
Il y a trois jours c’était le 1er novembre. Jour de la Toussaint (de tous les saints) en France et dans de nombreux pays d’Europe occidentale, Dia de muertos (fête des morts) au Mexique, lendemain de la fête d’Halloween dans le monde anglo-saxon, fête des « éveilleurs du peuple » en Bulgarie. Chacun voit midi à sa porte, comme on dit, et marque cette date différemment, en fonction de ses croyances, de ses expériences de vie et de l’endroit où il se trouve.
Astrologiquement parlant, cette année le 1er novembre a coïncidé pour tout le monde avec une nouvelle lune en Scorpion particulièrement intense et transformatrice. La plupart d’entre nous en avons déjà ressenti les effets. L’influence de ces énergies va se poursuivre dans les prochains jours pour aboutir à une culmination libératrice à la prochaine pleine lune en Taureau qu’on observera le 15 novembre 2024.
La période entre le 1er et le 15 novembre est donc propice pour mettre en place les bases d’une transformation importante et durable, en s’appuyant sur les énergies du Scorpion qui ne connaissent pas la demi-mesure et qui vont être de notre côté pour sauter le pas décisif vers un but important situé – sans grande surprise – en dehors de notre zone de confort. But qui nous attire autant qu’il nous angoisse – puisque nos plus grandes peurs renferment nos plus grands trésors, comme le disait si bien le père des constellations familiales, le philosophe et thérapeute allemand Bert Hellinger.

Le 1er novembre il y a 22 ans je débarquais en France pour une nouvelle vie (même si je ne le savais pas encore le soir où j’ai atterri à Toulouse). Je me rappelle encore l’aéroport sobre et tranquille de la « ville rose » – une ville si silencieuse où tout était fermé ce jour-là… Et moi, qui avais hâte d’être enfin dehors pour allumer une cigarette (à 24 ans mon ancien moi fumait « comme un pompier »). On a cherché en vain un bar ouvert pour boire un verre, mais à l’époque le jour des morts c’était bien « mort ». Puis direction Gaillac, dans le Tarn… Je ne connaissais absolument pas la campagne française (ni d’ailleurs le Sud de la France), en plus il faisait nuit. J’ai tout découvert le lendemain avec une grande curiosité. A l’époque j’ai fini par trouver cela légèrement ennuyeux. Aujourd’hui la tendance s’est totalement inversée: je rêve de vivre dans un tel havre de paix et de tranquillité car je constate que les grandes villes me vident de mon énergie.
22 ans plus tard, à la date symbolique du 1er novembre, je rentre chez moi en France après un séjour en Bulgarie, comme j’en fais souvent, désormais plusieurs fois par an. Cette nouvelle lune en Scorpion, par analogie avec l’Arcane sans nom dans le Tarot, m’invite à couper, à trancher, à transformer quelque chose de mes anciennes conditions de vie. J’ai un choix à faire et ça me fait peur. J’ai peur de ne plus savoir qui je suis si je fais ça et si ma vie bascule à 360 degrés après avoir choisi ce que je m’apprête à choisir.

