
Je sais, j’en parle souvent ici: j’évoque régulièrement l’éternelle question de l’amour et de la relation. C’est un sujet qui est pour moi inépuisable, tellement il est vaste et multidimensionnel, et je trouve que son importance est juste primordiale dans notre existence.
Une des dernières vidéos d’Adélina Dimitrova m’a de ce fait inspiré ce nouvel article, qui se veut être plus un « rappel du mode d’emploi » d’une relation basée sur l’amour véritable qu’une énième réflexion spirito-philosophique sur le sujet. Bien que je ne puisse pas me passer d’un peu (trop) de réflexion. Je ne promets donc pas de ne pas trop m’étaler sur le sujet!
le courage en action

Comme on l’a vu précédemment et à plusieurs reprises, l’amour n’est pas un sentiment, il est courage et action. Je dirais même qu’il est le courage en action. Car il en faut du courage pour sortir de soi-même et rejoindre une autre personne que soi. Et plus on est vulnérable et que l’on se sent paralysé par la peur de le faire, plus grand est notre courage quand en fin de compte nous décidons d’agir motivés par l’amour que nous portons à quelqu’un.
S’aventurer une première fois hors de sa zone de confort et de son territoire de base est dangereux. Mais en sortir tous les jours jusqu’à ce que cela devienne notre nouveau territoire implique de prendre le risque de modifier notre existence pour de bon, sans retour possible en arrière. En voilà un vrai gros risque – que la plupart des gens ne se résoudront jamais à prendre.
La plupart vont s’arrêter au tout début, dès que les premiers grands obstacles apparaissent, terrifiés par l’inconfort que ça génère, découragés par l’ampleur de la tâche. C’est trop dangereux et il n’y a pas de filet de sécurité. Seul un être rempli de force, de courage et de confiance est capable de sauter le pas. Un être chez qui l’amour est plus fort que la peur.
C’est pour cela que Osho dit que le véritable amour est quelque chose de très rare. Pour savoir aimer, il ne faut pas se laisser régir par la peur. Si notre peur est plus forte que notre amour, alors nous n’avons pas encore appris à aimer véritablement. L’amour véritable est l’amour mature, l’amour adulte, l’amour qui cherche plus à donner, à libérer et à révéler qu’à prendre, à accaparer et à réduire. Et cet amour-là nous demande de travailler notre courage. Tous les jours.
Encore une fois, rappelons-nous que le courage n’est pas l’absence de peur, c’est la volonté d’agir malgré la peur car nous sommes motivés par quelque chose qui peut neutraliser la peur et à terme, la vaincre. Cela n’arrive pas par miracle, on est toujours obligé de lutter contre nos démons et de faire ce choix en conscience, à chaque instant: amour ou peur.
Le véritable amour ne nous demande pas de nous sacrifier, il demande de nous dépasser: l’un n’a rien à voir avec l’autre. Dans le sacrifice on se rétrécit jusqu’à se refuser d’exister, dans le dépassement de soi, on grandit jusqu’à exister davantage.
Dans une relation basée sur le véritable amour on ne peut pas devenir autre chose que nous-même. Chacun des partenaires étant là pour aider l’autre à mieux voir qui il est et à devenir davantage lui-même. Parfois cela se fait dans la douleur et à notre insu, mais qu’importe: douleur ou extase, notre inconscient cherchera sans cesse à nous révéler à nous-mêmes.
Le courage envers l’autre implique le courage envers soi. Pourquoi? Parce que conquérir notre autonomie psychique, devenir qui nous sommes vraiment passe par la confrontation avec l’autre. Cela passe par le fait de reconnaître nos désirs, besoins et vulnérabilités, et de les exprimer, même si nous avons peur de perdre l’amour de l’autre ou son approbation. Cela passe par le risque d’exister devant l’autre tels que nous sommes.
