RIEN NE SE PERD

JAMAIS!

Il y a quelques jours je faisais une courte sieste en début d’après-midi. Le réveil de mon téléphone a sonné et en l’attrapant pour l’arrêter, j’ai appuyé par inadvertance sur je ne sais quel bouton qui a enclenché une recherche vocale de… chansons.

Je ne suis pas une experte des fonctionnalités Google et je ne connais ni n’utilise tout ce que les nouvelles technologies proposent. Je dois ainsi ignorer la moitié des choses que mon téléphone « sait faire ». Sans grande surprise, je ne connaissais donc pas cette fonctionnalité (de recherche de chansons).

Encore à moitié endormie, je m’en suis néanmoins tout de suite saisie pour retrouver une chanson que je cherchais depuis au moins… 30 ans! Cela faisait si longtemps que je rêvais de la retrouver qu’au fil des années j’étais prête à recommencer à la chercher à chaque instant – n’importe quand, n’importe où. Preuve que je n’avais jamais abandonné l’idée de la voir un jour ressurgir – intacte – de mon lointain passé.

C’était une chanson italienne (d’après mes souvenirs) qui passait souvent à la radio quand j’étais enfant et qu’à l’époque j’adorais. C’était ma chanson préférée de tous les temps. Durant de nombreuses années, j’avais tout essayé pour la retrouver mais, ne connaissant ni le titre ni l’interprète, je n’avais jamais réussi à mettre la main dessus jusqu’à présent.

La recherche vocale de chansons sur mon téléphone me proposait à présent de chanter ou de siffler la mélodie de la chanson inconnue. Ce que j’ai fait immédiatement. Et… quelle n’était pas ma surprise quand dans la liste des propositions que Google m’a sortie, j’ai retrouvé ma chanson « perdue ». Elle avait bel et bien un titre et le nom de l’interprète était parfaitement connu. Et c’était vraiment une chanson italienne – sicilienne, pour être exacte!

C’était un miracle! J’étais émue jusqu’aux larmes et ma joie était immense! J’ai passé le reste de la journée à la faire tourner en boucle et à la chanter, je ne m’en lassais pas et je n’en revenais pas de l’avoir retrouvée! Il en faut peu pour être heureux 🙂

Cette anecdote m’a fait penser à une « fonctionnalité »-clé de la mémoire humaine: la mémoire émotionnelle. C’est la fameuse « madeleine de Proust » que chacun de nous garde au fond de son coeur, et qui a imprimé depuis notre plus tendre enfance, à notre insu, des souvenirs auditifs, gustatifs ou olfactifs impossible à effacer. Des souvenirs qui font appel à nos sens et qui sont directement reliés à nos émotions.

A l’âge adulte, ils ressurgissent à l’écoute d’une chanson, quand on goûte un plat ou qu’on respire un parfum qui nous est instantanément familier. Cela nous ramène comme un élastique à l’époque où ce souvenir a été créé par l’émotion qui l’a imprimée en nous. Et, peu importe l’âge que nous avons, une vague de nostalgie nous envahit. Le plus souvent, cela évoque en nous un mélange de joie et de tristesse. Mais la plupart du temps, cela témoigne simplement de la beauté de l’existence.

En astrologie on associe la mémoire émotionnelle au signe du Cancer. Les personnes fortement marquée par l’énergie Cancer (en particulier ceux qui ont la Lune, le Nœud lunaire sud, et même Saturne, Vénus ou Mercure dans ce signe – en plus du Soleil) sont dans l’ensemble de très grands « nostalgiques », puisque ce qui les a touché émotionnellement dans leur enfance reste encore très présent dans leur corps émotionnel et ils sont très sensibles aux images du passé.

En parlant d’images, le Cancer est l’un des signes que l’on associe à l’image et à l’inconscient. La Lune gouvernant l’inconscient, elle est en domicile dans le signe du Cancer. Nous savons que l’inconscient ne parle pas le langage des mots et ne s’exprime pas par le biais du mental et de la logique intellectuelle, mais par celui des rêves, des images et des symboles.

Dans le Tarot de Marseille l’arcane de la Lune (XVIII) est également associé à l’image. On observe sur cette carte deux loups (ou chiens) qui s’affrontent au-dessus d’un lac – où se reflète le satellite nocturne. (A propos des loups sur la carte, j’ai déjà écrit un article sur la bataille des deux egos-loups.) Il m’est déjà arrivé de sortir cette carte le jour où j’avais à réaliser par exemple un examen par imagerie (comme une échographie).

