LES VERTUS DE LA MICROKINÉSITHÉRAPIE (PARTIE 1)

Connaissez-vous la microkinésithérapie? Quand je tape ce mot dans le moteur de recherche, au-delà des premiers résultats (très peu nombreux) sur la ville qui m’intéresse (Toulouse, en l’occurrence), on me propose essentiellement des kinésithérapeutes. Google lui-même ne connait visiblement pas trop cette spécialité et la confond avec la kinésithérapie. Normal, puisque le nom porte à confusion.
Une ancienne collègue de travail m’en avait parlé il y a quelques années, mais à l’époque je n’y avais pas prêté tellement attention car pareil, j’avais l’impression que ce n’était pas très différent de la kinésithérapie.
Or, cela n’a strictement rien à voir. Mais alors, rien du tout! Cela fait partie des disciplines dites « alternatives », bien que la formation ne soit accessible qu’aux professionnels de santé paramédicaux, aux ostéopathes et aux médecins.
Le plus souvent la mikrokinésithérapie vient en complément à l’exercice d’une autre spécialité plus « classique » -ostéopathie par exemple -, et rares sont ceux qui exercent uniquement en tant que mikrokiné. Peut-être parce que cette pratique est mal connue et encore très confondue avec la kinésithérapie et que surtout, on n’en soupçonne pas vraiment les bienfaits! Or, ils sont juste énormes!
Qu’est-ce que la microkinésithérapie au juste? J’ai la flemme de l’expliquer par moi-même, alors je vous cite la définition empruntée sur un site internet: « La microkinésithérapie est une technique de rééducation fonctionnelle encore méconnue du grand public. Elle a pour but de soulager les traumatismes physiques et émotionnels en stimulant les capacités d’autoréparation de notre corps » (source: Santemagazine.fr).
Je n’ai eu l’occasion de tester qu’une seule microkinésithérapeute dans la région, alors je ne sais pas si tous font la même chose ou si la mienne est vraiment à part. Mais c’est une vraie magicienne, et je n’exagère pas en disant ça! Je vais m’expliquer, ne vous inquiétez pas 🙂
Par où commencer? Par le commencement.

Depuis plusieurs années je souffrais de problèmes aux articulations de la mâchoire, d’un syndrome mal connu lui aussi, même par certains spécialistes – le SADAM, ou syndrome de Costen. Je ne vais pas trop rentrer dans les détails ici et de toute façon ce n’est pas très passionnant à raconter – vous pouvez toujours faire une recherche sur internet. Je dirais juste que j’avais essayé diverses techniques au fil des années, mais rien qui réussisse à me soulager durablement jusqu’à présent.
Les crises sont corrélées aux périodes de stress, en particulier à des situations impliquant un fort vécu émotionnel. Dans mon cas j’en avais trouvé l’origine il y a quelques années lors d’une séance de kinésiologie – des origines qui remontaient au début de mon adolescence -, mais cela n’avait pas suffi à débloquer durablement le problème, qui a continué à évoluer lentement avec « l’âge ».
Donc, crise de vie sur crise de vie – les crises étant inévitables -, à chaque période de transition le problème revenait encore plus fort. Dernièrement, suite à une séparation plutôt chaotique et douloureuse – qui a trainé dans le temps – cela n’arrêtait pas de revenir et de me faire souffrir. Jusqu’en décembre l’année dernière où j’ai fait une rencontre avec quelqu’un qui m’a parlé des effets de la mikrokinésithérapie.
Je pense qu’à ce moment-là j’étais enfin prête à recevoir l’info car, n’en pouvant plus de souffrir, je n’ai pas tardé à trouver l’une des rares microkinés basées dans la région toulousaine – précisément sur la commune d’Escalquens. C’était Amélie Gicquel et les commentaires sur sa pratique étaient très bons. Il n’en restait plus qu’à me faire ma propre opinion sur le sujet.
Déjà, elle est très sympa, agréable et bienveillante, ce qui n’enlève rien aux bienfaits de ses séances. En même temps, cela devrait être la posture de tout thérapeute digne de ce nom, d’après moi.
Je ne saurais absolument pas dire ce qu’elle fait exactement et comment elle le fait. De l’extérieur cela me fait penser un peu à la kinésiologie car il y a une lecture des mémoires du corps – mais apparemment cela n’a rien à voir avec la kinésiologie.
Je reste habillée, allongée sur une table de massage, elle discute avec moi en tâtant principalement mon bras et un petit peu d’autres parties de mon corps, en fonction du problème dont le corps l’informe. Car il y a mon discours et puis, le « discours » de mon corps! Et cela peut raconter des choses différentes mais complémentaires.
