LE MYTHE DE LA DÉPENDANCE AFFECTIVE DU CHASER
et quelques autres réflexions…
Comme on peut le constater, le sujet des flammes jumelles continue à titiller mon esprit. Heureusement pas tout le temps! Mais à certains moments cela réémerge et je me remets à réfléchir, à ressentir, à me (re)poser des questions… Des questions dont les réponses ne sont toujours pas définitives.
Par exemple, je suis en train de me demander, une fois de plus, si la personne qui a littéralement disparu de ma vie, tel un fantôme (voilà bientôt deux ans déjà), était réellement ma flamme jumelle ou pas… Enfin, suivant la « règle cosmique » si elle l’était, elle devrait l’être toujours – que je le veuille ou pas. Un peu comme dans le phénomène de l’intrication quantique (je vous laisse le loisir d’en savoir plus en fouillant un peu sur le web). Mais qui invente donc ces règles! Je serais bien tentée de lui formuler une réclamation de temps en temps!
Pourquoi je viens encore à me poser cette question? Très bonne question!
J’ai visionné une vidéo sur Youtube où une jeune femme (dont le « pseudonyme artistique » est Materceleste) donnait des explications détaillées sur les caractéristiques du runner et du chaser dans le lien de flammes jumelles. Malgré mon léger scepticisme, j’ai dû me rendre à l’évidence que j’y comprenais absolument tout et que c’était très parlant. Je ne trouvais cela ni bizarre, ni bête, ni « capillotracté ». On dirait qu’elle racontait mon histoire (du moins, la partie qui correspondait à mon bout de l’histoire).
C’était juste – trop juste! – du début à la fin. Elle dit par exemple que d’un point de vue pratique, l’amour n’est qu’une petite partie du parcours flammes jumelles: « Si c’était juste une question d’amour, ça se saurait ». En effet.
Un (très) léger doute a toutefois subsisté jusqu’à ce qu’elle arrive à la partie où elle aborde la fameuse dépendance affective du chaser envers son runner. Dépendance qui, en réalité, n’existe pas! Pas de la façon dont on la décrit partout. Je me suis souvent dit que la dynamique chaser/runner ressemble à la dynamique anxieux/évitant – raison pour laquelle j’étais sceptique pendant très longtemps quant à l’existence du lien flammes jumelles.

Je pensais que c’était juste une théorie tirée par les cheveux qui tentait d’expliquer une dynamique que la psychologie avait déjà expliqué depuis un bon moment et où il n’y avait rien de mystérieux ni d’extraordinaire. Mais en écoutant la énième vidéo sur le sujet, j’ai « percuté » à propos des différences entre un lien chaser/runner flammes jumelles et une relation anxieux/évitant « classique ».
La personne à l’attachement anxieux ne supporte pas d’être séparée de l’autre car elle est dépendante affective et ne se sent exister que si elle est en relation affective – avec quelqu’un qui la rassure, pense-t-elle. Paradoxalement elle est rarement en relation avec une telle personne car le plus souvent elle tombe amoureuse d’une personne à l’attachement évitant – ou ce qu’on appelle un « contre-dépendant » – dont le comportement est tout sauf rassurant.
Généralement, un anxieux « classique » reste dépendant après la rencontre avec un évitant. Il n’est pas autonome et a besoin de s’accrocher et encore s’accrocher. Et plus il s’accroche, plus l’autre fuit. Donc, logiquement, un anxieux « classique » devient encore plus dépendant après la rencontre. Et si l’autre le quitte, il ne guérit pas de sa dépendance. Au mieux, il reste accroché pendant quelque temps, mais le plus souvent, il trouve rapidement quelqu’un d’autre et saute sur la prochaine « liane » sans mettre un pied au sol.
Dans un lien de flammes jumelles, on observe une dynamique en apparence similaire pendant une bonne partie du parcours. Jusqu’au fameux « switch » du chaser – le moment où il lâche enfin l’affaire, arrête de s’accrocher et d’attendre que son autre le choisisse et revienne, et se met à vivre sa vie pour de bon. Plus il avance dans le parcours, plus il devient indépendant, épanoui et autonome. Le rejet du runner amène le chaser à relever des défis qu’il pensait être incapable de relever par lui-même, sans l’aide de quelqu’un. Et finalement à se rendre compte qu’il n’est pas si dépendant que ça. Qu’il sait très bien fonctionner et être heureux tout seul… Et finalement, beaucoup mieux que le runner!

