AMITIÉ et amour

Aujourd’hui j’aimerais me pencher sur la question de l’amitié et de l’amour. Non pas en les séparant – en mettant d’un côté l’amitié et de l’autre, l’amour. Non pas en les mettant côte à côte pour les comparer – expériences parallèles d’amitié et d’amour: « mon conjoint à côté de mes amis ». Mais plutôt en tentant d’expliquer en quoi la vraie amitié est une forme d’amour. Qui plus est, une des formes les plus pures, les plus spirituelles et les plus nourrissantes d’amour.

Le départ imminent pour un pays lointain d’une amie chère à mon cœur est la source de mon inspiration pour écrire cet article. (Ce n’est pas la première fois qu’elle m’inspire à écrire quelque chose sur ce blog.) En pensant à quel point elle allait me manquer, je me suis mise à réfléchir à la nature de l’amitié au sens large et j’ai trouvé des contradictions à propos de la façon dont on définit dans notre société actuelle les « sentiments d’amitié » en les séparant très nettement des « sentiments d’amour ». J’ai trouvé intéressant de creuser un peu le sujet, en partant comme d’habitude de mon propre vécu.

Ah, ce que la langue française peut être pauvre en parlant d’amour! J’aime le chocolat, j’aime mon pays, j’aime mon chat, j’aime mon conjoint, j’aime mes amis, j’aime ma patrie… J’aime! Mais je les aime comment? Quelle est la différence entre ces formes d’amour? Peut-on parler d’amour pour un chat, pour une fleur, ou pour un gâteau?

le PHÉNOMÈNE de la « cathexis »

Le psychiatre et auteur américain Morgan Scott Peck dans son livre Le chemin le moins fréquenté (que je ne me lasse pas de citer) évoquait le phénomène de la cathexis: le processus par lequel, étant attirés par un objet hors de nous-mêmes nous nous investissons et engageons vis-à-vis de cet objet (animé ou inanimé) en élargissant nos frontières personnelles pour l’incorporer progressivement dans notre psychisme – nous cathectons l’objet aimé, qui peut très bien être une personne, mais aussi un animal, une fleur, une cause, un sport…

Il donnait ainsi l’exemple d’un homme qui aimait son jardin. Et parce qu’il l’aimait, il s’en occupait quotidiennement, il en apprenait chaque jour un peu plus sur les plantes, les fleurs, les engrais, la façon de le rendre plus beau et plus fleuri. Il y investissait énormément de temps et d’efforts, et grâce à cet amour pour son jardin l’homme a énormément évolué et appris. Le jardin existait en dehors de lui-même mais également en lui, en l’enrichissant de plusieurs façons, en le transformant positivement. L’homme avait de ce fait repoussé et élargi ses frontières personnelles en aimant son jardin et c’était également un acte d’amour pour lui-même.

Scott Peck définit l’amour comme un processus actif dans lequel nous nous dépassons pour élargir nos frontières personnelles en les repoussant toujours davantage dans un but d’évoluer ou de faire évoluer un autre être humain, en le nourrissant (spirituellement, psychologiquement, humainement), en contribuant à ce qu’il grandisse et s’épanouisse.

D’après lui, si nous nourrissons l’évolution de quelqu’un en l’aimant véritablement (donc activement), nous ne pouvons qu’évoluer en même temps – les deux processus sont en quelque sorte, indissociables car interdépendants. Par conséquent, il estime que toute activité qui nourrit notre évolution pourrait se définir comme une manifestation ou une composante de l’amour – amour pour nous même ou pour quelqu’un d’autre. Si, en revanche une activité ne sert plus notre évolution (ou celle des autres), mais devient un but en soi, elle bloque notre évolution, au lieu de l’encourager. Il ne s’agit alors dans ce cas plus d’amour – pour nous-même ou pour quelqu’un d’autre.