Dans le cabinet il y a un tableau des circuits énergétiques du corps, comme en médecine chinoise (la kinésiologie l’utilise aussi). On peut remonter lors d’une séance jusqu’à la vie fœtale. Le blocage peut se situer néanmoins à n’importe quel moment de notre vie. Dans mon cas, elle m’a cité l’année 1983. C’est moi qui ai fait le rapport par la suite, bien qu’apparemment la compréhension intellectuelle ne soit absolument pas nécessaire à la réparation.

A l’âge de 5 ans lors d’un séjour à l’hôpital qui ne s’était pas très bien passé, j’avais vécu un traumatisme d’abandon. Tellement fort que cela a trainé durant toute ma vie d’adulte et chaque nouvelle menace d’abandon réactualisait ce trauma. La première réactualisation a été au début de mon adolescence – suite à un événement traumatique suscitant encore la peur de l’abandon, j’avais commencé à avoir la mâchoire qui craque.
Mais il m’aura fallu « attendre » 2014 pour que mes vrais problèmes se déclenchent lors d’une forte crise émotionnelle qui était une réplique de la crise vécue dans mon adolescence – puisque j’avais inconsciemment reproduit la même situation que celle vécue à l’époque avec mes parents.
Le plus intéressant est que j’ai réalisé avec la mikrokinésithérapie, que ce traumatisme était à l’origine de ma dépendance affective que j’avais toujours vécue dans mes histoires d’amour. Oui, parfois c’est tout bête!
Je ne l’ai pas réalisé immédiatement car pour moi j’y suis allée pour soigner mon problème de mâchoire. Mais comme celui-ci avait un lien avec mon trauma de l’abandon, en agissant sur ce dernier cela avait déclenché aussi la guérison de ma dépendance affective – qui provenait aussi de mon trauma de l’abandon. La boucle était bouclée.
Alors, je ne saurais vous dire ce qu’Amélie a fait et comment elle a fait débloquer mes mémoires traumatiques. Mais à partir de cette première séance, quelque chose s’est libéré par rapport à ma dernière séparation.
L’envie irrépressible de revenir encore et encore dans les mêmes situations qui me faisaient souffrir depuis plusieurs années avec cette personne m’avait tout bonnement quittée. J’étais tranquille et sereine pour la première fois depuis très longtemps. J’arrivais même à me rappeler comment j’avais vécu avant de la rencontrer.
Pour la première fois j’étais capable de penser à autre chose qu’à la personne en question, à ne plus souffrir de son absence dans ma vie et à ne plus me torturer l’esprit avec des questions qui resteraient de toute évidence sans réponse.
Je n’osais pas croire que c’en était fini de ma fameuse dépendance affective! Mais cela semblait être bel et bien le cas. Quel soulagement!
Je pouvais désormais continuer à aimer cette personne de loin, sans me sentir « fatalement » attachée à elle, sans tout accepter d’elle, sans me sentir incapable de m’en éloigner (là où auparavant j’avais l’impression de mourir).
Oui, cette personne me manquait – l’amour n’a rien à voir avec la dépendance et je ne pouvais pas arrêter de l’aimer du jour au lendemain. Je ne savais même pas si je serais capable d’arrêter de l’aimer un jour.
Mais ce manque n’était plus comme le trou béant qui s’ouvrait en moi à chaque fois qu’on se séparait auparavant. Cela ne m’empêchait plus de vivre ni d’avancer, ni de m’épanouir dans ma vie, ni même d’envisager d’aimer d’autres personnes.
Puis, surtout, j’arrêtais de me battre avec des moulins à vent, de ramer à contre-courant et de m’accrocher à l’espoir que notre relation – ou absence de relation – changera un jour. J’étais enfin capable de lâcher mes illusions et de m’en tenir aux faits.
Les faits étaient très clairs: aux dernières nouvelles (ou absence de nouvelles), la personne que j’aimais n’était tout simplement pas dans ma vie (ni moi dans la sienne) et ne semblait pas vouloir ou pouvoir y être, pour des raisons qui lui appartenaient et sur lesquelles je n’avais aucun pouvoir. Raisons vraies ou raisons fausses, qu’importe.
« Entre toi et une autre personne il y a toujours précisément dix pas.
Si tu as fait cinq pas et que tu n’as rencontré personne,
fais demi-tour. »
(proverbe chinois)
Quelqu’un disait qu’entre ne pas vouloir et ne pas pouvoir il n’y a aucune différence car le résultat est le même. Je confirme. Je m’en fous de savoir que quelqu’un m’aime s’il ne trouve jamais le temps ni l’énergie de me voir, s’il ne met pas suffisamment de valeur sur qui je suis.
