La (non) violence et la gestion (saine) des conflits


Le sujet de la violence et des façons d’y remédier est très vaste et, d’après ce que j’ai pu observer chez bon nombre de personnes – moi y compris – , il est aussi très flou. Dans certains milieux on entend beaucoup parler de non-violence, de résolution pacifique des conflits, de paix et d’harmonie. Et en même temps, dans ces mêmes milieux il n’est pas rare d’observer une violence sous-jacente qui finit souvent par s’extérioriser de façon incontrôlée et inadaptée, et qui contraste avec le discours pacifique qui la précédait.
Cela amène à questionner sérieusement notre rapport à la (non) violence, en commençant par la façon dont nous définissons la violence.

Qu’est-ce que la violence, réellement?

« conflit » est-il ÉGAL À « violence »?

Pour beaucoup de personnes conflit et violence sont synonymes. Colère et violence également. Dès qu’un conflit pointe le bout de son nez, ces personnes-là l’associent systématiquement à une colère incontrôlable et destructrice – la leur ou celle de l’autre – qui se transformera obligatoirement en tsunami de violence. Aussi, dès qu’elles perçoivent le moindre signe de désaccord entre elles et l’autre, s’empressent-elles de l’étouffer ou de le fuir – en s’écrasant ou parfois en « écrasant » l’autre – pour neutraliser consciemment ou inconsciemment le conflit naissant et l’empêcher de se déployer. Leur croyance profonde est que si on laissait le conflit se déployer, celui-ci engendrerait forcément quelque chose de violent. En apparence, elles veulent donc « la paix à tout prix ». Mais à quel prix, réellement?

En général cette crainte est provoquée par des expériences traumatisantes passées – vécues dans l’enfance – qui se sont répétées dans le temps et ont conditionné le cerveau reptilien de manière à voir tout conflit comme une menace à la survie de la personne. Par exemple, si nos parents n’arrêtaient pas de se disputer et que cela se terminait toujours de manière violente, à l’âge adulte nous pouvons associer systématiquement – en grande partie inconsciemment – tout conflit à une forme d’expression violente qui nous ferait souffrir, voire serait une menace pour notre (sur)vie. Si l’un de nos parents était colérique et au moindre signe de désaccord s’emportait et devenait violent envers nous ou envers d’autres membres de la famille, il est sûr que cela ne restera pas sans conséquences pour nous à l’âge adulte. Notre rapport au conflit et à l’affirmation de soi sera empreint de mémoires traumatiques. Nous ne saurons pas comment nous affirmer de manière saine dans nos relations et nous risquons de les construire sur un mode « soit moi, soit l’autre », et de provoquer ou de subir diverses formes de violence dans nos rapport aux autres.

Car si nous n’avons jamais eu un bon exemple de gestion des conflits et des émotions au sein de notre famille, nous n’avons pas acquis les outils qui nous feront faire plus tard la différence entre conflit et violence, ou entre colère et violence, et à l’âge adulte nous aurons tendance à confondre tout cela, et à craindre notre propre violence ou celle d’autrui. Nous aurons tendance à éviter les conflits et à craindre l’expression de la colère – la notre ou celle de l’autre. Ou bien, nous positionnant dans l’autre polarité, nous aurons tendance à provoquer les conflits tout en étant incapable de les gérer sainement – car c’est sur ce mode-là que nous avons appris à fonctionner et il nous est familier.
Que ce soit par le fait d’étouffer le conflit ou de le provoquer, nous obtiendrons alors le résultat que nous craignions au départ – et cela nous confortera dans l’idée que, décidément tout conflit ou expression d’une colère ou d’un désaccord mènent à la violence.

Mais alors, si la violence n’est pas l’expression d’un conflit ni d’une colère, ni même d’une agressivité saine, qu’est-ce qu’elle est, au bout du compte?

vous avez dit « violence »? voyons voir…

Etymologiquement, la racine du mot « violence » provient du mot latin « vis » qui signifie « force, vigueur, énergie en action, puissance ». Cela a donné en latin le mot « violentia » qui peut avoir plusieurs significations:  force (du vent), ardeur (du soleil), rigueur (de l’hiver), violence (de caractère), fougue, emportement.

