Lynda Lemay, une rencontre qui a illuminé mon chemin

Aujourd’hui j’ai envie de vous partager une expérience intense, exaltante, enrichissante et salutaire que j’ai vécue précisément le 3 novembre 2022 au Palais des Congrès à Perpignan, précisément grâce à la chanteuse (auteure, compositrice, interprète et guitariste) québécoise Lynda Lemay.

En France presque tout le monde la connaît, de près ou de loin, ce qui – à mon grand regret – n’est pas vraiment le cas dans mon pays natal, la Bulgarie. D’ailleurs, à ce sujet j’en ai discuté avec une amie, en me questionnant sur les raisons pour lesquelles Lynda Lemay n’était pas connue dans mon pays d’origine, alors que d’autres chanteurs francophones le sont. Mon amie a émis l’hypothèse (assez plausible) que c’était principalement du fait de la richesse de ses textes qui, aux oreilles d’un public francophone, prend le pas sur l’aspect musical. De ce fait, si on ne parle pas français, on risque simplement de passer à côté de l’essentiel de son œuvre.

une artiste qui sait nous toucher par L’INTENSITÉ des mots justes

Oui, la force artistique de Lynda Lemay réside avant tout dans les paroles de ses chansons, mais aussi dans la façon dont elle les interprète – et qui les rend d’autant plus intenses. Bien qu’elle soit excellente et talentueuse en tant que musicienne (j’adore comment elle manie la guitare), elle reste une artiste qui défend bien l’aspect Lune-Mercure de son thème natal, par sa capacité à manier surtout les mots et par son talent de raconter des histoires – de vraies tranches de vie humaine. (Je ne peux m’empêcher d’insérer des références astrologiques un peu partout.)

Ayant moi-même cet aspect, je suis très sensible aux mots et j’utilise beaucoup l’écrit – bon, pas au niveau de Lynda Lemay, mais à chacun son échelle de talents :-). J’adore me perdre dans toutes sortes de détails et d’histoires, et plus il y a de l’émotion, plus je suis inspirée, et mieux ça fonctionne. C’est un mélange d’émotion, d’imagination et d’inspiration. D’ailleurs, je ne suis absolument pas étonnée que Lynda Lemay soit une « disciple » du grand Charles Aznavour – lui-même reste à jamais un grand artiste dont les chansons possèdent une richesse et une profondeur extraordinaires côté paroles. Qu’il ait été son mentor me paraît donc tout à fait naturel. Pour la petite anecdote « hors-frontières », c’est un peu avec lui aussi – avec ses riches chansons – que j’ai appris le français il y a 25 ans. J’aimais chanter La Bohème et imaginer que je partais faire mes études à Paris car c’était mon rêve à l’époque.

On s’identifie donc facilement avec les histoires humaines que Lynda raconte dans ses chansons – et je me suis demandée pourquoi. Il n’y a pas que les paroles, on l’a déjà vu. Il y a aussi l’émotion qu’elle y met, et cette façon qu’elle a de s’identifier elle-même à toute personne qui vivrait une histoire pareille. D’une certaine manière, elle fusionne avec le public et avec l’histoire personnelle de chacun – et c’est cela aussi qui s’exprime à travers ses chansons. Forcément, l’effet ne peut être que bouleversant et nous remue au plus profond de nous. Les gens pleurent et rient, et pleurent encore, ça les prend aux tripes – et ils en redemandent !

Je dirais qu’à la différence de beaucoup d’autres chanteurs, dans ces moments-là elle ne met pas d’ « air-bag » entre l’émotion et la chanson, ni entre elle et le public, et je pense que c’est surtout ça qui rend ses chansons aussi profondes et vivantes. Une émotion, c’est riche et vivant. Les mots peuvent être riches aussi, mais ne se mettent réellement à vivre, à vibrer, que par le biais de l’émotion qui les accompagne – que ce soit du côté de l’artiste ou du côté du public. Les mots sont abstraits et l’émotion est concrète. Quand on est touché par ce que l’histoire raconte, c’est qu’on s’y est identifié. Et ce qui en intensifie l’effet, c’est bien l’émotion que la chanteuse y met, quand elle-même nous livre l’histoire à laquelle elle s’identifie le temps de la chanson – voire au-delà. C’est un aller-retour incessant entre l’artiste et le public, entre l’émetteur et le récepteur, qui se nourrissent mutuellement dans cette expérience. Cela crée un véritable « vortex émotionnel » dans lequel on se sent aspiré – et inspiré – et effectivement, c’est fort.

