que tu as créée pour expérimenter ton état de bonheur commencera à t’aider à vivre cet état que tu as choisi. A ce moment-là, tout ton environnement commence à réagir de façon à ce que tu puisses expérimenter cet état appelé « bonheur ». Si tu poses une condition, l’environnement fera en sorte de toujours réagir à travers la condition… que tu as posée.
-Et si tu poses une condition, l’environnement va-t-il poser également une condition ? Ou bien réagira-t-il à ta condition ?
-Il est créé à ton image, donc il commencera à poser un nuage de « probabilités avec des conditions ».
-Mais nous sommes aussi le reflet de son image, non ?
-Dans ce cas, que verrons-nous ? Le bonheur en tant que tel, ou bien le nuage de probabilités de conditions au bonheur ?
-Et si les deux nuages de probabilités se heurtent, cela donnerait quoi ?
-Les deux nuages de probabilités enferment la condition que nous avons posée. Et nous commençons à chercher dans ce nuage de probabilités, qui est infini, notre condition précise qui nous fait espérer – peut être, éventuellement, un jour – être heureux.
-Quelle est alors notre chance de trouver dans ce potentiel infini notre seule condition ?
-Notre chance est 1/ ∞.
-Dans ce cas, vu l’ampleur de la tâche, mieux vaut tout recommencer.
-Absolument. A ce moment-là nous replantons le choix en nous : « Je choisis d’expérimenter l’état de « bonheur ». Cette fois-ci, allons-nous poser des conditions ? Aurons-nous des prétentions envers ce bonheur ?
-Pour apprendre à ne plus poser des conditions à l’état de bonheur, est-on obligé de passer par des moments de grandes catharsis ? Ou bien ces dernières pourraient-elles être plus légères ?
–La catharsis est une expression de nos propres choix. Quand nous choisissons un état, mais que nous allons contre cet état, l’environnement – qui nous aide à éprouver, par exemple, l’état de bonheur -, commence à nous mettre dans des situations qui nous feront comprendre que nous n’allons pas dans la bonne direction. Donc, il nous aide encore, dans tous les cas.
-Pourrais-tu m’en donner un exemple ?
-Il me semble que j’avais déjà donné l’exemple de la protection. Dans mon désir d’être heureux, j’érige des protections autour de moi, afin que personne ne puisse m’attaquer…
-« M’attaquer », dans quel sens ?
-M’agresser, m’insulter, me faire ressentir de l’inconfort, me manipuler, etc. Je me dis qu’il est nécessaire d’ériger des murs protecteurs autour de moi afin que mon bonheur ne soit pas atteint. Sauf qu’au moment où je vais mettre en place ces protections, l’environnement va dire : « Voyons, on va tester tes protections afin que tu saches si ces protections sont suffisamment solides pour contenir ton bonheur uniquement dans les limites du champ que tu as défini ».
-Donc, cela veut dire que souvent nous ne sommes même pas conscients que nous nous créons des protections sans vouloir réellement de ces protections.
-Il y a beaucoup de choses dans notre vie dont nous ne sommes pas conscients. Nous n’en sommes pas conscients car nous n’y réfléchissons pas. Comme, par exemple, l’espoir. Nous sommes habitués à considérer l’espoir comme quelque chose de très positif. On dit même: « L’espoir fait vivre. »
-C’est une expression que nous connaissons tous. Mais pourquoi dit-on cela ?
-Parce qu’on pense que, même si tout le reste venait à disparaître, nous aurons malgré tout l’espoir qui restera. Mais qu’est-ce que l’espoir, au juste? C’est la foi dans un état, dans un résultat, que nous sommes convaincu ne pouvoir jamais atteindre, de ce fait nous ne ferons aucun effort en vue de sa réalisation. Nous croyons qu’en ne faisant rien…
-Nous obtiendrons un résultat.
-Nous sommes dans l’attente d’un résultat qu’en même temps nous sommes conscients de ne pas atteindre – puisque nous ne ferons rien pour cela.
-Cet espoir n’est-il pas un paradoxe en soi, de notre point de vue ?
-En effet, de notre point de vue il l’est, cependant nous l’avons érigé en culte.
-Nous le voyons donc comme une sorte de délivrance.
-Une délivrance pour notre foi dans un résultat négatif.
-C’est là où réside en effet le paradoxe.
