
Il est des expériences qui impactent notre vie d’une manière particulièrement forte car leur l’intensité nous mène vers des prises de conscience qui transforment radicalement notre façon d’être au monde et de goûter l’existence.
Aujourd’hui j’ai envie de vous raconter comment mon premier stage de communication non violente a changé ma vision de moi-même, des autres et de la vie, en l’espace d’un week-end.
Dans mon précédent article j’avais déjà abordé un peu ce qu’était la communication non violente, et je parlais d’un point de vue beaucoup plus théorique que pratique car je n’avais pas encore vécu l’expérience de l’immersion dans la CNV. Il me tardait de vivre cette première expérience, tout en ne sachant à quoi m’attendre précisément. J’avais l’intuition que ça allait impacter ma vie d’une manière extrêmement positive mais je ne savais pas quelle forme cela prendrait concrètement.
Me voilà donc en route pour une nouvelle aventure humaine!
le soir D’ARRIVÉE: Sortir de sa zone de CONFORT
Les enfants sont naturellement portés vers le lien avec leurs semblables. Tant qu’ils ne sont pas encore conditionnés par le masque social que les adultes les amènent à adopter, ce sont des êtres vifs et curieux, qui vont spontanément vers les autres enfants pour jouer, partager, s’amuser, coopérer et apprendre.
À l’âge adulte le besoin de lien et de nouvelles expériences est toujours là, mais nous devenons un peu plus rigides et conditionnés par notre persona – quand nous ne nous sommes pas totalement identifiés à ce fameux masque social jusqu’à nous laisser emprisonner dedans.
Il n’était donc pas évident pour moi de me retrouver dans un gîte au beau milieu de la campagne tarnaise avec 12 personnes inconnues (à l’exception de ma sympathique covoitureuse Théodora que j’avais rencontrée quelques heures auparavant) et de parler de moi dès le premier soir. De préférence sans masque et au plus près de ce que j’étais. Le premier exercice de ce stage était déjà en train de me sortir de ma zone de confort.
Car il s’agissait de se présenter les uns aux autres, mais pas en termes généraux, pas comme on nous avait habitués à le faire en « société ».
Parler de la pluie et du beau temps n’était pas le but et n’avait donc aucun intérêt. Parler de son métier et de son rôle social n’avait pas vraiment d’intérêt non plus – cela s’apparentait encore à une fuite derrière le masque. Or, le but du « jeu » était de parler de soi avec authenticité. L’exercice de l’honnêteté de dire qui on était vraiment, dès le premier soir, de partager quelque chose qui nous appartenait au propre – y compris nos insupportables, notre malaise de parler devant 12 personnes inconnues, ou bien notre réticence à nous dévoiler, ou encore notre peur de ne pas assumer l’expérience.
Il y avait déjà quelque chose de très libérateur là-dedans. Ça commençait bien!
PREMIER JOUR: APPRENDRE À (s’)ÉCOUTER

Me lever le lendemain après une nuit presque blanche car j’ai mal dormi, mais bizarrement ne pas me sentir aussi fatiguée que « prévu ». Entendre un joyeux bordel en bas: il y en avait qui étaient en train de prendre leur petit-déjeuner. Me dire que cela faisait penser à une colonie de vacances et que j’adorais ce genre de petits-déj, avec tout ce joyeux bordel autour. Voilà comment a débuté ma matinée du lendemain.
Les plus matinaux avaient même eu le temps de faire une séance de yoga, proposée généreusement par Elisabeth (une des participantes au stage qui partageait ma chambre, en même temps que Théodora et Emmanuel). Séance que j’ai malheureusement loupée car je ne suis pas du matin. D’ailleurs, ça m’arrangeait que l’heure de début était fixée à 10h00, comme ça j’avais le temps d’émerger à mon rythme. Le soir précédent, l’animateur avait fait un appel à l’écoute de soi que j’avais beaucoup apprécié: « Durant tout le stage, écoutez-vous et respectez au maximum votre rythme! Il est important que vous soyez confortable avec vous-même et avec votre environnement. »
Réellement, ça commençait bien!
