LE COURAGE DE NOUS VOIR TELS QUE NOUS SOMMES

Aujourd’hui je voudrais revenir sur le sujet des projections et comment elles nous aident à réellement nous connaître – pour peu que nous ayons le courage de nous regarder honnêtement dans le miroir que nous tendent les autres, et de ne pas détourner notre regard de ce que nous allons voir s’y refléter.

La plupart du temps nous ne sommes pas aussi honnêtes car inconsciemment nous avons peur de ce que nous pourrions découvrir en face – puisque c’est le reflet d’une part de nous-même que nous « préférons » ignorer. Alors, comme dans le fameux conte, nous demandons au miroir non pas d’être honnête mais de nous conforter dans l’idée – fausse et illusoire – que nous sommes (très) différents des autres. Plus beaux. Plus forts. Plus intelligents.

L’inverse peut être tout aussi valable. Nous demandons parfois au miroir de nous confirmer que nous sommes moins beaux, moins forts et moins intelligents que les « autres ». Que tous ces autres sont mieux que nous. Cela nous donnerait une raison de plus de nous poser en victime (« pauvre moi! ») et une excuse de plus pour ne pas « oser » vivre une vie à la hauteur de nos rêves les plus fous. Par exemple.

La vérité est cependant que nous ne sommes pas aussi différents de ceux qui nous entourent. Nous ne sommes ni « mieux » ni « pire » qu’eux. Pour la simple raison que c’est nous qui créons notre environnement – et celui-ci nous reflète et nous complète en permanence. Pour certains ce sera difficile à admettre, pourtant c’est la façon dont l’univers fonctionne.

Notre environnement – les personnes et toutes les circonstances de notre vie – sont le parfait reflet de qui nous sommes, à cet instant même. Ce « décor » extérieur est le parfait reflet des conflits qui se jouent à l’intérieur de nous et des questions que nous nous posons. En ce sens notre environnement est très coopératif car non seulement il nous aide à poser les bonnes question mais il est aussi là pour nous suggérer les réponses.

Alors, plutôt que de fuir ou de blâmer l’extérieur de ne pas nous correspondre – ce qui est un non-sens en soi, en plus d’être totalement contre-productif – essayons de comprendre ce que cet extérieur révèle sur notre intérieur, sur nous-mêmes, sur nos choix, nos intentions, voire notre mission ici-bas. Plutôt que de nous méfier des autres, essayons d’y être plus attentifs et plus ouverts pour leur donner une chance de nous aider à faire un pas de plus sur notre chemin.

L’extérieur a été crée par nous et pour nous, pour travailler avec nous et non contre nous. Il n’est pas là pour nous « mettre des batons dans les roues », comme on a souvent tendance à le penser, mais pour nous permettre de manifester la réalité que nous avons choisie et pour coopérer à la réalisation de nos propres intentions.

Attendez un peu, doit y avoir là une erreur! Je n’ai jamais choisi ce que je suis en train de vivre en ce moment! Je ne suis pas « maso » à ce point!

J’attendrai d’abord que vous vous calmiez avant de poursuivre et de vous faire comprendre – je l’espère – mon idée. Commençons par le fait que si vous lisez ces lignes, c’est que je fais partie de votre environnement et que je collabore – très activement – avec vous pour vous aider à atteindre un de vos buts (conscients ou inconscients). Les éléments de votre réalité – quels qu’ils soient – ne peuvent exister sans vous – sans votre accord et « approbation » préalables. Il n’existe aucune exception à cette règle cosmique.

Vous n’avez peut-être pas l’impression d’avoir « signé » précisément pour cette expérience. Que vous en soyez conscients ou non, c’est pourtant vous et uniquement vous qui l’avez créée – ou plutôt, choisie dans le (très) large éventail de potentialités – , qui avez donné votre accord pour la vivre, jusqu’au moindre détail. Ne serait-ce que par votre refus de prendre la responsabilité de vos propres choix. Le « hic » étant que même quand on refuse de choisir on choisit quand même. Notre libre arbitre est très puissant – beaucoup plus que ce que nous avons l’habitude de croire. Notre vie est toujours la conséquence de nos choix (ou de nos non-choix – qui s’avèrent être encore des choix).

Cela ne sert donc à rien de perdre du temps à nous défiler. Au lieu de nous défiler et de nous complaire dans notre paresse (qui est l’autre nom de la peur) – en protégeant notre zone de confort coûte que coûte et en nous méfiant des autres -, mieux vaudrait commencer à nous défier nous-même en levant le nez de notre propre nombril et en le mettant un peu en dehors de notre bulle protectrice. En prêtant davantage attention aux autres et en essayant de déchiffrer le message qu’ils cherchent à nous délivrer!

