Les enjeux de l’axe Bélier-Balance: (in)dépendance relationnelle

Première partie: expérimenter les extrêmes

Durant de nombreuses années (surtout pendant ma jeunesse) je me vivais comme quelqu’un de très indépendant. Je me débrouillais dans toutes sortes de situations, plus invraisemblables les unes que les autres, avec l’inébranlable conviction que je serais capable de trouver la solution à tous les petits et grands problème qui se posaient (ou se poseraient) dans mon existence.

A l’époque je vivais encore en Bulgarie où mon thème de naissance agit « sur son propre territoire » – en d’autres mots, les qualités intrinsèques dont ma trame de naissance est dotée s’expriment telles qu’elles ont été programmées à la base, lors de ma venue au monde. Il faut dire que c’est un pays qui forme à la débrouillardise – pour bon nombre de personne la vie n’y est pas particulièrement facile. Dans mon cas, il ne faisait qu’offrir le contexte parfait qui me poussait à réactualiser les qualités que je portais déjà depuis une autre vie.

Je suis née notamment avec Uranus pile au Milieu du ciel qui domine tout mon thème (en plus de faire des aspects à d’autres planètes personnelles)- ce qui, en plus de signer une trame de vie plus ou moins hors-normes (à nuancer en fonction du reste du thème) parle d’un caractère plutôt individualiste et qui aime par-dessus tout son indépendance et la liberté d’orienter (seul) le cours de son destin.

Je rappelle au passage qu’Uranus est la planète de la rébellion, de l’individualisme et des révolutions. En tant que maître du Verseau il symbolise aussi l’originalité, la liberté, le génie visionnaire (voire un peu fou) et le courage d’être qui on est, quitte à ne pas être forcément aimé et approuvé. Astrologiquement, je l’associe à l’arcane du Mat dans le Tarot.

Dès le milieu de l’adolescence, je m’arrangeais donc à faire ce que je voulais, quand je le voulais, et je n’avais aucun problème d’être prise pour un extraterrestre et de passer le plus clair de mon temps seule dans ma bulle, totalement incomprise de mes semblables. Il faut dire que dès l’âge de 13 ans je ne voyais mes parents que pendant le week-end (j’étais inscrite au lycée de la ville à côté). Mais même avant, j’avais beaucoup de mal à me plier aux règles et exigences que quelqu’un d’autre avait définies pour moi.

Je ressens aujourd’hui une vague honte (j’ose donc espérer que j’ai évolué depuis) quand je me rappelle mon comportement lors d’une fête d’anniversaire d’une de mes amies d’enfance. J’avais 10 ou 11 ans et dès mon arrivée à la fête j’ai pris dans la bibliothèque de ses parents un livre juste pour le feuilleter. Mais dès les premières lignes il m’a tellement happée que j’y ai plongé pour de bon, sans me soucier de ce qui se passait autour de moi. J’ai passé ainsi toute la fête à lire ce livre, dans ma bulle « uranienne », en oubliant le monde autour de moi – qui, l’espace de quelques heures, a complètement cessé d’exister. Si j’étais à la place de mes parents, je crois que je me serais fait du soucis et je me serais demandée si cette enfant (moi) n’avait pas de traits autistiques, après tout.

Cette tendance – à faire toujours en priorité ce dont j’avais envie – s’est renforcée quand j’ai quitté définitivement la région où vivaient mes parents pour faire mes études universitaires à la capitale, à l’âge de 18 ans. La liberté est devenue alors presque totale et je savourais cette nouvelle vie qui m’inspirait et me procurait des expériences totalement à l’unisson avec ce que j’étais. A la fac je me suis (enfin) fait plein d’amis, mais ces gens-là ne limitaient en rien ma liberté, au contraire – d’une certaine manière ils la nourrissaient car ils acceptaient et encourageaient ce que j’étais: sans doute étaient-ils des extraterrestres comme moi. C’était la belle époque – j’y pense encore avec une vague de nostalgie par moments.

Puis, un jour, je suis tombée amoureuse. Jusqu’à présent je pensais avoir déjà été amoureuse « à maintes reprises », mais j’ai constaté qu’il n’en avait été rien le jour où je suis réellement tombée amoureuse. Lentement mais surement j’ai alors commencé à délaisser ma nature uranienne au profit d’une tendance neptunienne à me fondre dans l’autre – qui existe aussi comme potentiel dans mon thème de naissance. En dehors des relations affectives je restais toutefois encore parfaitement uranienne.

Que voulez-vous, j’ai une Vénus opposée à Neptune et ceux qui connaissent l’astrologie savent bien ce que cela veut dire. Pour les autres, je compte faire un article à part sur le sujet, mais en attendant je dirai simplement que cela rend les expériences affectives hautement idéalisées (et souvent hautement illusoires). Mais surtout, Neptune (qui gouverne le signe des Poissons) est une planète qui pousse à la fusion – et par extension, à la dépendance.

Je n’avais pas soupçonné en moi autant de désir de faire un tout avec un autre humain. Tout d’un coup je me retrouvais à la merci de quelqu’un que je voyais comme le « messie de l’amour »(aujourd’hui cela me fait sourire mais à l’époque c’était à peu près ça ma vision), quelqu’un qui répondait à mes prières secrètes de manifestation d’un être capable de faire vibrer mon cœur d’une manière que je n’aurais jamais cru possible auparavant.