Je vais encore me répéter, mais au niveau cosmique on fait partie d’un tout, on ne fait tous qu’un, et la dualité n’existe que le temps de notre expérience matérielle et physique, pour nous faire jouer le jeu de la vie sur notre planète Terre. C’est donc cette forme de connexion « neptunienne » (avec Neptune on baigne dans le tout originel) qui peut se produire lorsqu’on écoute une chanson de Lynda, et la connexion s’amplifie – et devient une sorte de communion – quand on l’écoute dans une salle remplie de personnes qui, comme nous, sont en train de vibrer d’émotion.

l’empreinte de ses chansons sur ma propre vie

Pour faire une courte parenthèse en guise d’introduction à ce qui va suivre plus loin, Lynda Lemay était la chanteuse préférée de mon ex, et moi aussi, je me suis mise à l’écouter il y a 4-5 ans (à peine). Mais ce n’est que quand mon père est décédé en 2019 que j’ai vraiment entendu ses chansons car ça a fait écho en moi par le biais de l’émotion – toujours grâce à mon ex qui m’a fait découvrir la chanson « Mon père, mon ennemi » pour m’aider à faire face à ma douleur à ce moment-là. D’ailleurs, je ne suis toujours pas capable d’écouter « Mon père, mon ennemi » sans pleurer toutes les larmes de mon corps.

Parfois certains événements nous bouleversent tellement que le décor qui y participe (en termes de personnes, de lieux et de situations) s’y fixe, en figeant le présent dans un passé qui ne reviendra plus. Ainsi, la personne qui partageait ma vie à l’époque a été à mes côtés quand mon père est décédé, elle a participé au « décor » de cette épreuve de ma vie et elle m’a beaucoup soutenue dans ce moment difficile. Elle a donc carrément adhéré à ce décor. Alors quand cette personne m’a quittée, c’était comme si elle emportait avec elle un bout de ma vie – qui, paradoxalement, ne lui appartenait même pas. Avec du recul je me dis que je n’avais pas encore réellement fait le deuil de mon père et j’avais voulu désespérément m’accrocher à une personne vivante pour ne pas faire face à la doulur de la perte d’un être cher qui n’était plus de ce monde. D’autant plus que la personne qui est sortie de ma vie lui ressemblait sur certains points.

Le psychisme humain peut être vraiment étonnant. Et nous sommes malgré nous souvent des virtuoses dans l’évitement de la douleur. En niant la perte, on repousse le moment où l’on doit admettre que c’est bel et bien fini, la page se tourne et il faut avancer et entamer une nouvelle page. Mais on fait tout pour se bercer d’illusions et se persuader que non, ce n’est pas fini, ça ne peut pas être fini, et on tourne comme le hamster dans sa roue jusqu’à n’en plus pouvoir. Au lieu de simplement sortir de la cage. Sauf que pour notre psychisme ce n’est pas aussi simple car on a l’impression qu’en sortant de là on va mourir.

Oui, il y a des personnes qui, comme moi sont parfois « longues à la détente ». Quelle belle expression française pour désigner la « fixité » de mon Soleil en Taureau – seule planète en signe de terre dans mon thème, ce qui lui confère d’autant plus de poids, donc encore plus de ténacité et une tendance à s’accrocher envers et contre tout, à tout vouloir pardonner, à tout vouloir réparer. (Bon, assez de références astrologiques – pour ça j’ai d’autres articles.)