L’auteur parle ainsi de cathexis sans amour: lorsqu’un objet ou une activité que nous investissons ne nous enrichit pas, mais nous enferme dans un processus stérile et peu nourrissant qui nous empêche d’évoluer car, au lieu de devenir un moyen d’évolution il se substitue à l’évolution elle-même. « Par exemple, on peut rencontrer sur un terrain de golf un vieux couple dont le seul but dans la vie est de boucler les dix-huit trous en de moins en moins de coups. » Ou alors lorsque nous nous lions aux autres dans une sorte de « parasitisme symbiotique » qui exclut tout effort – sans aucun souci pour notre évolution ou celle de l’autre.

la PAUVRETÉ de notre langage en MATIÈRE d’amour

La langue française ne propose pas beaucoup de variantes au mot « amour » lorsqu’il s’agit de relations interpersonnelles. Elle utilise le mot « amour » presque exclusivement pour désigner l’état amoureux ou le lien qui existe entre deux conjoints, et les mots comme « affection » ou « attachement » sont réservés à ceux dont nous ne sommes pas amoureux: nos enfants, nos parents et nos amis. Le relation amicale est appelée de ce fait « amitié » et la relation de couple (où l’on présume l’existence d’un état amoureux) est très souvent appelée « amour ».

Toujours d’après Scott Peck, nous ne tombons amoureux que lorsque nous sommes, consciemment ou inconsciemment, sexuellement motivés, en d’autres mots tomber amoureux est une expérience spécifiquement érotique. Il souligne cependant très clairement que l’expérience subjective de tomber amoureux n’a rien à voir avec l’acte objectif d’aimer, même si elle peut s’en rapprocher de par certains effets. Ces effets sont moins intenses dans le véritable amour mais plus profonds, durables et transformateurs, alors qu’ils sont plus intenses, temporaires et sans effet transformateur quand on tombe amoureux.

L’effondrement des frontières du Moi que l’on vit quand on tombe amoureux est extatique mais illusoire et prend inévitablement fin. L’élargissement progressif de nos frontières dans le véritable amour demande plus de temps, de véritables efforts et une prise de risque au quotidien – il est dangereux de s’aventurer hors de nos frontières connues et d’oser le changement -, mais va beaucoup plus loin, agit en profondeur, et en fin de compte nous fait véritablement évoluer.

Le mot « amour » est donc inapproprié la plupart du temps, même dans l’utilisation la plus courante que l’on en fait. S’agirait-il d’un énorme malentendu dans sa définition?

l’amour, INGRÉDIENT universel ou ingrédient SPÉCIFIQUE?

Un autre auteur qui parle beaucoup dans ses livres de ce qu’est l’amour est le psychologue argentin Jorge Bucay. Dans un de ses livres sur le couple, co-écrit avec son fils Demian Bucay (malheureusement pas traduit en français), il explique que lorsque nous analysons les différents types d’amour dans nos relations humaines, nous partons du postulat que l’amour est différent dans les différents types de relation: amour pour le conjoint, amour pour l’ami, amour pour l’enfant.

Or, d’après l’auteur c’est la où nous nous fourvoyons en quelque sorte car l’amour est toujours le même, que ce soit pour le conjoint, pour l’ami ou pour l’enfant – cela reste la même composante de la relation. Seulement, en fonction du type de relation, on y ajoute d’autres « ingrédients », et c’est précisément ces différents ingrédients qui distinguent la relation entre conjoints de la relation amicale, de la relation parent-enfant, etc. La composante sexuelle par exemple est un ingrédient de la relation de couple, tout comme l’amour et l’engagement. Elle est cependant absente de la relation amicale ou de la relation parents-enfants.

Ainsi, une relation de couple sera composée d’ingrédients comme l’amour, le sexe, l’engagement, la complicité (dans le meilleur des cas). En revanche, pour la relation amicale ce sera « juste » de l’amour et de la complicité par exemple, en excluant la dimension sexuelle et l’engagement. Pour la relation parent-enfant ce serait de l’amour et de l’engagement – l’engagement impliquant une forme d’investissement et de responsabilité envers l’enfant. Etc. Comme une recette de cuisine en quelque sorte. Les ingrédients sont les mêmes, mais on les combine différemment.

Ce point de vue est très intéressant et il contient à mon avis une grande dose de vérité. Mais il n’est pas parfait à mon goût car même au sein des relations du même type on peut donner et recevoir l’amour de différentes manières. L’astrologie peut confirmer que les différentes personnes n’aiment pas à l’identique et ne se sentent pas aimées de la même manière, en fonction de leurs spécificités planétaires.