Voilà que d’indépendante je me transformais en « dépendante ». Je me rappelle qu’un de mes amis m’avait dit à l’époque que pour continuer à être « moi » je devrais rester célibataire car sinon mes amis ne me reconnaissaient plus. Et moi donc? Je ne me reconnaissais pas non plus.

A l’époque je ne réfléchissais pas beaucoup à tout cela. Il m’en a fallu d’autres expériences relationnelles sur plusieurs années pour commencer à réunir les pièces du puzzle. Ces expériences, je les ai vécues majoritairement en France où je suis partie vivre entre-temps. Le déclencheur de mon départ à l’étranger a été – sans grande surprise – une relation affective. Le déclencheur astrologique était Pluton (maître de ma maison X) qui transitait à cette époque ma Vénus natale (maître de mes maisons IV et IX).

Vénus est une planète très importante dans mon thème car c’est le maître de mon Nœud lunaire Nord. En astrologie le nœud nord indique le sens de notre évolution la direction que nous devons suivre pour véritablement grandir dans cette vie. Dans mon cas je dois évoluer depuis le nœud sud en Bélier (moi et mon indépendance) vers le nœud nord en Balance (le lien harmonieux et la collaboration avec l’autre).

Il ne s’agit cependant pas de renier totalement les qualités de son nœud sud (comme beaucoup aiment à le penser), ce serait beaucoup plus simple sinon. Mais de les intégrer de façon à équilibrer l’axe en question (en l’occurrence, l’axe Bélier – Balance). De ce fait, passer de la totale indépendance à la totale dépendance n’est pas une façon équilibrée d’aller vers son nœud nord, loin d’en faut!

En France mon thème a pris des « couleurs » Neptuniennes car en changeant de coordonnées géographiques, les dispositions planétaires avaient bougé et ont commencé à colorer progressivement mon thème d’une surcouche légèrement différente – en lui superposant ce l’on appelle le « thème de relocalisation », basé sur mon nouveau lieu de vie. Dans mon « nouveau » thème Neptune devenait ainsi conjoint à mon ascendant, tandis qu’Uranus ne dominait plus mon ciel de naissance mais passait en maison XI. Et Vénus passait en maison VII – la maison du couple.

Traduit en langage plus normal cela veut dire que j’étais beaucoup moins uranienne – et donc moins indépendante et individualiste qu’avant. A la place je devenais plus empathique, plus fusionnelle, plus intuitive, plus compatissante, moins fonceuses et plus rêveuse. Mon « complexe de l’infirmière » qui existait déjà par défaut avec l’opposition Vénus-Neptune sortait du seul contexte des relations affectives et s’étendait désormais à d’autres domaines. Était-ce une bonne ou une mauvaise chose?

En astrologie (et dans la vie) rien n’est « bon » ou « mauvais » dans l’absolu, mais tout est censé servir notre évolution. Aussi, bien que je sois devenue entre temps très dépendante dans la plupart de mes relations, ce n’était au final qu’une autre façon d’experimenter le déséquilibre de l’axe Bélier- Balance. L’un des défauts majeurs de la Balance est sa dépendance à l’autre: pour préserver l’harmonie elle peut être prête à toutes sortes de compromis et de sacrifices car la relation est d’une importance capitale pour elle. La Balance n’envisage pas son fonctionnement sans un partenaire à ses côtés. Là où le Bélier fonce et ne se retourne même pas pour voir si l’autre le suit ou non. Ni l’un ni l’autre n’est cependant la « position » idéale.

Vénus, mon maître du nœud nord m’avait « envoyée » en France où mon thème relocalisé me donnait plus d’opportunités de former des couples – des couples harmonieux, qui plus est! Ce n’était pas un hasard: le sens de mon évolution était d’harmoniser les deux extrêmes. Alors je suis passée par diverses configurations où j’étais tour à tour dépendante et indépendante. Evidemment, je n’allais pas recevoir ça sur un plateau. Le potentiel était là, mais je devais bosser pour le manifester dans ma réalité. Et le plus difficile était que je devais bosser sur ça en couple – donc, mon évolution était directement liée à l’évolution de l’autre. Si j’échouais ou si l’autre échouait, c’était un échec commun. C’est plus compliqué que ce qu’il n’y paraît, je vous l’assure.

En Bulgarie mon défi avait été de m’assumer seule et c’était un jeu d’enfant comparé au défi que je devais relever en France – de créer un couple harmonieux à deux. Forcément, ce n’est un scoop pour personne qu’un couple ça se crée toujours à deux. Alors, me direz-vous, pourquoi autant de personnes se mettent en couple tout en essayant de rester célibataires au sein de leur couple? Parce que sinon il n’y aurait rien à travailler, pardi!

(suite au prochain article)

❤️

Si vous avez besoin d’une consultation personnalisée, n’hésitez pas à me contacter, je serai ravie de vous aider à éclairer un bout de votre chemin!

Cet article vous a plu? Restons en contact 🙂

Abonnez-vous à ma lettre d’information pour ne manquer aucun nouvel article!

Que pensez-vous de tout ça?