Cette première matinée on a découvert la « marelle de la CNV »: un schéma qui présente de façon simple et claire le processus de la communication non violente. Celui-ci s’appuie sur trois bases que je pourrais schématiser à ma façon, de la manière suivante:
- Je me connecte à moi-même pour écouter mes sentiments et déceler les besoins qu’ils renferment, dans l’accueil total de ce que je suis – sans me juger et sans nier ou minimiser mes ressentis.
- Je m’exprime avec honnêteté et reste authentique et ouvert face à l’autre – ce qui, en retour lui permet d’être authentique et ouvert face à moi.
- Je suis à l’écoute de l’autre dans l’accueil total de ce qu’il est – sans juger, nier, déformer ou minimiser son ressenti: je le rejoins simplement à l’endroit où il est et lui laisse tout l’espace nécessaire à son expression.
C’est un processus très simple en soi… mais qui, dans la pratique s’avère être un énorme défi. Cela ressemble à l’apprentissage d’une langue étrangère – et nous n’étions qu’au stade de l’alphabet!
Cela est dû principalement au fait que depuis notre enfance nous avons été conditionnés à nous juger et à juger l’autre, conditionnés à nous protéger, à cacher notre véritable nature sous un masque « acceptable » (pensons-nous), à ne pas accueillir ce qui EST, tout simplement, à ne pas être présents à nous-mêmes et à l’autre. À vouloir interpréter, corriger, analyser le vécu de l’autre, à nous empresser à lui proposer des solutions toutes faites pour ne pas nous sentir incompétents, tristes ou impuissants face à la réalité de l’autre. Réalité que souvent nous nions ou déformons.
Alors qu’en réalité, l’autre a juste besoin d’être écouté. Jusqu’au bout. Dans toute son incohérence, dans tous ses doutes, dans toute sa vulnérabilité et « imperfection ».
Tout comme nous avons juste besoin d’être écoutés. Dans toute notre incohérence, dans toute notre vulnérabilité, dans toute notre imperfection.
La communication non violente est en réalité une magnifique philosophie de vie car elle nous apprend à accueillir l’humain dans toute la beauté de ce qu’il est. Pas de ce que nous pensons qu’il est ou devrait être. Et nous ne pouvons réellement découvrir ce que l’autre est que si nous sommes pleinement présents dans notre relation à l’autre. De ce fait, la communication devient communion et nous établissons un vrai lien avec l’autre – profond et authentique -, qui devient une source de joie pour les deux parties de cet échange. Et nous nous retrouvons à en ressentir une immense gratitude.
“Le plus grand cadeau que je puisse faire à un autre être humain est celui de ma présence”
(Carl Rogers)
Avant ce stage, je me savais pas très douée pour l’écoute, mais je n’imaginais pas que, même quand je pensais écouter les autres par le passé (mes amis, mes conjoints, ma famille), en réalité il n’en était rien. Ce que j’avais pratiqué avec eux n’était pas de la vraie écoute. Mais alors pas du tout! C’était une grande découverte pour mon ego qui avait visiblement tout à apprendre là-dedans. Même si je me disais qu’il n’est jamais trop tard, j’avais comme impression d’avoir perdu déjà beaucoup de temps. La question logique qui est venue était donc: « Mais pourquoi n’ai-je pas fait ça plus tôt? Beaucoup plus tôt! »
DEUXIÈME jour: la magie de l’ouverture À l’autre

Après avoir passé toute une journée à goûter à l’authenticité des personnes présentes à ce stage, je ne les prenais plus pour des inconnus. Mieux encore, c’était des beaux humains, avec leur vulnérabilité, leurs aspirations, leurs façon d’être au monde, leurs appréhensions, leurs insupportables. Des personnes qui prenaient le risque de s’ouvrir à moi et aux autres membres du groupe et qui acceptaient mon ouverture à eux.