D’ailleurs, s’il ne trouve jamais le temps ni l’énergie de me voir, j’aurai de sérieux doutes sur son amour ou sur la façon dont il conçoit l’amour. J’aurai de sérieux doutes sur l’importance qu’il accorde à notre relation. Mais également sur l’importance qu’il s’accorde.
Bien sûr, chacun est libre de concevoir l’amour comme il l’entend, mais ce n’est clairement pas ma façon de concevoir l’amour et la relation – amoureuse comme amicale. La relation compte beaucoup pour moi et j’aime passer du temps de qualité avec les personnes que j’aime. C’est tout.
C’est important pour mon équilibre psychique et même physique, et désormais je n’ai plus très envie de faire des compromis avec les choses qui sont importantes pour moi. Pas même au nom de l’amour que je peux porter à une autre personne.
J’ai fini par comprendre que ce qui est sain quand on aime quelqu’un, c’est de toujours s’aimer un peu plus soi-même!
L’amour n’est pas une notion virtuelle, je l’ai toujours dit. L’amour est concret et se vit tous les jours. Et quand quelqu’un nous aime et nous apprécie, on le constate dans son comportement, ça devient simple et évident. Limpide même. « Trop d’effort tue l’effort. »
Comme le dit clairement Jean Laval (je ne suis pas toujours fan de ce qu’il dit mais là, c’est juste évident):
« Si une personne mettait de la valeur sur qui tu es, elle chercherait à te voir ». Je confirme, car je l’expérimente tous les jours avec les personnes que j’apprécie et qui m’apprécient.
« Quand tu veux voir quelqu’un, tu n’ESSAIES pas de le voir, tu VOIS la personne! »
Quand tu veux être avec quelqu’un tu n’ESSAIES pas d’être avec, tu ES avec. Ou pas. Être à moitié avec et à moitié sans n’a aucun sens. Amour et peur ne font pas bon ménage, l’un finit tôt ou tard par supplanter l’autre. L’absence de choix est aussi un choix car le « pas le choix » n’existe pas comme option. Pour certains c’est le drame de l’être humain, pour d’autres c’est là où réside notre plus grand pouvoir. Dans notre capacité de choisir.
J’ai enfin décidé de me réapproprier ce pouvoir. L’autre n’était pas en capacité de me choisir, très bien. Ça lui appartenait. Je n’avais aucun pouvoir sur sa décision – ou absence de décision. En revanche j’avais le pouvoir de me choisir. Et c’est ce que j’ai fait. Mieux vaut tard que jamais.
Je voyais désormais beaucoup plus clairement les choses – il m’en aura fallu du temps, mais comme m’a dit récemment une très chère amie, je ne suis pas une rapide 🙂
Je m’en voulais un peu d’y avoir cru aussi « bêtement » pendant si longtemps, et surtout, d’avoir culpabilisé en étant prête à assumer tout l’échec de cette relation. « Si seulement j’avais agi différemment, si j’étais plus « ceci » ou moins » cela », si j’étais moins moi-même et plus comme l’autre me voulait. »
Non. Stop! Trop malsain tout ça. Trop toxique. D’abord, on était deux à « tout faire foirer ». Puis, ne pas pouvoir se permettre d’être soi-même avec quelqu’un qu’on aime – car le lien est si incertain et fragile qu’il peut casser à tout moment -, ce n’est pas très épanouissant. On n’est pas venu sur terre pour marcher sur des œufs !
J’ai donc décidé de « rendre à César ce qui lui appartenait » et de ne garder que mon bout – j’ai gardé mes 50% de responsabilité et je lui ai laissé gérer ses 50% à sa guise.
N’ayez aucun doute que dans une relation les torts sont toujours partagés, et enseignez-le à vos enfants, tant que vous y êtes!
Sinon ils vont se retrouver un jour à assumer toute la responsabilité dans une relation ou bien à rejeter toute la « faute » sur l’autre. Et ni l’un ni l’autre n’est sain et réaliste.
« Il y a en chacun de nous le pire comme le meilleur », pour citer encore Christiane Singer. Et il est bon d’avoir cette équitabilité dans le rapport à l’autre, cela prémunit contre certaines dérives. Enfin, il me semble.
On a toujours notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive, et pointer systématiquement l’autre du doigt prouve seulement que nous peinons à voir cette partie de nous qui résonne avec ce que nous pointons du doigt à l’extérieur de nous. Cela s’appelle une projection.