Aussi, je pense que ce sont tout de même les Grecs de l’Antiquité qui ont su définir au mieux les différents types d’amour. Ils avaient beaucoup plus de vocabulaire et d’imagination, mais également ils connaissaient mieux la nature humaine et ses nombreuses facettes, qui la plupart du temps ne peuvent se résumer en un seul mot.

la non-UNIVERSALITÉ du mythe de l’amour romantique

Notre culture européenne occidentale largement influencée par la culture américaine (qui, elle, avait été auparavant influencée par le continent européen, bref), a tendance à associer le mot « amour » à l’amour romantique type « films Disney » – où les gens ne cessent de tomber amoureux, de se marier et de « vivre heureux jusqu’à ce que la mort les sépare ». (Bizarrement, personne ne raconte dans ces films ce qui se passe après le mariage.)

Or, historiquement parlant, la culture occidentale moderne est pratiquement la seule à perpétuer le mythe selon lequel deux personnes qui tombent amoureuses doivent finir par se marier et vivre une éternelle passion jusqu’à la fin de leurs jours, marcher ensemble vers le soleil couchant en se vouant une fidélité au-delà de la mort. Ils seront bien sûr toujours heureux et n’auront pas de problèmes particuliers car ils seront « faits l’un pour l’autre ». Bien avant les films Disney, l’Europe médiévale a connu l’amour courtois des troubadours (né par ailleurs en Occitanie), qui véhiculait quelque chose de très chevaleresque, de poétique et… d’irréaliste!

L’astrologue Richard Idemon souligne cependant dans son livre A travers le miroir que cette idée de l’amour, bien qu’elle touche en nous quelque chose de très fondamental, est exceptionnelle et tout à fait spécifique à notre époque et à cette partie du monde. Elle n’est de ce fait pas universelle. Le monde occidental a tendance à penser que l’Univers entier tourne autour de lui, mais en réalité ce qui se passe en Europe et aux Etats-Unis n’est pas valable pour le monde entier. La plupart des sociétés sur la planète n’ont donc pas cette conception de l’amour.

Revenons donc aux Grecs anciens et voyons comment eux définissaient l’amour. Chez eux le mot « amour » tel que nous le connaissons, n’existait simplement pas. A la place ils avaient plusieurs autres mots, bien plus spécifiques, plus intéressants et plus riches de sens. Ils distinguaient en effet plusieurs formes d’amour, parmi lesquels on peut citer l’épithumia, la philia, l’eros, l’âgape. Mais cette liste n’est pas exhaustive, c’est dire à quel point leur vocabulaire et leur compréhension de la nature humaine était riche 🙂

Je ne vais pas détailler toutes ces formes dans un seul et même article. Mais je m’arrêterai pour le moment au deux premières que je trouve importantes pour l’analyse du sujet qui m’intéresse – en l’occurrence la vraie amitié et son rapport avec l’amour. Je trouve aussi très intéressant de leur associer quelques notions astrologiques.

l’epithumia, ou l’amour charnel type « taureau »

Chez les Grecs anciens l‘épithumia désignait un amour purement charnel et sensuel: l’envie de toucher, de caresser, d’avoir un contact peau à peau, le désir du corps de l’autre. Un amour de type Taureau en somme (avis aux astrologues), qui satisfait les besoins charnels en procurant des plaisirs sensuels. Dans la mythologie Aphrodite personnifiait la luxure associée en astrologie au signe du Taureau. Aphrodite était une déesse et, à la manière de la plupart des autres dieux grecs, avait de nombreuses relations sexuelles avec des dieux et des mortels.

Les dieux grecs étaient incapables de tomber amoureux à la manière d’un être humain. La plupart du temps ils étaient motivés par épithumia, par un instinct naturel de se relier au corps de l’autre qui demandait à être satisfait. Le signe du Taureau rappelle à quel point la stimulation sensorielle est vitale pour l’être humain, surtout dans les premières années de notre vie. On sait qu’un bébé peut mourir s’il n’est jamais touché ni pris dans les bras.