Oui, je suis à la fois française et bulgare – j’ai deux pays et j’appartiens désormais à deux cultures. Il n’y a que ceux qui l’ont vécu qui peuvent le comprendre. Quand on s’expatrie dans un pays étranger, surtout au début de l’âge adulte, on devient suspendu entre deux mondes: on n’est plus tout à fait ici, ni tout à fait là-bas. Tout en obtenant la double nationalité, on devient étranger dans les deux pays.
L’auteure canadienne Nancy Houston décrit trop bien ce phénomène dans son livre Nord perdu. Oui, on est un peu perdu, en effet. Peut importe les apparences, on n’est jamais posé ni installé durablement nulle part. « Ni enraciné, ni déraciné », on devient un éternel voyageur, toujours prêt à bouger dans une direction ou une autre. On rêve de stabilité mais celle-ci nous échappe sans cesse car on a un pied dans chaque monde, malgré nous. Or, pour être stable il faut être posé sur ses deux pieds – solidement ancrés au sol et de préférence, au même endroit!
La « solution » à ce dilemme serait peut-être d’accepter de ne pas avoir de port d’attache solide à l’extérieur de soi, d’être un éternel voyageur et de l’assumer. Il faut être solide à l’intérieur pour accepter sereinement d’être suspendu au milieu de la mouvance de la vie à l’extérieur sans endroit particulier où se réfugier à coup sûr des tempêtes de la vie. Il faut trouver la stabilité dans le mouvement (ne serait-ce que le mouvement entre deux pays). C’est dur quand on a le Soleil en Taureau au Fond du ciel et la Lune en Cancer en maison VII – dans mon thème c’est une configuration qui rêve d’appartenir, d’avoir un foyer stable, un cocon sécurisant et beaucoup de partage de plaisirs simples au quotidien dans le contexte d’un « joyeux bordel familial » (avec tous les défis que cela implique au passage).
Partir ou rester? Rester ou partir? Ce sont au final deux polarités – les deux bouts d’une seule et même chose. Comme dans l’arcane de la Tempérance, ces deux bouts s’autoalimentent, se nourrissent mutuellement, pour finalement se rejoindre. Mon « identité » bulgare nourrit mon identité française, et inversement. Il ne peut en être autrement.
Une de mes premières clientes (devenue désormais une amie) m’a fait un jour une lecture de ma dernière vie antérieure. J’aurais vécu dans le sud de la France, précisément dans la région où je me trouve actuellement. J’étais aristocrate et pendant la Révolution française j’ai été décapitée (et par là-même, destituée de ma « nationalité » française). Mon âme a été quelque part « chassé » de mon pays. (Pour rétablir l’équilibre, je me suis réincarnée dans un pays communiste 🙂 ) On y croit ou l’on n’y croit pas, mais j’ai si souvent mal au cou dans cette vie que cela ne m’étonnerait pas 🙂 De plus, quand j’étais enfant j’avais fait un rêve très troublant (tellement que je ne l’ai jamais oublié) dans lequel on me donnait un gros coup sur la tête, suivi d’un « rideau » de sang… et puis plus rien. Était-ce une réminiscence de la fameuse décapitation?
Et puis, j’ai toujours aspiré à venir en France « à tout prix ». Serait-ce à cause de cette boucle karmique? Une « gestalt » inachevée en quelque sorte. Je devais simplement revenir en France pour vivre ce que j’avais à vivre et dégager la voie en débloquant de vielles mémoires traumatiques. Il semblerait que le travail est enfin accompli, que cette boucle est désormais bouclée et qu’à présent je suis libre de repartir si je le souhaite. L’équilibre a été rétabli, je suis redevenue française et j’entame « la partie libre-arbitre » de mon destin actuel. Je peux aller où je veux. D’où la confusion: d’un seul coup j’ai l’impression de ne plus avoir de but! Je ne sais plus où aller ni pourquoi.
« Logiquement », je devrais me réjouir d’avoir le choix. L’être humain est cependant ainsi fait qu’il a souvent peur du libre arbitre. On préfèrerait presque ne pas avoir le choix pour éviter d’assumer la responsabilité d’une « mauvaise décision ».
Sauf que la mauvaise décision n’existe pas dans l’absolu. Ce n’est ni plus ni moins qu’une expérience. Que je tourne à gauche ou que je tourne à droite, dans les deux cas j’aurai des choses à apprendre sur ma route. Des choses qui sont nécessaires à mon évolution et au programme auquel j’ai consenti avant mon arrivée sur terre, dans la présente vie. L’erreur n’existe pas. Ni l’échec d’ailleurs.
« Il n’y a qu’une seule façon de savoir où aller. Tu dois suivre ta peur. Elle te montrera le chemin. Fuir ce qui t’effraie est un moyen de perdre ton chemin : ce faisant, tu t’éloignes de plus en plus de ce que tu cherches. Si tu as peur d’affronter cette personne ou cette situation, le nœud à dissoudre est juste là. Ce nœud qui, reconnu et affronté, te donnera les clés de la liberté ! À partir de maintenant donc, quand tu ressens la peur, la gêne, l’irritation et l’inquiétude, ne fuis pas. Reste à l’écoute de tes sentiments. Et avec courage, entends-toi à découvrir le trésor caché dans ton malaise. Les trésors les plus précieux sont gardés par le plus terrible dragon. Pour atteindre les trésors, il faut aller voir le dragon… et l’embrasser. »
Bert Hellinger
Et si, au contraire, ce choix était une opportunité de mieux découvrir justement qui je suis et de me rapprocher davantage de mon Moi authentique et de ma raison d’être?
Je m’apprête, de ce pas, à faire le grand voyage vers mes peurs… et, par la même occasion, embrasser le dragon qui garde mes plus grands trésors 🙂


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