
Je vous avais promis un article sur l’action de Pluton et de ses transits. Nous y voilà! En plus d’être super intéressante, cette information pourrait vous être très utile si vous ou l’un de vos proches se trouve actuellement sous l’effet transformateur de cette planète, aussi petite que puissante.
D’abord, un petit mot sur la planète physique appelée Pluton. D’ailleurs, depuis l’année 2006 l’Union astronomique internationale a pris la décision d’exclure Pluton du Système solaire. Ce qui a eu, bien évidemment, zéro impact sur son influence ici-bas – qui elle, ne peut être exclue sur une simple décision d’une poignée d’astronomes n’ayant visiblement aucune connaissance en astrologie!
Ceux qui sont en train de se « taper » un transit de Pluton auraient probablement aimé que l’on puisse le « débrancher » aussi facilement de leurs vies. Malheureusement (ou heureusement), il continuera à impacter nos existences, pour le meilleur ou pour le pire.
Pluton a été découvert en 1930 par l’astronome américain Clyde Tombaugh, lors de la recherche d’un corps céleste permettant d’expliquer les perturbations orbitales de Neptune. Son diamètre est de 2 376 km – soit 2 tiers de la surface de la Lune. Sa distance moyenne de la Terre est de 4,8 milliards de kilomètres: en effet, ayant une orbite elliptique (en forme d’ellipse), sa distance maximale de la Terre est de 7,37 et la minimale de 4,29 milliards de kilomètres. Cette orbite elliptique a un impact sur la durée de ses séjours dans les différents signes astrologiques.

La température sur Pluton est d’environ -230° et sa surface est couverte principalement de roche et de glace (glace de méthane, d’azote et d’eau). Il abriterait même des volcans de glace! (Ça se tient trop bien, d’un point de vue astrologique.) Sa très fine atmosphère contient 90 % d’azote, 10 % de monoxyde de carbone et des traces de méthane. Du fait de son orbite particulièrement elliptique, lorsqu’il se trouve plus proche du Soleil, son atmosphère est gazeuse, mais quand il s’en éloigne, elle se gèle.
À lui seul, Pluton forme son propre système « plutonien », avec 6 satellites dont 4 qui évoluent en orbite autour de lui.
Pluton fait le tour complet du Soleil en 248 ans. Un an sur Pluton dure 248 années terrestres. Comme la Terre, il tourne autour de lui-même, sauf qu’il met un peu plus de 6 jours pour faire 24 heures terrestres. Il y a donc des « jours » et des « nuits » sur Pluton mais qui durent plus longtemps que sur terre et ne sont, bien évidemment, pas éclairés de la même manière.
Du fait de sa grande distance avec la terre, de sa petite taille et de l’impénétrable couche d’atmosphère « brumeuse » qui l’entoure, Pluton n’est pas facilement observable et ses mystères sont difficiles à percer. Il reste toujours partiellement « caché » – quand il n’est pas totalement invisible!
Ça, c’était le versant astronomique et objectif de la question.
Un peu de mythologie maintenant.

Dans la mythologie Pluton (Hadès) est le roi des ténèbres, celui qui gouverne le royaume des morts. Frère de Jupiter (Zeus), Neptune (Poséidon), Junon (Héra) et Vesta (Hestia), il s’est vu attribuer le monde souterrain qu’il n’a réellement quitté que lorsqu’il est allé enlever sa future femme Coré – devenue ensuite Perséphone (Proserpine).
Le reste du temps Pluton préfère ne pas intervenir directement dans la vie des mortels et emploie son énergie à s’occuper des affaires de son royaume – qu’il gouverne d’une main ferme aux cotés de sa femme Perséphone, devenue désormais la reine des enfers.
En effet, Pluton est réputé être sévère, voire impitoyable, il est néanmoins toujours juste et extrêmement précis lorsqu’il doit enlever aux mortels un élément déjà mort ou malade – ou, dans un autre contexte, qui stagne et n’évolue pas (comme c’était visiblement le cas de Coré-Perséphone) – pour l’intégrer à son royaume.
Il a participé à la lutte contre les Titans et les Cyclopes lui ont offert un casque qui le rendait invisible – il pouvait ainsi quitter ponctuellement le monde souterrain sans être vu pour se rendre à Olympe, même s’il ne s’impliquait jamais dans les querelles de ses frères et qu’il ne partageait aucune de leurs ambitions concernant le monde des mortels.
Ayant reçu le règne sur le monde souterrain, il a acquis les droits sur tout ce qui s’y trouvait – y compris les richesses enfouies. Il est souvent représenté avec une corne de l’abondance dans la main – montrant ainsi que toutes les richesses de la terre lui appartiennent.
Ces descriptifs ont pour but de nous aider à mieux comprendre la dimension astrologique de Pluton et les effets de ses transits.
Pour une meilleure compréhension j’ajouterai même une petite « tranche de vie » personnelle.