L’arcane de la Lune, tout comme le signe du Cancer nous parle d’inconscient, d’émotionnel, de féminité, d’intuition. De quelque chose qui nous rattache au passé par le biais de notre mémoire émotionnelle. Mémoire qui est présente en chacun de nous, mais à laquelle les personne marquées par l’énergie Cancer sont davantage reliées car, loin de les perturber, celle-ci les nourrit. Tout simplement parce que, à la différence des signes d’air et de feu, le Cancer (à l’instar des autres signes d’eau) est à l’aise avec son monde émotionnel.

Et, puisque la Lune gouverne les émotions, les personnes qui ont la Lune en Cancer (j’en fais partie) sont le plus à même de comprendre leurs propres émotions et de s’en nourrir. Cela fonctionne aussi pour les émotions de leur entourage – souvent les personnes marquées par l’énergie Cancer comprennent les émotions de leurs proches avant même que ces derniers n’en soient conscients.

Dans le stade du développement de l’enfant les émotions sont très étroitement liées aux perceptions sensorielles. L’émotion se manifeste dans le corps car elle provoque une décharge hormonale perceptible au niveau physique – par des sensations agréables ou désagréables, en fonction du type d’émotion.

La même chose est également valable à l’âge adulte, mais en devenant adultes nous apprenons à nous couper en grande partie de nos émotions et nous ne sommes plus en contact avec les signaux de notre corps censés nous transmettre le message provenant de notre monde émotionnel.

En ce sens il y a des émotions qui nous renseignent sur l’ici et maintenant, et des émotions qui sont simplement un écho du passé. L’inconvénient des personnes à l’écoute de leur monde émotionnel est qu’elles peuvent parfois idéaliser le passé ou y rester trop attachées et finir par se noyer dans le reflet de quelque chose qui est illusoire et n’a plus lieu d’être.

Un peu comme Proust, qui était d’ailleurs fortement marqué par l’énergie Cancer. Aussi, a-t-il désespérément tenté de retrouver sa madeleine, en se perdant – c’est le cas de le dire! – dans l’écriture de son roman-fleuve A la recherche du temps perdu.

Les personnes marquées par l’énergie Cancer ont un monde imaginaire très riche. Et comme j’associe souvent l’astrologie et le Tarot (les deux se complètent merveilleusement bien), l’arcane de la Lune nous parle également d’illusions, de chimères, mais aussi d’imagination. Rappelons-nous: la Lune est un satellite du Soleil et elle n’a pas de lumière propre, elle ne fait que refléter la lumière du Soleil.

Si l’on a, par exemple, Saturne en Cancer, notre imaginaire pourrait embellir certains souvenir du passé de façon à les rendre plus agréables que ce qui s’est réellement passé – c’est une fonction inconsciente de « survie » qui nous empêche de nous détacher de notre famille, par exemple, en tournant le dos à notre passé.

Pour autant, sans émotions nous ne sommes que des robots sans âme, mus par l’énergie de la raison et de la réflexion froide et détachée de tout affect. Si nous avons des émotions, c’est qu’elles ont un rôle à jouer. Le tout est de bien synchroniser la tête et le coeur, l’émotion et la raison, le passé et le présent.

Plus facile à dire qu’à faire à certains moments (et en fonction des individus), mais en fin de compte, cette « fonction » est indispensable à notre équilibre psychique et physique. La tête n’est pas censée être séparée du corps.

Si rien ne se perd, c’est que tout est censé servir, tôt ou tard, à quelque chose! Ne serait-ce que servir de nourriture à notre âme – comme ma chanson qui a élevé la fréquence de mes vibrations et m’a fait ressentir un bonheur simple, profond et authentique, en me faisant redevenir enfant l’espace de quelques heures!

« Ne jamais regarder en arrière. Combien de fois se donne-t-on ce genre d’injonction après avoir vécu une expérience exceptionnellement bonne (ou exceptionnellement mauvaise) ? Souvent, j’imagine. Et l’injonction reste généralement lettre morte. Les êtres humains sont ainsi faits qu’ils regardent en arrière, c’est même pour cela que nous avons cette articulation pivotante dans le cou. »

Stephen King, « 22/11/63 »

(la chanson… elle est magnifique, non?)

Si vous avez besoin d’une consultation personnalisée, n’hésitez pas à me contacter, je serai ravie de vous aider à éclairer votre chemin!

Cet article vous a plu? Restons en contact 🙂

Abonnez-vous à ma lettre d’information pour ne manquer aucun nouvel article!

Que pensez-vous de tout ça?