passer des larmes au rire

Ce soir-là, j’étais censée être accompagnée à ce concert pour un moment inoubliable à deux (du moins, dans mes rêves, espoirs, projections et illusions). Or, j’y suis allée finalement seule. Avec mes deux billets. Et encore l’espoir (très naïf mais tenace) que cette fameuse personne allait me rejoindre au dernier moment. Vous savez, comme dans les films romantiques où l’amour finit obligatoirement par triompher – vers la fin on montre toujours un homme ou une femme en train de courir un marathon sur un quai de gare ou dans un aéroport pour rattraper l’amour de sa vie. La personne en train de s’éloigner est toujours rattrapée in extremis par celle qui court, ils s’avouent qu’ils s’aiment, se pardonnent tout, se marient et sont heureux pour la vie. Dans le film seulement. Et parfois dans la vraie vie, mais beaucoup plus rarement. Il faut admettre que je suis un peu maso sur les bords et que je dois soigner ma tendance à la dépendance affective et aux illusions sans fondement, mais ça fait partie de mon travail d’évolution dans cette vie, alors j’y travaille – pas le choix ! Du moins, j’essaie, tant bien que mal.

Que je sois venue seule au concert, ce n’était pas un drame en soi, objectivement parlant. Après tout, il y a plus grave dans la vie et personne n’était mort. Mais pour moi ça l’était quelque part car cela me mettait (enfin) face à la réalité, et cette réalité voulait me dire qu’il était temps que je tourne la page pour de bon et que j’arrête d’attendre une personne qui ne viendra pas au concert et ne reviendra donc pas dans ma vie (le symbolisme de cette absence en était d’autant plus fort). Tout comme mon père ne reviendra plus dans ce plan d’existence. Je devais continuer ma vie et laisser mes souvenirs là où ils étaient – dans le passé. Le Phoenix qui ressuscite de ses cendres, ce n’était plus à l’ordre du jour. Dur, dur de l’admettre, et dur de ne pas être remuée par ce constat.

Au début du concert je ne pouvais donc pas m’arrêter de pleurer. (Mais j’avais anticipé en amenant un ou deux paquets de mouchoirs.) Je sentais que ça allait être douloureux. Magnifique mais douloureux. Puis, faut dire qu’avec des chansons comme, par exemple, « Je t’aime encore » ou bien « De tes rêves à mes rêves », il était difficile de ne pas être remué.

Et puis, au fur et à mesure que la soirée avançait, que les chansons se succédaient, je sentais ma vibration se modifier – vers la hausse. (Comme le niveau du Danube annoncé quotidiennement à la radio à l’époque de mon enfance.) Et pas uniquement à cause des chansons humoristiques et plus légères qui alternaient avec les chansons tristes ou graves. J’ai commencé à éprouver une immense joie – je la sentais se répandre en moi comme une douce lumière. Lynda m’avait transmis quelque chose de sa vibration (ou d’une vibration qui lui appartenait dans tous les cas) – du moins c’est comme ça que j’aurai envie de le définir.

L’energie lumineuse de la joie et de l’apaisement

On dit que rien ni personne dans le monde extérieur n’est en mesure de créer notre bonheur ou notre malheur – encore une loi « cosmique ». Les autres ne sont que des miroirs – ou des catalyseurs – de ce qui se trouve déjà en nous.

Alors, vu comme ça, Linda Lemay a juste progressivement déclenché, par sa présence, son énergie et ses chansons, cette immense joie en moi durant son spectacle. Elle l’a aidée à se manifester dans mon cœur et dans mon corps. Ce qui fait que vers la fin je me sentais vraiment super bien – rien à voir avec l’état dans lequel je me trouvais au début du spectacle. Une sorte de « magie » avait opéré et j’étais pleine de gratitude.

En général je ne fais pas la queue pour voir un artiste après son spectacle – sauf si je le connais pour lui dire bonjour (comme pour une de mes amies qui fait du théâtre). Je l’avais fait juste une fois dans mes jeunes années pour Sylvie Vartan qui était venue accompagner son frère lors de sa visite à l’Institut français en Bulgarie – ce n’était donc même pas un concert.

D’une part je me dis qu’ils voient tellement de monde, toujours avec la même demande, que ça doit être fatigant pour eux de répondre à tous ces gens qui veulent les approcher. De même que les dédicaces, je n’y ai jamais vu tellement de sens – je me disais que ça restait impersonnel car la célébrité, quelle qu’elle soit, ne nous connaît pas après tout. En revanche, vu que nous, on la connaît (au moins on sait qui c’est), j’ai toujours pensé que ce serait plutôt au public de lui faire des dédicaces 🙂 Et puis, ça ferait peut-être moins de travail pour l’artiste qui doit être fatigué après le spectacle. Il faut dire que Lynda nous a fait un spectacle de presque 3 heures et ce, sans faire de pause !