Mais le mot « violence », dans le sens qui nous intéresse ici se traduirait plutôt comme « l’utilisation de force ou de pouvoir, physique ou psychique, pour contraindre, dominer, tuer, détruire ou endommager. » (source: Wikipédia)

La violence est donc associée à une forme d’intensité qui peut, volontairement ou non, causer des dommages à nous-même ou à autrui car elle implique une forme de destruction. Elle n’est pas exclusivement réservée à l’humain, mais peut être également observée chez les animaux ou lors de phénomènes naturels se produisant spontanément autour de nous: tels que orages, tsunamis, tremblements de terre, mais aussi l’acte de donner naissance pour un mammifère, de casser la coquille pour un poussin ou une tortue, de percer la surface de la terre pour une plante, etc.

Il y a donc des violences « évolutives » et qui, malgré la douleurs qu’elles engendrent, sont en quelque sorte une étape nécessaire à la vie.

Comme beaucoup entre nous, je suis moi-même issue d’une famille où la gestion des conflits n’était pas très saine. Ma mère avait un problème pour accueillir les expressions d’agressivité et de colère, ce qui fait que je me suis vue obligée de refouler ma colère et mes élans agressifs – et par là-même l’intensité de certaines émotions – très tôt dans mon enfance. Quant à mon père, il gérait très mal ses émotions, et en particulier sa colère, et passait son temps à refouler cette dernière, sauf qu’à certains moments elle explosait quand même et cela faisait pas mal de dégâts sur les personnes autour.

La peur du conflit mene À la violence, tandis qu’apprendre À gerer sainement les conflits aide À prevenir la violence


Tout cela a fait qu’à l’âge adulte je craignais les confits autant que je cherchais à les provoquer. Plus concrètement, je « m’arrangeais » à me trouver des partenaires colériques qui exprimaient la colère à ma place. Sauf qu’ils me reprochaient systématiquement d’être la source de leur colère et au final je me retrouvais aussi démunie que dans mon enfance et incapable de m’exprimer: soit j’étouffais ma propre colère, soit celle-ci étant insupportable pour la personne en face, cela se terminait en guerre ouverte qui menait souvent à la violence. J’enviais les couples qui pouvaient se dire leurs « quatre vérités » et se chamailler sans crainte que cela les détruise car dans mon couple cela ne fonctionnait jamais de cette façon. Dans mon couple, chacun des protagonistes se comportait comme si sa vie était menacée… souvent par une « simple » phrase qui se voulait innocente mais qui était apparemment toujours lourde de sens.

Récemment j’ai été invitée chez un couple d’amis qui avait pour habitude de s’envoyer des piques, comme dans un jeu de ping-pong. Et – miracle – cela ne les menait jamais à une vraie dispute ni même à une quelconque agressivité malsaine. Ils prenaient ça comme un jeu et se défoulaient régulièrement de cette manière qui était très drôle car effectivement, malgré la véhémence apparente de leurs propos, ils ne franchissaient jamais la « ligne rouge » et se disaient même qu’ils s’aimaient entre deux « coups de balle ». Ils pouvaient se dire tranquillement « Tu m’énerves! Ce que tu dis est complètement nul! » Ou: « Tu est carrément parano ma pauvre chérie! » Ou encore: « Tu ne comprends rien à tout ça, j’en ai marre de t’écouter! », sans que ce soit mal pris par l’autre et sans que ça se transforme en une question de survie pour leurs egos respectifs. Il y avait de la comédie dans leurs échanges mais aucune trace de drame. Quel était donc leur secret?

Non, ils ne maîtrisaient pas la communication non-violente. Non, ils ne faisaient pas attention à chaque phrase qu’ils destinaient à l’autre. Ils avaient en quelque sorte dépassé la phase de la confrontation et appris à être en désaccord sans se taper dessus, au propre comme au figuré. Ils prenaient leurs désaccords avec humour et ne devenaient pas agressifs ou violents simplement parce que l’autre avait un avis différent – ou qu’il ne les écoutait pas. Ils ne provenaient pas de familles trop conflictuelles et leurs modèles parentaux respectifs n’incluaient pas des expériences traumatisantes de violence verbale, psychologique ou physique. N’étant pas particulièrement sensibles au conflit et à l’expression de la colère, ils pouvaient s’exprimer plus librement que la moyenne des gens et cela était bénéfique à leur relation de couple.