Si l’autre est absent ou n’existe pas, ou s’il ne compte pas pour nous, nous ne prenons aucun risque. Il est beaucoup plus facile d’être nous-mêmes quand nous sommes seuls et que personne ne nous dérange, ou quand nous sommes face à quelqu’un qui n’est pas très important pour nous et dont la présence (de même que l’absence) nous indiffère.
la vraie LIBERTÉ : assumer qui on est dans la relation

Le vrai challenge – le seul qui encourage notre évolution et nous permet de grandir – consiste donc à être nous-mêmes en présence de l’autre, dans la relation à l’autre, avec tous les risques que cela comporte. Si l’on évite les relations pour être libres, nous ne sommes pas libres. Nous sommes libres quand nous pouvons nous permettre d’exister pleinement au sein de nos relations, quand nous nous positionnons face à l’autre, quand nous faisons des choix en fonction de qui nous sommes réellement et assumons pleinement ces choix. Et, je vous l’accorde, c’est difficile pour la plupart d’entre nous.
Il est donc normal que nous échouions aussi souvent et que nous soyons obligés de recommencer l’exercice – avec le même partenaire, ou avec un partenaire différent. Peu importe le partenaire que nous aurons choisi, il va refléter ces parties de nous qui ont besoin de grandir: d’être reconnues, soignées et libérées, pour que nous puissions (re)devenir entiers.
Une chose est pourtant sûre: nous n’allons pas beaucoup grandir en restant seuls dans notre coin. Qu’on le veuille ou non, l’autre est là pour participer à notre évolution, tout comme nous sommes là pour participer à la sienne. Nous avons le choix, bien sûr et nous pouvons décider de maintenir l’autre à l’écart, décider de ne pas (ou plus) prendre le risque de nous approcher trop près de quelqu’un. Soit.
Nous aurons fait le choix de nous figer – car c’est ce qui arrive quand on bloque notre évolution -, de rester dans l’ignorance (ou le déni) de qui nous sommes vraiment et au final, de ne pas devenir pleinement nous-même. Certes, nous ne serons pas dérangés. Mais nous nous priverons du sens même de l’existence (ah bon, elle a trouvé enfin le sens de l’existence!), qui est d’évoluer à travers nos relations – ou à travers nos interactions avec un autre que soi, si vous préférez.
Evoluer veut dire ni plus ni moins, prendre conscience de qui nous sommes et exprimer pleinement tout notre potentiel. Mais comment je peux me voir si je n’ai pas de miroir? Comment pourrais-je prendre conscience de ce que je dois travailler en moi si personne n’est là pour refléter les parties de moi qui restent tapies dans l’ombre? Autrement, pourquoi on irait voir des psys? Si on pouvait se « psychanalyser soi-même » on n’irait pas voir quelqu’un pour lui demander de nous aider à mieux travailler sur nous.
Seulement, je vous assure (ne me croyez pas sur parole, mais expérimentez-le!), même le travail avec le meilleur psy du monde ne vaut pas la vitesse et la profondeur du travail accompli au sein d’une relation proche vécue avec courage et en conscience. Les mots-clés sont: courage et conscience! Prendre conscience de ce qui se joue au sein de nos relations, avoir le courage de travailler avec notre partenaire, tous les jours. Notre partenaire de vie est en effet notre meilleur « support de travail » pour notre évolution spirituelle et psychique. Le rôle du psy est simplement de nous aider à mettre de la conscience dans tout cela.
nuancer le RÔLE du psy (et de tout autre THÉRAPEUTe)

Donc, idéalement, pour évoluer à la vitesse « grand V », allez voir un psy – ou un thérapeute de ce genre – et prenez parallèlement le risque d’être en relation. Une relation basée sur l’amour véritable. L’amour véritable est le carburant par excellence de toute transformation en profondeur, c’est le terreau qui nourrit toute évolution. Sans cela, j’ai bien peur que rien de bien constructif ne se passe.
La plupart du temps, le psy va nous permettre de trouver le courage en nous pour nous ouvrir à quelqu’un d’autre, pour entrer en relation, pour permettre à l’énergie de l’amour de circuler. Et parfois, pour quitter une relation où l’amour est absent ou que son énergie ne circule pas ou plus, malgré tous nos efforts. L’énergie de l’amour est précieuse et ce serait dommage de l’investir au mauvais endroit. Quand on plante des graines dans un terreau non fertile, cela nous fait gaspiller à la fois et les graines et notre énergie: on arrose, on désherbe, on s’en occupe, pour qu’au final rien ne pousse.
Tout cela pour dire que dans la vraie connaissance de soi le psy ne joue pas un rôle aussi central que ce que nous sommes habitués à croire. Le psy ou tout autre thérapeute – y compris l’astrologue. Le psy va créer un cadre privilégié qui facilitera l’exploration de soi – ou plutôt la digestion de ce que vous allez découvrir sur vous-même. Le psy va vous guider, il va en quelque sorte superviser le processus.