Ces beaux échanges qui ont duré toute une journée ont eu pour résultat de me faire passer une excellente deuxième nuit, qui s’est pourtant déroulée dans des conditions moins « favorables » que la veille. Certaines personnes étaient tellement enthousiasmées qu’elles n’avaient pas vraiment envie de dormir et ont fait du bruit jusqu’à « pas d’heure ». A mon grand étonnement ça ne m’a pas empêché de dormir, contrairement à la veille où je n’avais pas réussi à dormir même sans bruit. Après cette première journée, je m’étais sentie en confiance et ce n’étaient plus des inconnus. Mieux encore, le degré de sécurité que j’éprouvais était proportionnel au degré d’acceptation inconditionnelle que j’avais ressenti de la part de ces personnes tout au long de la journée. C’était un sentiment exaltant: ne pas être « obligé » d’être autre chose que ce qu’on est.
Lors de cette deuxième journée nous avons approfondi l’écoute: autant dans le rôle de celui qui écoute que de celui qui est écouté. Ce jour-là, j’ai pleuré trois fois lors de trois exercices différents. Et la troisième fois, quand je me suis exclamée: « Oh non, je pleure encore! », les filles qui m’écoutaient m’ont posé cette question: « Pourquoi tu te juges de pleurer? » Comment dire… Je n’étais pas habituée que quelqu’un trouve ça beau. Ou que quelqu’un trouve ça « normal », légitime, « à sa place ». Peut-être parce que j’avais souvent été avec des personnes mal à l’aise face à la vulnérabilité et aux émotions – les miennes comme les leurs – et qui n’accueillaient que très rarement, voire pas du tout, mon côté émotionnel. Au mieux, ils le minimisaient, au pire, cela les exaspérait.
Ce jour-là, j’ai compris dans mes tripes que ce que je suis a pleinement lieu d’être et de s’exprimer sous toutes ses facettes. Surtout quand il s’agit d’une émotion. Que se juger d’éprouver et d’exprimer une émotion était violent. J’ai alors pris la décision de ne plus être autre chose que ce que je suis et de m’autoriser à accueillir pleinement et avec respect de moi-même tout ce que je ressens. Peu importe si l’autre veut l’accueillir ou non, moi je vais l’accueillir.
Bien sûr, me sentir pleinement accueillie, acceptée pour ce que j’étais m’a remplie de gratitude, de joie et d’amour. Amour pour moi-même et pour les autres. C’était vraiment puissant comme expérience. Je ne pourrais que trop conseiller à tout le monde d’aller goûter à cette expérience. La vulnérabilité est une force car elle nous connecte à ce que nous sommes et nous permet de nous connecter à ce qu’est l’autre. Il se produit une connexion de cœur à cœur et c’est juste magnifique.
C’était drôle de me dire qu’en deux jours j’avais vécu avec des inconnus plus d’authenticité et d’amour que ce que j’avais pu vivre dans mes relations intimes durant de nombreuses années.
C’était donc ça le secret? Je me suis demandée quels adultes nous serions devenus si on nous avait enseigné la CNV à l’école, dès notre plus jeune âge. Si nos parents avaient pratiqué la CNV avec nous. Sans doute, à l’âge adulte, nous aurions été mieux outillés pour vivre entre humains, dans le respect et l’harmonie .
ce DONT J’AI PRIS CONSCIENCE GRÂCE à ce stage

Ce qui m’a le plus marqué dans ma découverte de la pratique de la CNV c’était de réaliser – dans mes tripes et pas qu’intellectuellement – que:
- En tant qu’êtres humains nous avons tous les mêmes vulnérabilités et les mêmes besoins: nous ne sommes pas parfaits et c’est parfaitement OK. Nous ne sommes pas obligés d’être toujours au top, encore moins de répondre aux attentes que les autres ont envers nous. Nous ne sommes même pas obligés de répondre à nos propres attentes.
- Je ne dois rien, et me forcer à être autre chose que ce que je suis reviendrait à faire preuve de violence envers moi-même. Les « il faut », « je dois », « je suis obligé », « j’aurais dû », « je n’aurais pas dû » sont une forme de maltraitance envers moi-même et ne vont pas dans la direction de mon élan vital et dans celle du respect de ce que je suis vraiment.