Mais pour ceux qui, comme moi, ou comme beaucoup d’autres, n’ont pas eu la chance de vivre dans une famille aussi sereine, cette gestion saine des conflits peut tout de même s’apprendre à l’âge adulte – au prix de quelques efforts et de (beaucoup) de persévérance. Chacun verra pour lui-même s’il est prêt à en payer le prix. Dans tous les cas, nous aurons toujours le choix entre investir du temps et de l’énergie pour apprendre à gérer sainement nos conflits ou préférer les éviter, quitte à ce que ce soit au prix de nous passer de toute relation trop proche susceptible de raviver nos peurs et nos douleurs du passé. Nous ne pourrons jamais avoir un seul côté de la médaille.

la communication non violente: L’AUTHENTICITÉ au service de la resolution de nos conflits

C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à la communication non violente. J’ai lu le livre de Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres, j’ai écouté des conférences de Thomas d’Ansembourg et d’Issâ Padovani. Et je me suis inscrite à un premier stage en CNV. Même si ma dernière relation s’était terminée « avec perte et fracas », je restais déterminée à mettre toutes les chances de mon côté pour réussir ma prochaine relation – et mes relations interpersonnelles en général, car la CNV ne se limite pas à un usage exclusivement réservé au couple.

En découvrant la CNV plus en détails j’ai commencé à mieux comprendre ce qu’elle est et ce qu’elle n’est pas, et comment cela pouvait m’aider à évoluer davantage dans ma vie relationnelle et dans ma vie tout court.

Quand on parle de communication non-violente, on s’imagine souvent une sorte de langage de « bisounours », qui parle toujours avec douceur, ne dit jamais un mot plus haut que l’autre, etc. Or, la CNV peut être extrêmement dynamique et dans certains cas utiliser même un langage grossier – être « cash » ne veut pas forcément dire qu’on est violent. Un des livres de Thomas d’Ansembourg intitulé Cessez d’être gentil, soyez vrai, illustre bien cet aspect de la CNV.

Le mot d’ordre dans la CNV est: authenticité. S’il y a autant de violence dans nos rapport avec les autres c’est parce qu’en premier lieu nous ne savons pas reconnaître et assumer ce que nous sommes au plus profond de nous – le bon comme le mauvais – et ce dont nous avons réellement besoin. Nous sommes donc d’abord violents envers nous-mêmes. Le premier pas vers la non-violence serait de ce fait d’arrêter de nier ou de minimiser nos propres besoins et d’avoir le courage de nous dire et de nous positionner face à l’autre.

La communication non-violente est une forme de communication authentique, de ce fait elle dépasse le cadre de la « simple » communication: c’est une manière d’être et un art de vivre car pour communiquer de façon authentique il nous faut pouvoir être nous-même authentiques avec l’autre. La violence naît des modes de communication défensifs où nous ne reconnaissons pas et ne savons pas exprimer nos propres sentiments et besoins, et ne savons pas accueillir ceux de l’autre. Et moins nous sommes conscients de ce que nous ressentons ou que nous essayons de le refouler, plus cela risque de nous dépasser en se manifestant d’une manière inadaptée et qui échappe à notre contrôle – et qui risque de devenir violente. En particulier, si nos émotions sont trop intenses et que nous ne sommes pas en paix avec cette intensité, eh bien elle aura tendance à agir à notre insu, à l’intérieur comme à l’extérieur de nous.

ÊTRE en paix avec soi-MÊME et apprendre À vivre avec sa propre INTENSITÉ

Récemment, une personne de mon passé affectif m’a parlé de la violence qu’il y avait eu entre nous et comment cette dynamique avait rendu impossible la poursuite de notre relation. J’ai longtemps réfléchi à ses propos et à la façon dont elle définissait la violence. Parfois on aspire à la paix et à la douceur tout en manifestant des comportements violents dans les faits – par nos paroles notamment ou par notre intolérance manifeste au point de vue d’autrui quand il diffère du notre. Même le silence peut être une forme de violence! Tout comme les mots peuvent parfois blesser davantage que les coups, parfois le silence peut être plus violent que les cris. La définition et la perception de la violence n’est pas forcément la même chez tout le monde. Et on a tendance à demander à l’autre ce que nous-mêmes ne sommes pas capable d’offrir – ce qui est un phénomène plutôt courant dans la plupart des relations, chacun des partenaires projetant sur l’autre ses propres failles.