Il serait bon de commencer enfin à assumer l’entière responsabilité de qui nous sommes et des choix que nous faisons. Pour que d’inconscients ils deviennent conscients, éclairés et puissants. Pour y parvenir, il nous faut absolument être honnête envers nous-même et oser nous voir tels que nous sommes. Et cela passe par un travail sur nos projections. La plupart du temps nous ne faisons pas ce travail de notre plein gré, car il n’est pas toujours simple ni forcément très agréable.

Il faut dire aussi que nous adorons nous poser en victimes et blâmer les autres de nos malheurs. Nous rejetons volontiers « la faute » sur les autres – même quand cette « faute » est « gentille » (du genre « je le fais pour lui »). Nous n’aimons pas penser que notre responsabilité est engagée dans tout ce que nous vivons! « Et puis quoi encore! » C’est tellement plus simple et rassurant de penser que « l’ennemi » est à l’extérieur de nous. Qu’il nous « pourrit la vie » et nous empêche de réaliser nos rêves et d’être heureux. Que les autres nous poussent à faire des choix qu’en « temps normal » nous n’aurions pas faits.

« Tu comprends, je rêve de faire ceci ou cela et je l’aurais probablement fait si seulement… les autres ne m’en empêchaient pas en permanence. Si seulement je n’avais pas autant d’obligations. Si seulement le monde n’était pas aussi injuste. Si seulement j’habitais dans un autre pays, si mes voisins étaient différents, si j’étais né dans une autre famille, si mon conjoint était plus évolué, si mes enfants n’avaient pas besoin de moi « à ce moment précis », si mes amis m’écoutaient davantage, si mes parents me soutenaient, si l’Etat ne me taxait pas autant… Si j’avais eu plus de chance dans la vie… Si j’étais plus beau, plus intelligent, plus vaillant. Si les autres étaient plus beaux, plus intelligents, plus vaillants. » On peut décliner ce discours à l’infini.

Quand nous sommes persuadés de tout cela, au pire nous nous épuisons à combattre nos « reflets », au mieux nous nous replions sur nous-mêmes pour nous protéger ou nous éloigner de ces « autres » si différents de nous et qui nous empêchent de vivre, de respirer, de nous réaliser. Ces autres si méchants, si agressifs, si stupides, si maladroits, si incompréhensifs. Ou alors, ces autres que nous envions car ils sont si doués, intelligents et prospères.

Sauf que les autres, eh bien c’est nous! Nous nous protégeons de qui au juste? Nous combattons qui dans les faits? Et surtout, quelle est notre excuse pour ne pas faire le travail qui nous incombe? Notre part du travail – en réalité, tout le travail! Si nous réalisons que nous n’avons aucune excuse, que nous sommes « seuls dans la pièce », qu’il n’y a pas de public, qu’il n’y a personne à blâmer, personne à manipuler, personne à combattre , personne à supplier, personne à impressionner – tout d’un coup cela nous oblige à récupérer nos projections et à retrousser nos manches. Car tout dépend de nous et de nous seuls.

C’est une perspective qui peut paraître un peu effrayante au début.

Mais une fois que nous aurons intégré cet état de fait, nous serons beaucoup moins enclins à nous mettre en colère contre les autres, à les juger ou à leur reprocher tout un tas de choses. Nous mettrons notre énergie dans des choses beaucoup plus constructives. Comme par exemple créer la vie qui nous correspond et que nous désirons vraiment.

L’herbe ne nous paraîtra plus tellement plus verte ailleurs. Nous n’aurons donc plus tellement envie de fuir notre réalité – car nous saurons que où que l’on aille, on s’amène toujours avec soi. Et que si nous n’avons pas d’abord pacifié nos conflits internes et conscientisé ce qui nous bloque, nous ne ferons que déplacer les problématiques qui sont en nous et ne tarderons pas à les recréer dans notre nouvel environnement.

« Il était une fois un vieil homme, assis à l’entrée d’une ville d’Orient. Un jeune homme s’approcha et lui dit :
— Je ne suis jamais venu ici. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?
Le vieil homme lui répondit par une question :
— Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
— Égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme.
Le vieillard répondit : tu trouveras les mêmes gens ici.
Un peu plus tard, un autre jeune homme s’approcha et lui posa exactement la même question.
— Je viens d’arriver dans la région. Comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?
Le vieil homme répondit de même :
— Dis-moi, mon garçon, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
— Ils étaient bons et accueillants, honnêtes, j’y avais de bons amis. J’ai eu beaucoup de mal à la quitter, répondit le jeune homme.
— Tu trouveras les mêmes ici, répondit le vieil homme.
Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Dès que le deuxième jeune homme se fut éloigné, il s’adressa au vieillard sur un ton de reproche :
— Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ?
— Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, répondit le vieillard. Chacun porte son univers dans son cœur. »

(histoire inspirée d’un conte soufi)

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