- Exprimer mon désaccord, mon inconfort, ma différence d’opinion, ma tristesse, est parfaitement OK. Même la voix de mon « chacal » en colère est OK – pour peu que je trouve l’espace et la personne à qui l’exprimer et m’assurer qu’elle est apte à l’accueillir. Et même quand je n’arrive pas à l’exprimer de la meilleure façon qui soit, je n’ai pas à m’auto-flageller: je ferai mieux la prochaine fois.
- L’autre peut m’exprimer son désaccord, son inconfort, sa différence d’opinion, et c’est parfaitement OK. Je peux l’entendre sans forcément être d’accord ou m’obliger à me rendre disponible pour répondre à son attente, surtout quand ça va à l’encontre de mon propre besoin.
- La bienveillance commence d’abord envers moi-même: me traiter avec douceur et bienveillance est juste primordial. C’est ce qui me permet de traiter aussi l’autre avec bienveillance.
- Prendre la responsabilité de me dire est ma plus grande force. Remplacer les « on » par le « je » est très important. Dans ma culture on cherchait à uniformiser les gens et à éliminer le « je » au profit du « on », de sorte que l’individualité se fonde dans l’anonymat de la foule. Etre anonyme est peut-être rassurant car si ça « foire », on ne pourra pas nous blâmer. Mais cela nous enlève le pouvoir sur nous-mêmes et sur notre propre vie.
- Reformuler les propos de l’autre permet de m’assurer que j’ai réellement compris ce qu’il m’exprime et à l’autre, de mieux se comprendre et se faire comprendre. Prendre cette habitude peut vraiment aider à dissiper de nombreux malentendus dans la communication. De plus, cela me permet d’être davantage présente dans mon écoute à l’autre.
- Je ne peux faire l’économie de la demande dans mon rapport à l’autre. (merci Marie!) L’autre n’a pas à deviner mon besoin si je ne le lui exprime pas – si je ne lui fais pas de demande concrète et claire. C’est un peu le sujet d’un prochain module, mais cela m’a quand même marqué par sa justesse. En prenant le risque de demander je me rends vulnérable car je prends le risque de recevoir un refus. Mais…
- …la vulnérabilité est en réalité une grande force car elle va dans le sens de notre authenticité. Et il n’y a pas plus grande force que l’authenticité – c’est ce qui continent notre élan de vie. Même les psychanalystes sont au clair avec ça (enfin, Jung en tout cas).
- Je n’ai pas à être autre chose que ce que je suis, dans l’ici et maintenant. Je n’ai pas à accomplir autre chose que ce que j’accomplis dans l’ici et maintenant. (Merci Oriane!)
- Dans une relation, les deux personnes sont en principe responsables à 100% de la qualité de l’échange (si, si). Toutefois, en cas d’impossibilité à se comprendre, il incomberait à celui qui est plus avancé sur le chemin de son évolution de prendre toute la responsabilité de l’échange et de faire les pas que l’autre n’arrive pas encore à faire pour que les deux puissent se rejoindre. (Merci Alexia!)
Et merci à Fred et à tout le monde pour tout ce qui est arrivé à ma conscience!
une belle aventure humaine qui a MARQUÉ mon ANNÉE astrologique
Cette belle aventure humaine a été une de plus dans mon année astrologique marquée par un ascendant dans le signe de la Balance. La Balance aspire au lien, à la douceur et à l’harmonie. La Balance ne voit pas de sens dans l’individualisme et dans le « chacun pour soi ». Elle veut établir des relations équitables avec un autre être humain. Etant gouvernée par Vénus, elle est un peu « obsédée » par la relation, par la noblesse des sentiments et par la beauté sous toutes ses formes.
En effet, depuis le début de mon année astrologique, je n’arrête pas de rencontrer des gens, de vivre de belles expériences humaines et d’apprendre toujours un peu plus sur moi et sur ma façon de me lier aux autres. Mon nœud lunaire sud étant situé dans le signe très personnel du Bélier, je considère ce qui m’arrive depuis quelques mois comme un beau « coup de booste » qui me propulse davantage vers mon nœud nord en Balance.