Il y a 2 mois de cela j’ai fait une chute monumentale un beau matin dans la rue en voulant attraper le bus, et me suis explosée la figure sur le trottoir. La vue de mon visage ensanglanté était spectaculaire (j’ai fait notamment peur à une mamie à l’arrêt du bus qui m’a à son tour fait peur par sa réaction), mais à part m’être fendue douloureusement la lèvre et perdu un bout de ma dent du devant, il n’y avait rien d’autre de cassé (même si ma machoire a sacrément souffert dans les jours qui ont suivi). Une fois la plaie cicatrisée et les articulations remises en place, rendez-vous chez le dentiste pour faire réparer le reste des dégâts.
Lors de l’examen de la radio, la dentiste m’a découvert (entre autre) une grosse carie « invisible à l’œil nu » sur une autre dent. Un vrai « cratère », disait-elle. En surface, la dent semblait parfaite, pourtant sous la surface elle pourrissait depuis un bon moment, et bien comme il faut. Elle s’est attelée alors à nettoyer tout cela – bien comme il faut. Ce n’était pas un moment très agréable et par moments c’était carrément très douloureux. Je lui demandais combien de temps elle allait creuser encore, elle disait: « Jusqu’à ce qu’il n’en reste que de la dent saine, même si cela voudra dire en enlever une grosse partie. »
Cette anecdote de ma vie personnelle n’illustre que trop bien l’action de Pluton dans toute sa splendeur (bien que moi-même je n’aie pas en ce moment de transit spécifique de Pluton – le dernier s’est terminé il y a presque 4 ans).
Pluton intervient dans nos vies (en apparence lisses et bien ordonnées) tel un tsunami, pour révéler et nettoyer la pourriture qui était cachée sous la surface, depuis un bon moment déjà. Celle qu’on avait enfouie profondément dans notre inconscient et qui continue à nous empoisonner à notre insu. Ces cadavres dans notre placard psychique qui terrifient encore notre enfant intérieur et que l’adulte que nous sommes devenus n’ose toujours pas aller visiter.
Oui, cette « chair pourrie » est psychique, même si parfois elle peut se cristalliser dans des maux purement physiques – qui sont l’ultime moyen pour Pluton de se faire entendre – et finalement de nous sauver la vie.
Paradoxalement (pas tant que ça) Pluton gouverne le royaume des morts, mais son action vise toujours à nous garder en vie. Plus que cela, elle vise à nous rendre plus vivants en étant plus vrais, en étant nous-mêmes et en vivant une vie au plus près de ce que nous sommes.
Memento mori ut teneas vitam.
[N’oublie pas la mort, pour pouvoir t’accrocher à la vie.]
Pluton gouverne le signe du Scorpion qu’on associe (entre autre) à la chirurgie. Tel un chirurgien habile, Pluton n’enlève que ce qui est pourri, mort, ce qui n’a plus lieu d’être – ou qui ne correspond pas à notre vérité Interieure – , pour donner une chance à ce qui est encore valable et sain de se régénérer. Dans ses vibrations hautes, le Scorpion est symbolisé par le phoenix capable de renaître totalement de ses cendres – plus beau, plus sage et plus vivant que jamais.
Je disais plus haut que le Roi des ténèbres est toujours juste. La carte de la Justice dans le Tarot est aussi celle qui symbolise l’immobilisation – et par extension, la mort. Lorsque qu’on est immobilisé au point d’arrêter d’évoluer, on est logiquement prêt à mourir. Car la vie est mouvement et évolution – toujours!