Je suis donc arrivée à la conclusion que bon nombre de personnes qui se veulent non violentes – moi y compris – ne sont pas en paix avec leur propre violence, et passent leur temps à essayer d’étouffer ce qu’elles peuvent ressentir comme sentiments « négatifs » par peur d’abîmer leurs relations. Sauf qu’au final cela finit quand même par abîmer nos relations. Parce que nous aspirons à la paix et à la sérénité mais nous nous attendons, consciemment ou inconsciemment, à ce que cette paix se produise de façon « magique » – ou qu’elle vienne de l’autre -, pour nous éviter de passer par la case « déploiement et résolution du conflit ». Or, la paix ne peut advenir comme par magie ou être imposée par la force de la volonté car les conflits surgissent en permanence – en tant qu’êtres humains, nous avons des différences, des divergences, des incompatibilités – et ceci est parfaitement normal.

Pour être réellement en paix il ne suffit donc pas de le décider – surtout si l’on a à l’intérieur de nous des émotions intenses et tenaces qui cherchent à s’exprimer et des besoins qui insistent pour être pris en compte.

Si l’on refuse de prendre en compte ses propres besoins on fait preuve de violence envers soi-même. Si l’on refuse de prendre en compte les besoins de l’autre – il ne s’agit pas forcément d’y répondre -, on fait preuve de violence envers l’autre et on le nie jusqu’à son existence même. On pourrait dire que la violence naît quand on se refuse d’exister pleinement en reniant certaines de nos facettes et quand on refuse cette existence à l’autre. La violence naît quand on refuse de reconnaitre que « moi je suis moi » et que « l’autre est l’autre » – et que c’est parfaitement OK, et nous ne sommes pas obligés de nous entretuer pour que l’un de nous puisse exister.

La paix arrive par l’apaisement et pour qu’il y ait apaisement il faut permettre aux choses de s’exprimer telles qu’elles sont. Les émotions existent, les besoins existent, les conflits existent, et il serait plus sage d’apprendre à les reconnaître et à les gérer. En mettant le couvercle dessus ça ne fait que les faire bouillir sous la surface et plus tard ils vont faire sauter le couvercle en faisant encore plus de dégâts à l’intérieur et/ou à l’extérieur de nous. On n’a même pas besoin de quelqu’un d’autre pour être en conflit, on a déjà nos propres conflits internes à résoudre. Et plus on les nie, plus on les voit s’exprimer à l’extérieur, dans nos conflits interpersonnels, d’une manière qui peut être souvent violente.

En ce sens, la CNV peut nous apprendre d’abord à être en paix avec nous-même et à pacifier les différents aspects de notre propre personnalité avant de chercher à pacifier nos relations. Cela n’a donc rien de naïf ni de figé – d’un rapport artificiel à l’autre où l’on serait dans une forme d’absence de conflit et de platitude et où l’on marcherait en permanence sur des œufs par peur de s’exprimer violemment.

Au contraire, la CNV nous fait accéder à notre expression vivante, en assumant pleinement ce que nous sommes. Elle concerne autant la forme que le fond. Elle fait appel à notre sincérité et à notre créativité. Sincérité car nous ne pouvons plus être dans le déni et le refoulement de ce que nous sommes, et créativité car nous en aurons besoin pour créer un pont qui nous relie à l’autre sans que cela nous coupe de nous-même: « Comment faire pour nourrir mon besoin tout en nourrissant le besoin de l’autre et rester en relation? » C’est en cela que consiste l’art de la communication non-violente – car oui, il s’agit d’un véritable art!