Ce moment à Perpignan étant un peu particulier, j’avais tout de même envie de la voir et de lui dire quelque chose après le concert. Par exemple, qu’elle avait en quelque sorte accompagné ma renaissance ce soir-là. C’était symbolique mais oui, elle m’a permis d’enfin tourner la page sur laquelle je bloquais depuis une éternité. Au début je ne pensais pas que j’aurais l’occasion de lui parler. Et finalement ça s’est fait – je l’ai rencontrée. Je me suis mise à faire la queue avec les « grands fans » qui avaient tous plus de dix albums d’elle à leur collection et qui la suivaient depuis 10 ou 20 ans. Je ne faisais pas une vraie fan à côté 🙂 Dans la file j’ai fait la connaissance d’une fille avec qui j’ai sympathisé – comme j’étais déjà dans une bonne énergie on a bien discuté et rigolé toutes les deux. Elle avait 14 albums de Lynda Lemay! J’ai du temps à rattraper je crois.

une belle rencontre vibrante de bonheur et D’AUTHENTICITÉ

Quand mon tour est venu, je me suis sentie toute bête car j’avais envie de lui dire plein de choses mais j’étais toute intimidée et puis, je ne voulais pas ajouter encore une « mini-séance psy » à sa longue soirée – chose que tout le monde faisait. Chose que j’ai finalement faite aussi, malgré tout. Je le lui ai dit et elle a rigolé. Avec du recul, on peut dire que j’avais une excuse : les bulgares qui vont voir Lynda Lemay en concert ne sont vraiment pas nombreux. Elle a dit qu’elle devrait peut-être faire un concert en Bulgarie. Je devrais peut-être lui partager toute ma réflexion à ce sujet – et notamment pourquoi il n’y aurait probablement pas autant de monde au concert qu’en France, même si j’aurais adoré le contraire.

En tout cas, Lynda m’a quand même fait une dédicace (en plus de la chanson en début du spectacle) que j’ai vraiment appréciée car pour moi ça a été une vraie belle rencontre – furtive, mais loin d’être impersonnelle. J’étais encore sous l’effet de l’émotion, du coup je ne suis pas sûre qu’elle ait tout compris, mais d’un autre côté, je pense qu’elle capte pas mal de non-dits aussi. Et puis, quand je n’arrive pas à parler, j’écris : je lui ai faite découvrir des broderies bulgares sur une carte. C’était mon humble dédicace pour elle.

D’ailleurs, le lendemain au téléphone j’ai dû expliquer à ma mère (qui habite en Bulgarie) qui était Lynda Lemay et lui envoyer deux ou trois chansons pour qu’elle se fasse une idée de qui j’étais allée voir en concert. Je lui ai envoyé aussi la photo ci-dessous pour laquelle elle a eu le commentaire suivant : « Elle est jolie. Vous êtes jolies toutes les deux ». Ça lui ressemble tellement à ma mère (en mode « vraie mère bulgare ») – ce genre de compliments qui font plaisir 🙂

En tout cas, un grand merci Lynda ! Pour la lumière que tu portes en toi, et dont une partie a su rejoindre ce soir-là ma propre lumière, pour la faire rejaillir de nouveau. Je vais me souvenir longtemps de cette soirée – et pas uniquement à cause de la photo prise par Edith (heureusement, car mon téléphone n’avait plus de batterie).

(Merci aussi à ton collègue et ami Claude Pineault de t’avoir si merveilleusement accompagnée en chanson et en musique – ça ne rend l’effet qu’encore plus magique. Et il a une superbe voix!)

Le bonheur, la lumière et les bonnes vibrations, ça se partage!

Le lendemain, sur le chemin du retour vers Toulouse, je n’arrêtais pas de voir des arcs-en-ciel ! Un clin d’œil de l’Univers qui me disait aussi à sa manière – un peu comme dans la chanson « Le monde » – que le soleil finit toujours par triompher ! En tout cas, c’est ce que je choisis de croire – envers et contre tout!

3 commentaires sur “Lynda Lemay, une rencontre qui a illuminé mon chemin

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