-Cela peut être aussi un résultat positif – peu importe dans quelle catégorie nous le mettrons. Nous cherchons à avoir un résultat, mais n’allons faire aucun effort pour l’obtenir.
-De cette manière on nourrit en quelque sorte notre état de victime.
-Oui, c’est la même chose. Nous attendons que quelqu’un vienne de l’extérieur pour résoudre notre problème, exécuter notre tâche. Nous attendons que quelqu’un vienne de l’extérieur pour nous doter d’un état qui, en réalité, ne dépend que de nous.
-Et si nous admettons notre faute et culpabilisons pour toutes nos erreurs dans une situation donnée, si nous reconnaissons notre entière responsabilité, mais que nous ne prenons toujours aucune initiative en vue d’une action concrète pour améliorer cela, qu’est-ce que cela veut dire ?
-Que veut dire « faute » et « culpabilité »? C’est un état choisi où nous avons renoncé à continuer à suivre le chemin sur lequel nous avancions jusque-là. Car, si nous n’avons pas choisi cet état et que nous continuons à suivre notre chemin, continuerons-nous à culpabiliser ou bien allons-nous nous dire: « Tiens, ce chemin -cette marche vers le succès-, ne mène pas au résultat que je désire. Cela ne va pas dans le sens de l’état que je souhaite, alors il vaut mieux que je change de marche, que je prenne un autre escalier ». De cette manière, nous suivons toujours les marches du succès. Si j’éprouve de la culpabilité, cela veut dire que je suis conscient d’avoir la « flemme » d’emprunter cette marche et de suivre le chemin du succès, tout en sachant qu’il est nécessaire de le suivre si j’ai envie d’éprouver l’état de bonheur. Cependant je continue de rester dans mon inaction et à ce moment-là j’éprouve de la culpabilité.
-Dans ce cas, est-ce que j’aime ma propre inaction ?
-Biens sûr. Si j’ai choisi cet état, toutes les conditions de cet état me mènent vers cet état. La question est de savoir quel est l’état que j’ai choisi. Si je choisi l’état de culpabilité, peu importe ce que l’on va me dire – même si l’on me donne le plus merveilleux des conseils – je le prendrai comme une accusation personnelle. Je vais donner un exemple où l’on va dire à une femme : « Madame, vous êtes grosse ! »
-La personne qui le prend mal va répondre: « Comment osez-vous! »
-Ou bien, si elle ne le prend pas mal, elle pourrait me regarder avec un grand sourire et répondre: « Oui, je vous remercie! En effet, ma beauté s’étend sur une double surface! » Elle est consciente d’exister et de faire partie de tout ce qui est et que si elle existe, elle n’est pas là par hasard – elle a sa place dans tout ce qui est. C’est de cette prise de conscience dont il s’agit. De ce fait, éprouvera-t-elle de la culpabilité d’avoir « une double surface pour sa beauté »?
-Non, en effet.
-Je dirais même qu’elle en sera fière. Elle donnera donc une réponse totalement différente. Elle pourrait même me chuchoter à l’oreille: « Mon mari aime dire que le vrai maître a besoin d’une grande surface pour travailler. » 🙂
-Au final, on peut encore en conclure que c’est nous qui choisissons si nous serons victime, si nous serons heureux, si nous nous sentirons coupables, si nous aurons peur, et il n’y a pas de force plus grande que notre propre choix dans l’ici et maintenant.
-Exactement. J’aimerais encore souligner -car il serait bon que ce soit enfin compris – que nous choisissons l’état d’interaction entre nous-mêmes et notre environnement. Ce n’est pas l’environnement qui nous impose un état – ce serait impossible. L’environnement ne peut pas induire notre état.
–L’environnement ne peut pas induire en nous un état que nous n’avons pas choisi au préalable.
-C’est cela. C’est nous qui choisissons l’état, et l’environnement nous aide dans notre choix. Si chaque personne pouvait comprendre cela, le monde dans lequel on vit se transformera radicalement. Car chacun va chercher et va choisir l’état de bonheur, l’état d’amour, l’état de gratitude. Chaque personne choisira non pas l’espoir, mais l’amour et la gratitude, l’abondance en tant que telle. Et puisque nous avons évoqué le mot « abondance » de quoi s’agit-il au juste?
-De quoi s’agit-il donc?
–L’abondance c’est le choix de faire ce qui doit être fait au moment où cela doit être fait. Mais on en parlera peut-être dans une prochaine émission.
-Je te remercie pour ces explications Ivomir! »