Dans le Tarot il y a une carte qui correspond à ce rôle: c’est le Pape ou l’Hiérophante (ici, dans le tarot des Runes). Et ce qui est intéressant dans cette même carte est qu’en face de l’Hiérophante se tiennent deux personnages – qui sont venus le consulter, qui lui demandent de les guider, de les superviser en quelque sorte.
Le Pape représente le guide – la présence bienveillante et l’autorité « sachante », mais qui participe du cadre. Il ne fait donc pas le travail à notre place (ce n’est pas un scoop, tous les psys vous diront la même chose: c’est vous qui faites le travail). Il encadre le processus mais ce sont les personnages qui se tiennent devant lui qui font tout le boulot. Après tout, cela les concerne bien plus!
Le plus gros travail s’effectue donc en dehors du cabinet du thérapeute: quand on rentre à la maison, auprès des personnes que nous aimons et avec qui nous sommes en relation proche tous les jours. Pas quand on s’exile en haut d’une montagne, ou dans le désert, ou au fin fond de la forêt Amazonienne. L’introspection peut être très utile. Elle fait partie intégrante du processus. Mais elle ne nous fait pas sauter l’étape de la confrontation avec l’autre, de la coexistence, de l’apprentissage du lien, de la connaissance de qui nous sommes à travers la relation. Et c’est tant mieux! Cela rend le jeu – et le je – beaucoup plus riche et intéressant. Notamment à travers le « jeu » du transfert affectif.
un autre point de vue sur le TRANSFERT

Le transfert est l’un des concepts majeurs de la psychanalyse, inventé par le neurologue hongrois Sándor Ferenczi et théorisé par « le père de la psychanalyse » Sigmund Freud. Le transfert était pour Freud un phénomène où le patient reproduisait avec le psychanalyste des aspects de la relation vécue durant l’enfance avec l’un des parents. Au départ, Freud pensait que le transfert ne pouvait se manifester que dans le cadre de la cure psychanalytique – et donc uniquement avec le psychanalyste.
Par la suite, il est apparu cependant que ce phénomène pouvait également se manifester dans de nombreuses relations importantes, notamment dans les relations asymétriques où le pouvoir est réparti de façon très inégale entre les interlocuteurs. Ce genre de rapports pouvaient donc amener une personne à vivre parfois des émotions semblables à celles éprouvées envers ses parents – ou figures parentales – durant l’enfance.
Malgré ces découvertes, les écoles classiques de psychologie (principalement européennes) sont restées relativement conservatrices sur le sujet et ont tout de même préféré garder le transfert à l’intérieur du cabinet psy – lui réservant de cette façon ce qu’ils appellent « un cadre privilégié ». Sauf que la vraie vie se passe en dehors du cabinet – que ce soit celui du psy ou de n’importe quel autre thérapeute. Et le transfert est lui aussi une affaire de notre vie de tous les jours. C’est en tout cas qu’avancent certains psychologues (canadiens, en l’occurrence) et j’ai plutôt tendance à être d’accord avec eux.
J’ouvre une petite parenthèse pour dire que d’après mon observation, les écoles canadiennes de psychologie ont souvent « une longueur d’avance » sur le programme plus classique et immuable des universités européennes qui vouent une éternelle fidélité à « papa Freud ». Les psychologues canadiens semblent plus ouverts à l’évolution de leurs disciplines et métiers et proposent des approches intéressantes et parfois même révolutionnaires dans le travail sur soi, notamment en ce qui concerne la communication interpersonnelle et les relations affectives.
D’autant plus que, le domaine de la psychologie n’étant pas aussi cloisonné qu’en France par exemple (où chacun se méfie des idées de ses confrères et érige les siennes en culte), les thérapeutes issus d’autres domaines que la psychologie s’inscrivent parfaitement bien dans le paysage des « disciplines psy » qui favorisent la connaissance de soi et l’évolution de l’individu.
De plus, je trouve que les psy canadiens ont moins tendance à « prendre la grosse tête » en comparaison avec leurs confrères européens, et ils rendent accessible au large public des notions souvent complexes pour ceux qui n’ont jamais fait d’études en psychologie. Tout cela n’est bien évidemment que mon avis et n’a pas pour but de critiquer les programmes de formation dans les écoles des uns et des autres.