Ce dernier ayant toujours prétendu être libre et indépendant, devra se rendre compte tôt ou tard qu’il est beaucoup moins libre et beaucoup plus dépendant qu’il ne le croyait, et qu’au final, c’est lui [le runner] qui ne peut vivre sans quelqu’un d’autre à ses côtes – ou sans la validation d’une tierce personne! Effet miroir plus qu’intéressant!
On dit que le runner est porteur de réunion – c’est lui qui, en sortant de son « amnésie » à propos de ce que représente ce lien pour lui, doit prendre l’initiative des retrouvailles. Il est le seul capable de faire en sorte que la réunion se réalise – le chaser est totalement impuissant de faire cela et de toute façon, ce n’est pas sa tâche.
Le chaser, de son côté, est porteur de mémoire – c’est lui qui doit aider au nettoyage des mémoires qui entravent le lien, en attendant – sans vraiment attendre – le « déclic » du runner, et en favorisant ce déclic en lui rappelant de temps en temps « le pourquoi du comment » de tout cela (par les décharges énergétiques qu’il envoie à son runner parfois malgré lui). Même si au début le runner reste « sourd » à toute tentative de « réveil », les messages (implicites ou explicites) du chaser restent plantés comme des petites graines au fond de son inconscient et attendent patiemment qu’il les incorpore à sa conscience – et à son existence.
Pour que la réunion puisse se faire un jour (si tel était le plan initial), chacun doit accomplir sa part du travail.
Il faut que le chaser arrête de dépenser son énergie pour courir après son autre, qu’il se recentre sur lui-même et sur ses projets, et qu’il s’autonomise. Il représente le centre gravitationnel du lien, le port d’attache et le point de repère du runner. Le chaser doit apprendre à être son propre centre, à rester droit dans ses bottes et sur ses deux pieds, comme un grand, sans se perdre. On ne peut pas être un point de repère pour autrui si l’on est soi-même perdu.
C’est peut-être la raison pour laquelle le chaser reste souvent seul, surtout après le « switch » – il n’a pas besoin d’une relation tierce car il a déjà assez à faire avec lui-même et il va apprendre à vivre très bien en sa propre compagnie. Arrivera donc un moment (inévitable) où il n’attendra plus le runner les bras ouverts – il ne l’attendra plus du tout.

C’est à ce moment-là qu’une âme sœur peut parfois débarquer dans la vie de certains chasers en tant que partenaire potentiel, pour les mettre devant le dilemme cornelien: « Je refais ma vie avec ou pas? »
Comme ils ne sont plus dans la nécessité d’être avec quelqu’un, cette nouvelle rencontre aura toutes les chances de fonctionner, s’ils décident finalement de dire « oui » à la nouvelle personne – ce qui n’est pas gagné d’emblée. Il faut dire que dans leur tête et dans leur cœur ils sont toujours « en couple » avec leur runner et ont l’impression de le tromper, et peu importe si cela fait 10 ans qu’ils ne sont plus en contact avec ⏳ On dirait un loup ou une cigogne. (Hippocampe, c’est pas mal aussi.)
S’ils se décident cependant à franchir l’étape de ce nouveau « oui » tout frais et prometteur, ils peuvent réellement refaire leur vie et « oublier » l’existence de leur autre pour de bon – du moins, jusqu’à ce que le runner ne vienne provoquer à son tour un déclic dans leur vie. Encore faut-il qu’il se soit réveillé avant 🤔
L’ironie du destin veut que le runner « attend » parfois de recevoir le faire-part du mariage de son autre pour avoir la claque qui le sortira enfin de son déni et le poussera à se mettre en mouvement en direction de son chaser. C’est digne d’un film Disney, je suis d’accord, mais cela arrive aussi parfois – bien que beaucoup plus rarement – dans la vraie vie!
Ainsi, la tâche qui incombe au runner est d’arrêter de fuir – mais surtout, de se fuir! – et de sortir de l’amnésie qui le sépare de l’autre. Le runner doit apprendre à accéder à son authenticité sans peur, en se reconnectant à ses émotions et en abordant la vie et les autres sans toujours se protéger derrière son masque (qui fait qu’au bout d’un moment il s’y identifie). Il n’y a que comme ça qu’il pourra se rappeler qui il est et qui est l’autre pour prendre l’initiative de le retrouver le moment venu – si ça doit se faire. S’il arrive à faire correctement ce travail – à remettre de la cohérence entre sa tête et son cœur -, il réalisera que, loin de le priver de son identité et de sa liberté, le lien avec son chaser le rend à lui-même en lui permettant d’être qui il est vraiment et d’exprimer son plein potentiel.
Entre temps, je suis devenue une vraie fan de Materceleste – dont je trouve l’approche très pragmatique, humaine et pleine d’humour ⬇️⬇️⬇️
❤️

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