L’autre n’a pas le pouvoir de me faire réagir d’une manière qui ne m’appartient pas, il ne peut pas faire ressortir des choses qui ne sont pas déjà en moi.
À ce propos, connaissez-vous l’histoire du café renversé?
« Vous tenez une tasse de café. Quelqu’un arrive et vous heurte et vous fait renverser votre café partout. OK ?
Pourquoi avez-vous renversé le café ?
« Eh bien parce que quelqu’un m’a poussé, bien sûr »…
Mauvaise réponse !
VOUS avez renversé le café parce qu’il y avait du café dans votre tasse.
S’il y avait eu du thé dans la tasse, vous auriez renversé du thé.
Tout ce qui se trouve à l’intérieur de la tasse, c’est cela qui va déborder.
Par conséquent, lorsque la vie se produit et vous secoue, ce qui arrive souvent, tout ce qui est à l’intérieur de vous sortira.
Nous devons donc nous demander : « Qu’y a-t-il dans ma tasse? »
À partir du moment où je conscientise enfin tout ça, je récupère ma projection et je fais le choix de rester ou de partir, en assumant pleinement ce choix: ce n’est plus la « faute » de l’autre. Il n’y a pas de « faute ». C’est une interaction et dans cette interaction il y a des énergies qui sont à l’œuvre, mais ces énergies sont en nous à la base.
Je pouvais désormais continuer ma vie avec davantage de respect pour moi-même, ne plus accepter ce qui ne me convenait pas, ne plus vivre dans l’attente de quelque chose que l’autre n’était pas prêt à me donner.
Parce que je méritais « un engagement véritable et un amour complet ». Et que désormais j’avais autre chose à faire que de mendier l’amour de quelqu’un. Je n’étais clairement plus dans cette énergie-là. Il était temps!
Je n’avais plus envie d’accepter que quelqu’un se tienne sur le pas de la porte, entre l’entrée et la sortie de ma vie, en refusant de franchir le seuil, dans un sens ou un autre. Comme disait je ne sais plus qui: « Si tu veux entrer dans ma vie, la porte est ouverte.
Si tu veux sortir de ma vie, la porte est ouverte. Juste, évite de rester devant la porte si tu as seulement l’intention de bloquer le passage. »
Alors, désormais, si quelqu’un ne me voit pas comme un cadeau et n’est pas sûr de vouloir être dans ma vie, je ne veux surtout pas le retenir. Voyez-vous, l’amour, le vrai, donne des ailes et ce n’est pas un mythe, il rend réellement motivé et courageux. On n’a pas à convaincre quelqu’un de rester dans notre vie. Si on doit le convaincre de notre valeur, alors mieux vaut lui ouvrir grand la porte et lui permettre de s’en aller. Sans colère et sans rancune.
Chacun est libre et responsable de ses propres choix. Montrer à l’autre où se situent nos limites est un acte d’amour envers nous-même. Mais aussi envers l’autre. L’amour est un don et non un commerce. Il ne se mendie pas, ne se vend pas et ne se négocie pas. Et il ne se « mérite » surtout pas!

Je ne me sentais plus responsable d’avoir « tout fait foirer » dans ma relation car ce n’était simplement pas vrai. Je n’avais pas autant de pouvoir. Sinon, j’aurais été capable de tout arranger à moi toute seule, or, l’expérience avait montré que cela n’avait pas été possible. Pout tout faire foirer dans une relation, comme pour tout arranger, on doit être – au minimum! – deux.
Ma mâchoire ne me faisait plus souffrir comme avant. Bien sûr, cet endroit de mon corps reste encore fragile, j’ai encore quelques symptômes, mais ils sont très atténués et ça n’a plus rien à voir avec ce que c’était avant.
Le plus « drôle » est que juste après je suis allée passer 1 mois chez ma mère, en plein hiver. Autant dire que c’est une vraie épreuve: quand on repart chez ses parents, surtout à l’occasion des fêtes de fin d’année, on fait une sorte de « régression » et l’on se fait assaillir par toutes sortes de fantômes de notre passé.
Eh bien, je me suis trouvée d’une sérénité que je ne me connaissais pas auparavant dans de pareilles circonstances. Quelque chose s’était également débloqué par rapport à la relation que j’avais avec ma mère. C’était magique!
Bon, l’histoire ne se termine pas vraiment là, mais je vais peut-être en garder un bout pour un prochain article. Tout ce que j’ai à dire là tout de suite est: Merci Amélie! Merci la microkiné! Merci l’Univers et la Vie ❤