Car, même les thérapeutes ayant reçu des bases théoriques très classiques dans leur formation, peuvent les adapter à leur pratique de façon créative en faisant quelque chose de vivant qui évolue avec son temps. Il se trouve que j’ai observé souvent les psy canadiens le faire, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont les seuls.
Seulement, les psys européens se heurtent souvent aux préjugés d’un conservatisme qui reste encore assez présent dans leurs milieux professionnels. Ils sont parfois même obligés de s’exiler pour pouvoir créer quelque chose de différent et être appréciés pour le souffle nouveau qu’ils insuffleraient à de vieux concepts poussiéreux.
le transfert affectif: LÀ où lE vrai travail commence

Ainsi, dans son excellent livre Le défi des relations, la psychologue québécoise Michelle Larivey présente une approche assez originale du transfert affectif. Elle affirme que le transfert se manifeste dans la grande majorité de nos relations importantes. Il se manifeste donc chaque fois qu’une personne accorde une grande importance à une autre. Pourquoi?
Dans une telle relation, nous investissons l’autre d’un pouvoir réel sur notre vie: l’autre peut devenir ainsi un obstacle infranchissable ou un moyen de satisfaction de nos besoins. Cette perception est le reflet de la relation que nous avons eue par le passé avec l’un de nos parents.
De ce fait, le transfert est un phénomène qui est présent un peu partout dans notre vie et se manifeste dans la plupart des relations avec notre entourage. Nous établissions un lien transférentiel avec la majorité des personnes à qui nous accordons de l’importance, dans nos relations amoureuses, familiales ou sociales.
Qu’ils soient canadiens ou européens, la plupart des psychothérapeutes estiment cependant que le transfert reste un phénomène complexe qui ne peut être abordé de façon satisfaisante que dans un cadre thérapeutique, qu’il ne peut être résolu sans l’aide d’un spécialiste. Ce n’est qu’en partie vrai.
D’après Michelle Larivey, chacun de nous peut résoudre ses transferts affectifs au sein même de la relation où ils se produisent, dans la vie réelle de l’individu. Pour elle, loin d’être un mécanisme défensif, le transfert est au contraire, un effort de croissance de l’être, « un défi que nous tend la vie de vivre ouvertement ce que nous sommes et ce que nous éprouvons ».
Le transfert génère certes de la souffrance lorsqu’il se produit (inévitablement) au sein des relations, mais il peut également aboutir à des joies authentiques et à une plus grande liberté lorsque nous parvenons à le résoudre. Le défi est donc de taille mais c’est un excellent « support » de travail sur soi qui renferme de véritables trésors.
Pour réussir ce processus qui n’est absolument pas facile, il faut surtout avoir le courage d’assumer le travail que cela implique – avec sa grosse partie de risque – et idéalement, d’avoir le soutien du partenaire impliqué dans le transfert.
Le partenaire doit être donc suffisamment évolué et conscient pour accepter de participer à ce travail, ce qu’il ne peut faire que s’il est motivé par le véritable amour. Le soutien du thérapeute peut être une aide précieuse dans ce processus, il est donc fortement recommandé d’y avoir recours, comme j’ai dit plus haut.
« Sans changer le passé, il est possible de modifier la façon dont il s’est inscrit en nous et dont il se manifeste dans nos expériences actuelles de vie. En changeant la manière dont nous assumons ce que nous sommes au sein d’une relation transférentielle, nous devenons réellement différent et nous transcendons les limites que nous avons héritées de l’enfance. »
(Michelle Larivey)
aimer, tous les jours, sans exception

J’ai évoqué au tout début la vidéo d’Adélina Dimitrova qui m’a inspiré l’écriture de cet article et je réalise que je n’ai toujours pas énoncé la première idée qu’elle m’a inspirée – ce fameux « mode d’emploi » que je vous ai promis en introduction. Il est très simple mais ce sont parfois les choses les plus simples qui nous font lamentablement échouer à la fin.
Parce que leur simplicité apparente nous fait croire qu’elles vont « se faire toutes seules », qu’elles n’ont pas besoin qu’on leur prête autant d’attention, qu’on peut allégrement les négliger. Pourtant, ne dit-on pas qu’en soignant les petits détails on parvient à mieux atteindre nos grands objectifs?