Comme le dit Issâ Padovani dans une de ses vidéos, la CNV ne consiste pas à être dans une forme de « béni-oui-oui » et à éteindre tout ce qui est vivant en nous, mais à apprendre à vivre avec notre propre intensité. La non violence consiste donc à ne pas souhaiter que l’issue de cette tension intense qui nous traverse s’exerce à l’encontre de nous-même ou de l’autre. Et il ne s’agit pas de renoncer à notre force, mais d’apprendre à l’utiliser pour le bien. En cela, la non violence telle qu’elle est vue par Marshall Rosenberg est un peu différente de celle de Gandhi ou de Martin Luter King. Pour M. Rosenberg, se laisser tuer pour rester dans la non-violence ne rendrait service à personne. Il était plutôt adepte de l’usage protecteur de la force au service de la vie et non pas contre l’individu.

« Quand je peux être en paix avec l’intensité qui existe en moi et apprendre à l’exprimer et à l’utiliser de façon à ne pas me nuire et à ne pas nuire aux autres, j’aurais appris à expérimenter la non violence.
(…)
La non violence commence quand l’autre vous déteste et que vous choisissez de rester à l’endroit où non seulement vous continuez à l’aimer mais vous croyez qu’il peut vous aimer aussi.
(…)
Ils sont rares, en effet, ces personnes qui ont cette double capacité […]d’aller jusqu’à toi, alors que toi, tu ne fais que me mettre des claques. Les Jésus, Les Boddha, Les Gandhi, les Martins Luther King, les Marshall Rosenberg, cela ne court pas les rues. […] Vous pouvez faire un pas, l’autre vous en met une, vous faites deux pas, et il peut encore vous en mettre une. Et au bout de vingt ans où vous êtes toujours en train de faire des pas vers lui, il peut sortir le Kalashnikov et vous tuer. Que l’on soit très clair, le happy end n’est pas dans ce qui va se passer, il est dans votre cœur. Dans quel monde êtes-vous en train de vivre à l’intérieur de vous? »

(Issâ Padovani)

la parole qui tranche avec justesse – et justice

Quand on constate que les choses se passent exactement comme elles doivent se passer, on éprouve énormément de gratitude envers la Vie. C’est ce que j’ai ressenti quand j’ai réalisé que tous ces conflits dans mes relations m’avaient mené à la découverte de la CNV et à la nécessité d’accepter pleinement la personne que je suis pour accéder à davantage d’harmonie en moi et avec les autres. On ne peut pas accepter pleinement l’autre tant qu’on ne s’accepte pas pleinement.

Quant à la violence – et puisque je suis aussi astrologue – j’ai adoré le point de vue d’Astrodojo, quand il parlait de Mars dans une de ses publications Instagram:

« L’approche New Age voudrait nous faire croire que nous ne sommes que pur amour, pure douceur, pure lumière. C’est nier notre nature véritable. La violence est partout autour: du tonnerre qui gronde à la création d’une galaxie qui explose, à la graine qui se déchire pour devenir fleur. Des cellules qui vieillissent jusqu’aux tissus de la mère qui se déchirent pour enfanter. La violence de la matière n’est pas la question. La question est: Que fais-tu de cette violence en toi? »

Jésus a dit : « Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée« . La non-violence ne consiste pas à renoncer à notre intensité, à la force vitale que contient notre élan « violent » – à l’énergie de notre Mars – mais à apprendre à la maîtriser et à l’utiliser pour « trancher » avec justesse et droiture. Cela inclut la parole juste. Je me sens personnellement concernée car mon Mercure étant situé dans le signe martien du Bélier, j’ai tendance à « trancher » par la parole et pas forcément dans le sens le plus juste – Mercure en Bélier étant plutôt brusque et indélicat dans ses paroles. Mais une de mes plus grandes forces réside tout de même dans les mots et je sais qu’utilisée à bon escient, elle peut s’avérer très puissante et œuvrer pour le bien. La CNV est mon apprentissage dans l’utilisation de ce « glaive à deux tranchants » qui peut aussi bien être utilisé pour rendre justice – à soi et aux autres – que pour blesser. J’avoue être motivée par son utilisation la plus juste possible – et cet apprentissage est un grand défi pour moi. On dit que nos plus grandes faiblesses sont aussi nos plus grandes forces – à nous d’apprendre à nous en servir correctement, pour notre propre bien et pour le bien d’autrui.

« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur. »

(Hebreux 4:12)

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