La Justice ne nous permet pas de tricher avec nous-même et nous oblige à regarder notre propre réalité en face – tout comme Pluton. Elle tient une épée dans sa main et tranche en toute lucidité, sans détours et faux-semblants, pour qu’il ne reste à la fin que la vérité, et que la balance qu’elle tient dans son autre main ne garde rien de superflu sur ses plateaux.
Appelé le grand nettoyeur en astrologie, Pluton ne prendra jamais rien de superflu, rien qui ait une vraie place dans nos vies, rien que soit sain et valable. Il faut se souvenir de cela lorsqu’un transit de Pluton vient nous chambouler de l’intérieur. Car les transits de cette planète-« nain » sont puissants et très inconfortables. Ils nous chargent d’angoisses de mort, de perte et d’anéantissement, et nous donnent l’impression de perdre le contrôle – tout en nous incitant à vouloir nous accrocher à tout prix à notre passé traumatique pourri.
Les cadavres dans notre placard psychique ont beau nous empoisonner l’existence, nous ne voulons pas les laisser partir aussi facilement. Que resterait-il sinon de ce que nous sommes, de notre identité – la seule que nous connaissons? Nous nous sommes souvent construits avec nos traumatismes d’enfance, et nous en libérer pour de bon reviendrait parfois pour notre inconscient à mourir à nous-même – à cette version de nous dont les motivations inconscientes à chaque instant résultent encore de ces traumatismes. Si je lâche tout cela, comment justifierais-je mon existence désormais?
Les transits de Pluton sont longs. Très longs. En moyenne ils durent deux ans, mais en astrologie on a l’habitude de dire qu’on sait quand un transit de Pluton commence, on ne sait jamais quand il finit. Si nous ne laissons pas faire le « chirurgien », d’une part le processus sera beaucoup plus douloureux, et d’autre part, celui-ci durera bien au-delà de la date de fin effective du transit. En réalité, une fois enclenché, le processus ne s’arrête jamais réellement. Mais si nous lâchons prise et l’accompagnons, il sera volontiers constructif (en dépit de tout l’inconfort) au lieu de finir par être destructif (pour les plus contrôlants d’entre nous).
Nous aurons beau vouloir garder le contrôle, Pluton gagne toujours et au bout d’un moment nous fera lâcher de toute façon. Mais si nous accrochons trop la partie saine à la partie pourrie, il n’aura parfois pas d’autre choix que d’enlever le tout en bloc – ce qui peut nous amener à détruire un domaine ou aspect de notre vie qui aurait pu être régénéré, au lieu de « couler » de la sorte.

Ce n’est pas Pluton qui nous fait mal, ce sont nos résistances à libérer ce qui pourrit sous la surface de notre conscient depuis trop longtemps. Pour que cette libération se produise – et que l’inconscient devienne conscient -, il faut déjà oser regarder ce qui est entassé dans le placard, en éclairant tous ces fantômes de notre passé bien comme il faut. Mais la plupart du temps cette idée est si effrayante que nous ne voulons même pas nous en approcher. Inconsciemment nous avons peur de ne pas supporter ce qui s’y trouve car les souvenirs qui y sont associés sont trop traumatiques – et dramatiques!
Je rappelle encore une fois, Pluton n’est pas factuel – il n’est pas Saturne. Il n’opère pas dans la matière. Ce qui fait que ses transits ne sont pas censés être événementiels. Tout se passe a priori – et en priorité – à l’intérieur de nous. Pluton ne fait que préparer le décor du changement, le terreau de notre transformation – qui se fera progressivement, dans les années à venir. Son autre nom est le « laboureur » – à l’image de l’Arcane sans nom du Tarot.
Alors, pourquoi autant de bouleversements extérieurs lors d’un transit de Pluton? (Moi-même j’ai débarqué en France lors d’un transit de Pluton sur ma Vénus – c’était un vrai gros changement extérieur – qui ne pouvait pas rester inaperçu!)
Eh bien, comme nous n’avons aucune prise sur nos fantômes du passé – et cela accentue d’autant plus l’angoisse ressentie lorsque Pluton commence à soulever le couvercle – nous projetons la cause de notre inconfort sur des éléments tout à fait concrets dans notre environnement immédiat: travail, famille, conjoint. Nous confondons alors Pluton avec Saturne. Nous ressentons l’urgence d’agir pour soulager l’inconfort, pour apaiser l’angoisse.