Pour faciliter la compréhension de mon texte à ceux qui ne connaissent pas l’astrologie, j’ouvre ci-dessous une petite parenthèse d’explication très brève de ce que sont les nœuds lunaires.
Le nœud lunaire sud est un point dans notre thème qui contient nos bagages (positifs ou négatifs) acquis lors des expériences passées d’une vie antérieure. Ce sont nos qualités et défauts « innés », qui ne nous demandent pas d’effort pour les manifester et qui s’expriment le plus souvent à notre insu. C’est un comportement familier et naturel. Il se réactualise dans l’enfance et il est très marqué durant les premières années de notre vie et en règle générale, il nous colle à la peau durant toute notre jeunesse – et plus ou moins au-delà, en fonction de notre vitesse d’évolution.
En face du nœud sud, dans le signe opposé, se situe le nœud lunaire nord. Il est porteur des leçons à intégrer et des nouvelles qualités à développer dans la présente existence. Certains débutants en astrologie pensent – à tort – qu’il faut complètement abandonner son nœud sud pour aller vers son nœud nord. Or, il serait impossible de renier l’énergie du signe de son nœud sud, mais surtout, cela nous priverait d’un précieux appui dans notre évolution. Ce qui est acquis est acquis et il s’agit de l’utiliser positivement pour avancer vers la prochaine étape.
Quand nous venons sur terre pour expérimenter notre trame de vie, nous choisissons un chemin d’évolution et cela suppose un travail pour intégrer les qualités du signe de notre nœud nord. En général, les qualités de notre nœud nord ne nous sont pas familiers et nous ne savons pas très bien composer avec. Nous n’y allons donc pas de notre propre gré et de façon spontanée, car ce n’est pas un comportement naturel pour nous. Nous devons l’apprendre et si nous n’y allons pas de nous-mêmes, la vie nous y obligera tôt ou tard. La Vie, en accord avec notre Moi supérieur – qui sait très bien que tôt ou tard nous devons aller dans cette direction.
la pratique de la cnv: trouver le juste ÉQUILIBRE entre le BÉLIER ET la balance, entre l’empereur et la TEMPÉRAnce

Il a été donc amusant pour moi de constater qu’astrologiquement pratiquer la CNV reviendrait à partir du Bélier pour aller vers la Balance, tout en trouvant le juste équilibre entre les deux. Le Bélier se soucie de prendre soin en priorité de lui et de ses besoins. La Balance se soucie de prendre soin en priorité de l’autre et de ses besoins – car elle priorise la relation et c’est un peu sa façon de la préserver car elle a horreur du conflit.
Dans la CNV il s’agit de s’écouter d’abord avant de se mettre à l’écoute de l’autre, d’identifier ses propres besoins pour être capable d’accueillir ceux de l’autre, dans de but de trouver un espace commun où les besoins de l’un et de l’autre seront satisfaits tout en maintenant le lien vivant et harmonieux. Il me vient ici à l’esprit l’image de la Tempérance dans le Tarot car c’est une lame qui symbolise la fluidité et l’harmonie.
D’un coup cela m’a sauté aux yeux: la CNV, c’est tout le travail que je dois accomplir pour aller de mon nœud sud en Bélier vers mon nœud nord en Balance! Je ne m’étais donc pas trompée, mon Moi supérieur a mis la CNV sur mon chemin car c’est exactement de cela dont j’avais besoin pour évoluer à vitesse « grand V ». J’adore mon Âme, j’adore la Vie!
Et je comprends même mieux mes résistances à cet endroit, et pourquoi j’ai « rechigné » aussi longtemps à aller dans cette direction: c’est tout de même le nœud nord, en général on ne s’y précipite pas en courant, mais on y va plutôt en reculant. Et c’est parfaitement normal.
Je vais développer davantage l’aspect astrologique de mon exemple, car je trouve vraiment très pertinent son lien avec la CNV.