Dans À travers le miroir, Richard Idemon rappelle comment notre société de consommation hédoniste nous incite à la sublimation de nos désirs charnels et de notre besoin de sensualité par le consumérisme. Si l’on se sent seul et qu’on a besoin d’être touché et caressé par un autre humain, on n’a que fumer une cigarette, ou boire un verre, ou s’acheter le dernier modèle de voiture. Et puis, notre éducation judéo-chrétienne (et autre) n’a jamais vu d’un bon œil la satisfaction de nos désirs charnels, elle a toujours trouvé quelque chose de louche là-dedans et n’a cessé de nous inciter à y renoncer en les sublimant, en déformant ainsi l’épithumia, qui à la base est liée à un besoin très sain et fondamental.

Il n’est pas étonnant dans ce cas qu’à l’âge adulte, bon nombre de personnes font taire leurs besoins vénusiens de câlins, d’étreintes et de proximité physique en buvant trop, en mangeant trop, en fumant trop. Au bout d’un moment Aphrodite nous fait payer cette déformation de l’épithumia par toutes sortes d’inconforts et de problèmes de santé, que ces derniers soient d’ordre physique ou psychique.

la philia, ou LA VRAIE AMITIÉ type « lion »

La dimension Taureau de Vénus (Aphrodite) est donc le désir de retrouver la chaleur de la fusion avec le corps de l’autre. Les astrologues savent que Vénus gouverne aussi le signe de la Balance. Le désir de la Balance est situé sur un plan plus esthétique et idéalisé – c’est la forme d’amour que les grecs appellent philia. Richard Idemon l’associe au Lion qui est le premier des signes dits « sociaux ». Le Lion est excité de découvrir l’existence d’autres personnes dans le monde qui seraient à la fois ses complices, ses sources d’inspiration et ses admirateurs 🙂

La philia est ainsi la forme d’amour qui se rapproche le plus de l’amitié. Idemon trouve que le signe du Lion est davantage concerné par l’amitié que le signe du Verseau: « La philia du Lion implique de trouver une personne particulière qui emplit votre cœur d’amour. » Je trouve que c’est assez juste, avec toutefois une précision. Personnellement, je pense que le Lion devrait être associé aux vraies amitiés proches – à nos meilleurs amis – et le Verseau, plutôt aux « potes » et aux « copains » avec lesquels nous entretenons des relations plus superficielles, ce qui n’empêche pas à ces relations d’être agréables.

Le Lion est relié à la maison V qui est celle de l’image de soi, des jeux, des plaisirs, des enfants, de la joie que l’on éprouve en s’amusant et en partageant des activités qui nous enthousiasment. La maison V est celle des relations basées sur des affinités, sur des idées et des passions communes partagées, elle est expérimentation joyeuse et plaisir d’exister tel que l’on est et de se voir exister dans les yeux de l’autre en étant pleinement accepté pour ce que l’on est. Le Soleil qui gouverne le Lion est le symbole de l’individualité qui cherche à s’exprimer de façon créative et joyeuse. C’est précisément ce que les vrais amitiés encouragent en nous.

On dit en général que les vrais bons amis on les compte sur les doigts d’une main. C’est parce que les amitiés de ce type ne se font pas avec tout le monde. Ce sont des rencontres spéciales que l’on peut faire à certaines étapes de notre vie et qui sont aussi rares qu’évidentes. De par mon expérience, je dirais que ce genre d’amis s’avèrent presque toujours être des âmes sœurs. Quand on les rencontre on se sent immédiatement à l’aise et « chez soi » – comme si on les connaissait depuis longtemps déjà.

Au fur et à mesure qu’on se découvre, on se rendra compte qu’on partage des tas de choses en commun et que nos esprits se complètent et se stimulent d’une manière subtile et indéniable. C’est le genre de lien qui est profondément nourrissant et qui élève nos vibrations. On est ensemble par affinités et par plaisir. Quand on se voit ou que l’on communique, ça nous donne un coup de booste, ça nous procure de la joie de vivre, ça nous motive.

l’inspiration solaire et l’harmonie entre la TÊTE et le CŒUR

Si l’on peut dire que l’amour du Taureau est un amour « terre », on peut considérer que l’amour du Lion est un amour « feu ». Le feu est l’élément lié à l’inspiration. Nous sommes inspiré en étant avec l’autre – notre ami -, et nous exprimons nos plus belles qualités. Mieux encore, nourris par ce lien de partage et de complicité, nous évoluons vers la meilleure version de nous-mêmes, nous sommes encouragés à développer notre potentiel créatif, à découvrir qui nous sommes et de quoi nous sommes capables. Nous repoussons nos limites et nous évoluons – n’est-ce pas là une belle manifestation du véritable amour!