Nous rompons, nous déménageons, nous changeons de travail, pensant que cela résoudra le problème. Dans un premier temps (surtout lors de la rétrogradation de Pluton pendant le transit) nous pouvons ressentir l’illusion d’un mieux-être. Ensuite Pluton repart direct, repasse sur la planète transitée et tout nous submerge de nouveau. Le problème est toujours là. Car il n’est pas à l’extérieur, mais à l’intérieur de nous. Et l’environnement, au mieux, reflète l’endroit exact en nous-même où se situe la zone à nettoyer, à régénérer, à transformer.
Si nous sommes suffisamment sages pour le réaliser enfin (parfois au bout de plusieurs « allers-retours »), nous arrêtons à imputer notre mal-être aux circonstances et personnes qui nous entourent, prenons notre courage à deux mains et osons regarder nos démons en face. Commence alors le grand travail de nettoyage et d’épuration qui amènera à terme notre transformation. Il est vivement recommandé de se faire aider durant ce long processus par un bon thérapeute, histoire de ne pas se retrouver à tourner en rond car l’objectivité n’est pas notre fort à cette période. Tous ceux qui vivent un transit de Pluton ont une forte tendance à la dramatisation pendant toute la durée du transit et s’en dépatouiller tous seuls n’est pas très aisé ni efficace.
Ce n’est donc pas un processus linéaire, mais chaque couche d’inconscient éclairée affaiblit la prise de notre passé traumatique sur notre psychisme et nous permet de respirer plus librement, d’être davantage nous-mêmes et d’agir en conséquence – pour cette fois-ci, de vrais changements constructifs. Des changements qui ne sont plus une fuite en avant, mais le résultat de notre réelle transformation. Au fur et à mesure que nous nous transformons et nous apaisons de l’intérieur, ce qui est à l’extérieur de nous – les gens, les circonstances, les événements – se transforme aussi et commence à refléter notre nouveau Moi.

Un transit de Pluton est comme une renaissance à soi-même. Plus épaisse aura été la chape de plomb que nous avions maintenue sur nos fantômes du passé, plus douloureuse sera la réapparition de notre vrai Moi au milieu des débris, quand celle-ci explosera au bout d’un moment sous l’effet du transit. Mais l’énorme quantité d’énergie libérée à la suite de ce processus nous permettra de littéralement nous révéler – et de nous recréer une vie à la hauteur de ce que nous sommes vraiment, en dehors des masques et des traumatismes.
Pluton -« le riche » nous amène toujours un cadeau à la fin de ses transits, aussi long et douloureux soient-ils. C’est le cadeau de notre vraie identité, de notre véritable pouvoir, de notre unicité. Le Roi des morts nous aura finalement rendu à la Vie! Quel plus beau cadeau que celui-ci?
P.S.: Mon prochain grand transit de Pluton n’est prévu que dans quelques années, mais en attendant, je profite des « mini-cadeaux » des situations plutoniennes que je rencontre parfois au quotidien, car au final toute notre vie est un cycle de morts et renaissances qui nous transforment – comme l’histoire de mes dents. Le dernier cadeau de ce genre (en plus de mes dents réparées), a été une vraie belle rencontre: celle de ma dentiste qui s’intéresse aussi à l’astrologie 🙂 Mon Pluton est en Balance, en maison IX – elle-même gouvernée par Vénus, planète du lien et de l’apparence. Ce que je peux aimer l’astrologie!
❤️

Si vous avez besoin d’une consultation personnalisée, n’hésitez pas à me contacter, je serai ravie de vous aider à éclairer un bout de votre chemin!
Cet article vous a plu? Restons en contact 🙂
Abonnez-vous à ma lettre d’information pour ne manquer aucun nouvel article!


Vraiment très intéressant, cet article sur Pluton ! Cet éclairage me permet de comprendre beaucoup de choses et de voir différemment ce qui m’arrive… Merci Kristina !
C’est là où réside tout notre pouvoir de transformation – dans le changement de perspective. Merci pour ce commentaire!