Tout ce que j’ai dit plus haut reste bien évidemment valable car nous ne nous mettons jamais avec quelqu’un par hasard. Mais nous pouvons choisir de rester ou non avec cette personne. Et si nous faisons le choix de rester et d’évoluer à ses côtés, de travailler pour résoudre nos transferts affectifs en conscience, eh bien, nous aurons besoin de prendre soin de notre « espace de travail » qu’est la relation, de prendre soin de notre partenaire, du mieux que l’on peut.
Pour qu’une relation puisse nous apporter tous ses bénéfices, nous devons l’aider à rester saine et vivante. Comment? En manifestant notre amour et notre engagement envers l’autre quotidiennement.
L’amour est un verbe. Il ne suffit pas de faire savoir à quelqu’un que nous l’aimons « une bonne fois pour toutes », il est nécessaire de le lui rappeler et surtout, de lui montrer cet amour par nos actions. Il faut le lui montrer tous les jours, sans exception. « Car les gens ont tendance à l’oublier », comme le dit si bien Adélina Dimitrova. Pour faire cela, il suffit de découvrir ce qui rend notre partenaire heureux et de faire des actions concrètes et renouvelées dans ce sens.
Et – chose très importante – il faut savoir que les petits gestes concrets et réguliers comptent plus que les gestes grandioses que l’on pourrait faire uniquement de temps en temps – aussi spectaculaires soient-ils. La constance et la cohérence est ce qui permet de construire une bonne base pour une relation et lui permet de résister aux épreuves qui, inévitablement se dresseront sur son chemin.
Ce socle est nécessaire si l’on veut accéder par la suite à la connaissance de qui nous sommes et à notre épanouissement. Le jardinier qui aime son jardin connaît l’importance des gestes réguliers pour que son jardin soit beau et fleuri. Il ne va pas s’occuper de ses fleurs que de temps en temps, sous peine d’obtenir un résultat médiocre. De même, si nous nous occupons de nos enfants que de temps en temps, ils ne grandirons pas dans des conditions optimales.
Pourquoi alors penser qu’il en devrait être autrement des relations affectives? Si l’on ne s’en occupe pas, elle ne vont pas s’épanouir d’elles-mêmes. Si on les néglige, qu’on les maltraite et qu’on est réticent à y investir du temps et de l’énergie, il n’y aura pas de résultat positif. Une relation s’entretient tous les jours, avec patience, constance et cohérence – je rejoins ici parfaitement Adélina.
Non, votre partenaire n’a pas besoin que vous vous jetiez dans les flammes de l’enfer pour lui, que vous partiez chasser un dragon ou que vous lui fassiez des déclaration depuis un avion dans le ciel qui va écrire son prénom avec des petits cœurs roses. Ce sont encore les films Disney qui nous font rêver de ce genre de gestes grandioses et la plupart du temps inutiles.
Certes, cela peut être très romantique. Mais une fois que vous avez fait ça, vous faites quoi le reste de l’année? Vous évitez votre partenaire car il y a toujours plus urgent et plus important? Ou par peur de vous y confronter et de « grandir »? Vous l’évitez d’autant plus qu’inconsciemment il vous fait penser à votre père ou à votre mère. Ou alors vous vous acharnez contre lui – avec ou sans raison « valable ».
Puis vous culpabilisez et vous vous rattrapez le jour de la Saint Valentin: c’est peut-être le seul moment de l’année où certains vont penser à faire un geste envers l’autre, mais ce n’est pas ce geste-là qui va porter la relation les 364 jours restants. Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.
Le psychologue russe Mikhail Labkovsky estime que nous ne pouvons pas tomber amoureux de quelqu’un qui ne nous rappelle en rien notre père ou notre mère. Intéressant, non? C’est peut-être la raison pour laquelle tant de personnes sont en guerre ouverte avec leur conjoint: dans leur inconscient ils sont en guerre avec papa ou maman.
Le plus triste est qu’on peut passer notre vie à ne pas nous en rendre compte en reprochant à notre partenaire tout ce que nos parents nous ont fait. Comble de l’ironie! Comme le dit Michelle Larivey dans son livre, il y a des couples âgés qui s’adressent encore les mêmes reproches que durant leurs premières années de mariage. C’est ce qui arrive quand on n’a pas résolu nos transferts affectifs.