La pulsion créatrice du Lion nous donne un sentiment d’euphorie, encore plus quand elle est partagée. Le signe du Lion est associé au chakra du cœur – nous sommes reliés avec nos vrais amis autant par la tête que par le cœur. Plus encore, le fait de nous relier si authentiquement à nos amis nous permet de mieux nous relier à nous-même, à notre propre cœur et à notre propre essence lumineuse.

C’est d’ailleurs ce que l’on observe dans l’arcane du Soleil dans le Tarot de Marseille. Les deux personnages illuminés par un énorme soleil pourraient être deux âmes soeurs. Leur lien se fait d’un côté au niveau de la tête (bien que parfois je pense que cela pourrait être la glande pinéale aussi) et de l’autre, au niveau du plexus solaire – le chakra du cœur. Les deux personnages se touchent: quand nous éprouvons une profonde affection pour quelqu’un, nous avons tendance à vouloir le prendre dans nos bras. Richard Idemon affirme que épithumia et philia sont étroitement liées et que, si l’amitié n’inclut pas forcément la sexualité, elle comporte tout de même une dimension épithumia: la possibilité d’étreindre et d’embrasser nos amis pour leur exprimer notre affection. Comme nous le faisons d’ailleurs avec les membres de notre famille.

La symbolique du personnage « tête » qui touche avec sa main l’autre personnage au niveau du cœur me fait penser précisément au fait que notre ami proche nous permet de nous ouvrir davantage au niveau de notre cœur et de nous y relier. Dans l’autre sens, nous l’incitons à mieux clarifier ses idées et avoir de formidables prises de conscience. Et vice-versa, car l’échange d’énergie intellectuelle, émotionnelle et créatrice se fait continuellement dans les deux sens. Du moins, c’est de cette façon que je le vis – au présent -, mais c’est aussi de cette façon que j’ai pu le vivre par le passé, avec les amis que j’ai pu avoir dans mes jeunes années.

L’amitié est en ce sens pour moi une forme d’amour dans une de ses plus belles expressions et qui n’a rien à « envier » aux autres formes d’amour et aux autres formes de relation. Elle aurait même à se faire envier quelque chose car de nombreux couples aspireraient à ce genre de complicité qui, paradoxalement, est beaucoup moins évidente entre deux conjoints. (On en parlera dans un prochain article quand on abordera les autres formes d’amour d’après les Grecs.)

Je me rappelle de ma première meilleure amie au lycée qui était aussi une âme sœur, des plus belles. Nous étions constamment en train de traîner ensemble à l’école, à passer des heures à discuter autour de nos passions communes (et moins communes), à énormément rigoler, à apprendre, à créer (nous faisions des écrits à deux mains absolument fabuleux), à sécher les cours ensemble (aussi 🙂 ), à nous soutenir dans toutes nos joies et toutes nos peines, à partager presque tout. Et parfois nous avions des conflits, même si c’était rare.

En parlant de partager presque tout, je n’oublierai jamais le jour où un garçon avec qui j’avais auparavant flirté avait voulu sortir avec elle et qu’elle me croyait jalouse (peut-être que je l’étais un peu). Elle était amoureuse de ce garçon mais elle m’a écrit une lettre dans laquelle elle me disait que si sortir avec ce garçon devait lui faire perdre son amitié avec moi, elle renoncerait au garçon en question pour préserver notre amitié car j’étais sa meilleure amie et que c’était pour elle de loin plus précieux qu’un garçon « parmi d’autres ».
À partir de là j’ai vraiment réalisé à quel point l’amitié pouvait être précieuse.

Les vrais amis, c’est beau, c’est précieux, ça rend la vie belle et pleine de sens – en tout cas pour moi. Merci la Vie de me faire le cadeau d’avoir ce genre d’amis! Je vous aime! Pas comme j’aime le chocolat, hein 🙂 Relisez donc l’article, si besoin (vu que je ne sais faire ni court ni simple)!

PS: Pour ceux qui ne se sont pas explicitement trouvés sur les photos, j’espère qu’ils se reconnaîtront malgré tout 😉

À très vite!

Que pensez-vous de tout ça?