La petite nuance dans mon cas est que le maître de mon nœud sud (Mars, qui gouverne le Bélier) se situe en maison VII (maison de l’Autre et de la relation). Plus jeune, quand j’étais toute seule, je savais parfaitement utiliser les ressources de mon nœud sud en Bélier – j’étais débrouillarde et autonome et je prenais bien soin de moi et de mes besoins. Si je n’avais pas de relation proche je ne tenais pas vraiment compte de l’autre. Une fois en relation cependant, quand je pensais « harmonie avec l’autre », je ne m’incluais pas dedans. J’avais tendance à vivre la vie de l’autre – et à prioriser l’avis de l’autre – en me déconnectant de mes vrais besoins et en mettant mes désirs au second plan. Plus tard, j’essayais de concilier tant bien que mal mes besoins avec ceux de l’autre mais la plupart du temps je relationnais sur une dynamique « moi ou l’autre » au lieu de « moi et l’autre ».
J’avais l’impression que pour voir mes besoins satisfaits je devais fonctionner en mode Bélier et que si j’allais dans le mode Balance, je devais faire une croix sur ce que je voulais vraiment. Aussi, mon fonctionnement habituel était soit la fuite en mode « solo » – pour être sûre de pouvoir faire ce que je voulais sans faire des concessions ou entendre des reproches -, soit la négation pure et simple de ce que j’étais pour préserver l’harmonie (pensais-je). Et quand je me risquais à essayer une forme d’équilibre entre mes désirs et ceux de l’autre, cela produisait souvent un conflit insurmontable – nous n’avions apparemment pas les bons outils pour parvenir à une saine harmonie, dans le vrai sens du terme.
Ce n’est pas un hasard si Saturne, la planète de la structure et des limites, est exalté dans le signe de la Balance: les limites claires sont importantes pour l’équilibre de toute relation. Dans le Tarot j’associe la Balance à la lame de la Tempérance: le numéro XIV. On retrouve le chiffre 4 de base dans la lame de l’Empereur: l’Empereur est fermement « assis » sur son territoire qu’il a su délimiter sans équivoque et qu’il défend de manière tout aussi ferme. L’Empereur sans la Tempérance serait trop intransigeant et autoritaire. La Tempérance sans l’Empereur serait trop « fluide » et adaptable. L’harmonie de la Tempérance se déploie pleinement entre les limites claires de l’Empereur qui établissent une bonne base pour la relation et la sécurisent.
J’ai trouvé ce rapprochement super intéressant car il illustre parfaitement la problématique de la plupart des relations: que ce soit des relations de couple, des relations parent-enfant, employeur-employé, ou entre amis. Cela illustre également pour moi en quoi la CNV est une manière de répondre à ce besoin de concilier ces deux pôles et d’établir un pont d’équilibre et d’harmonie entre moi et l’autre.
Tout l’art de la CNV consiste à pouvoir m’accueillir pleinement à l’endroit où je suis, pour être capable de rejoindre l’autre à l’endroit où il est.
En m’acceptant pleinement, j’accepte pleinement l’autre, et je n’aspire pas à vivre autre chose que ce qui est.
Et je peux enfin me détendre 🙂

« Vous allez respirer plus librement quand vous arrêterez de chercher à être autre chose que ce que vous êtes. »
(Issâ Padovani)
Nous avons terminé le dernier soir par cette magnifique chanson du Village de Pruniers que Julia, une des participantes au grand cœur, a voulu nous faire connaître et nous chanter en guise de clôture. Le texte, qui a pour origine un poème de Thich Nhat Hanh, est si beau et correspond tellement à l’expérience que nous avons partagée!
« Ma joie est comme le printemps,
Elle épanouit les fleurs
Tout autour de la Terre.
Ma peine, une rivière de larmes,
Si vaste qu’elle emplit les quatre océans.
Oh, appelez-moi par mes vrais noms,
Pour que j’entende à la fois
Mes rires et mes pleurs,
Pour que ma joie et ma peine
Ne fassent plus qu’une.
Oh, appelez-moi par mes vrais noms
Afin que je m’éveille,
Que la porte de mon cœur
S’ouvre enfin à jamais. »