Ce sujet me paraît tellement intéressant et important que je compte faire une suite de cet article avec les détails des enjeux et du processus de résolution des transferts affectifs dont parle Michelle Larivey dans son livre.
En attendant, je précise que tout cela n’est que mon point de vue subjectif et que l’importance que j’accorde aux relations n’est pas sans lien avec les données de mon thème de naissance: une maison VII très habitée, notamment par la Lune qui s’avère aussi être aussi mon maître de VII (avis aux astrologues).
Alors, si pour vous les relations affectives ne comptent pas autant, ne vous forcez pas à en avoir une à tout prix car la vie est censée être un jeu avant tout. Mais gardez simplement à l’esprit que nos plus grandes peurs peuvent renfermer nos plus grands trésors. Et que l’exercice le plus difficile (et probablement le plus important de toute une vie) pour un être humain est de se connaître lui-même!

Puisque « courage » tient son étymologie de « cœur », parions qu’un manque d’entrain pour l’aventure du couple révèle un tempérament « timoré », en manque d’audace et d’assurance. Est-ce qu’un psy, Pape V du Tarot (papa) selon ton hypothèse, qu’il soit homme ou femme, peut se présenter en initiateur, en enseignant encourageant à tenter le Diable XV ? Certains psy endosseront peut-être ce rôle. Selon la suite de cartes, je vois plutôt l’Amoureux VI jouer (joyeusement) ce rôle dans nos existences. Où se situe le choix conscient en début de relation amoureuse ? N’embarquons-nous pas surtout notre jeune désir dans le Chariot VII guidé par les hormones ?
En effet, le mot « courage » vient de « cœur », merci pour le rappel! Je pense qu’on se retrouve à manquer de courage quand on est déconnecté de son cœur. Le « tempérament timoré » peut être en effet quelqu’un qui est déconnecté de son cœur pour diverses raisons. Et qui se laisse dominer par la peur. Le Pape dans ce cas peut aider à rétablir la connexion avec son cœur – le 5 est une énergie instable de transition où l’on ne reste pas éternellement. A une petite condition toutefois: que le Pape soit lui-même connecté à son propre cœur, ce qui suppose, comme le disait Reynald Halloy, qu’il ait préalablement fait la paix avec son propre Diable. Le Pape aide à ouvrir le passage, c’est un pont. Il « tente le Diable » en nous pour l’encourager à se montrer à la lumière du jour et à nous faire prendre conscience que ce Diable ne nous connecte pas au bon endroit: ce n’est pas le chakra du cœur qui en est concerné, mais les chakras inférieurs. Justement, ceux qui gouvernent (aussi) nos hormones 🙂 Et « passion » vient de « patio » qui veut dire « souffrance ». Le Diable nous enchaîne – y compris à notre passé, à notre histoire familiale, il ne nous laisse pas le choix (ou plutôt il nous laisse penser que nous n’avons pas le choix). On pourrait croire que l’ange dans la carte de l’Amoureux (VI) veut nous « aider » à faire un choix en nous transperçant de sa flèche mais au départ ce choix est inconscient, ce n’est donc pas un véritable choix. Il nous donne l’illusion de choisir le cœur, mais nous regardons toujours un peu en arrière, prêts à regagner les « jupons de maman » et à choisir la sécurité de la raison si notre « Amoureux.se » venait à nous décevoir. En passant par l’étape du Chariot (VII) – où nous sommes un peu (trop) aveuglés par la passion et avançons sans vraiment savoir où nous allons – nous arriverons au bout d’un moment à l’étape de la Justice (VIII) qui nous obligera à (re)devenir lucides et à prendre conscience de la réalité telle qu’elle est. Avec la crise inévitable qui s’en suit (l’arcane IX de l’Ermite). Et qui aboutit sur un nouveau cycle – la X (Roue de la fortune) – qui peut aussi bien être une fin qu’un nouveau départ, et nous insuffler une nouvelle Force (la XI) car nous aurons surmonté les épreuves des étapes précédentes… Le Tarot est passionnant, merci de m’avoir inspiré cette réflexion! Je m’oblige à m’arrêter là pour pas que ça se transforme en un nouvel article 😉